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Sauvez des vies, rentrez chez vous !

Leurs pays se meurent, le nôtre aussi – les nôtres, en incluant dans la submersion une large partie de ceux avec qui nous partageons une civilisation commune. Et pourtant ils sont là. Ils sont venus, ils sont restés, ils imposent ou ils imposeront leur propre culture, incompatible avec la nôtre. Sauf s’ils remigrent. Le mieux est qu’ils le fassent de bon gré.

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© Arunas Naujokas – Unsplash

Remigration serait un gros mot. Même pas un de ceux que l’on apprend dans les cours de récréation à l’insu des parents, ni même l’un de ceux qui entraînent des rires gras et entendus sur les plateaux de télévision, mais l’un de ceux qu’il est interdit de prononcer, voire déconseillé de penser et même d’« arrière-penser » sous peine d’être mis au ban de la société, puisqu’on voit désormais des tribunaux prononcer des condamnations sur la base des arrière-pensées supposées du prévenu, ainsi que des sémiologues se livrer à de savantes analyses politiques au moyen de la psychanalyse. Remigration est un mot tabou car, nonobstant des querelles de paternité qui n’ont que peu d’importance, il a été propagé dans le champ politique français par des gens catalogués à l’extrême droite, les Identitaires, bien que rien, dans leur programme, dans leurs idées, dans leur façon d’être ne les rattache à cette famille politique avec laquelle ils se gardent d’ailleurs de frayer, ne partageant avec elle aucune de ses nostalgies ni aucune de ses appétences.

Le mot eût-il subi un autre sort s’il était entré dans le champ lexical du combat politique par un autre biais ? Rien n’est moins sûr, tant le mouvement dextrogyre, théorisé par Guillaume Bernard, semble surtout se manifester par la translation, sous l’effet de médias vigilants, de la gauche vers le centre, du centre vers la droite, de la droite vers l’extrême droite – il est aussi possible de passer directement de la gauche à l’extrême droite, ainsi que vient de l’éprouver Michel Onfray – de tous ceux qui se risquent à échapper à la doxa immigrationniste. Qu’on se le dire : migration, c’est bien, et c’est bien en soi; remigration, c’est mal, très très mal, comme quoi la simple adjonction d’une simple particule prépositive ne signifiant rien d’autre qu’une action rétroactive peut vous faire passer du côté obscur de la force. Qui a migré vers l’Europe ne remigrera pas vers son point de départ, tel est l’axiome, que, en tant que tel, il n’est nul besoin de démontrer.

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