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Sébastien Meurant : « Le gouvernement veut répartir et cacher cette misère humaine »

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Publié le

14 janvier 2021

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Afin de réduire la pression migratoire pesant sur l’Île-de-France, le gouvernement a décidé de lancer un schéma national des demandeurs d’asile et d’intégration des réfugiés – appelé plan Schiappa – qui vise à répartir les migrants dans les provinces françaises. Sébastien Meurant, sénateur LR du Val-d’Oise, appelle les provinces à se révolter contre ce plan, utilisé par le gouvernement pour cacher son absence de maîtrise de l’immigration. Entretien.
Migrants

Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il désengorger la région parisienne des migrants ?

Parce que c’est trop visible, tout simplement. Il fait de grandes opérations de communication. La misère s’étale beaucoup trop dans la capitale ; or les médias et les centres de pouvoir sont concentrés à Paris ; et il suffit de parcourir cette ville pour voir des tentes, des matelas et tout simplement l’augmentation du nombre de migrants. Il y a un microcosme particulier en région parisienne avec de nombreuses associations pro-migrants. Celles-ci alimentent le flux de pauvres malheureux qui sont victimes de trafic d’êtres humains. Il faut se demander pourquoi ces migrants reviennent Porte de La Chapelle ou à Aubervilliers par exemple. Je suis allé les voir, et ce sont tout simplement des associations qui leur apportent de la nourriture, des cartes prépayées, etc. Avoir des migrants en Île-de-France permet aux associations d’avoir de la visibilité et donc des moyens. Ce sont d’abord des opérateurs de communications.

L’Île-de-France est la seule région dont le nombre de migrants excède la capacité d’accueil. N’est-elle pas responsable de sa gestion migratoire ? Quelle est la responsabilité de la mairie de Paris ?

Il suffit d’écouter le maire de Paris pour comprendre qu’elle est no border et pro-migrante, à condition que ce ne soit pas à côté de chez elle. Il y a donc une responsabilité politique, dont la première est celle de l’inaction de l’État, qui ne contrôle pas les frontières et n’expulse pas suite aux décisions de justice. Nous sommes tombés en dessous des 10% d’obligations de quitter le territoire français. Les principaux responsables sont le Président Emmanuel Macron et son gouvernement. Et ce malgré le ministre de l’Intérieur, lequel fait beaucoup de discours et est très présent à la télévision. Est-ce que nos frontières sont bien gardées ? Non. Il y a un durcissement pour le Covid, mais nous n’avons jamais accueilli autant de migrants de manière légale. J’ai fait le tour des associations, organismes et services de l’État : ce dernier communique mais n’agit pas.

Lire aussi : Invasion. Lesbos sous les assauts des migrants

Avant d’être élu président, Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’y avait pas de culture française, seulement des citoyens européens. Une seule loi est passée sur l’immigration sous ce gouvernement, à savoir la loi Collomb 2018. Le résultat de cette loi est l’élargissement du regroupement familial. Les mineurs isolés, qui sont la plupart du temps ni mineurs ni isolés, peuvent une fois sur le territoire, faire venir leur famille élargie. C’est pourquoi il y a une augmentation de dizaines de milliers de mineurs isolés. Ils sont par ailleurs responsables de la plus grosse partie de l’augmentation de la délinquance. Et là, le gouvernement veut répartir et cacher cette misère humaine, plutôt que gérer correctement les frontières et appliquer la loi, c’est-à-dire expulser ceux qui ne méritent pas d’être en France.

Néanmoins, il faut aussi se mettre à la place de ces pauvres migrants. Une fois qu’ils ont payé leurs transports et été mis dans un circuit d’exploitation, ils se retrouvent dans leur diaspora, laquelle est en métropole. S’ils sont au fond du Cantal, par exemple, ils ne voudront qu’une chose, revenir au plus proche de leur diaspora. Autre raison, il y a une exploitation de ces migrants, souvent de la part de Français qui ont eu leurs papiers depuis peu.

Quelle est la stratégie du gouvernement pour cette répartition des migrants ?

En région Île-de-France, il y a un problème de logement, de loyer, et de répartition des SDF. Avec des immeubles et des formulaires rachetés par la Caisse des dépôts, des hôtels et bases de loisirs (comme dans le Val-d’Oise) sont réquisitionnés par l’État pour loger des migrants. En province, il y a des problématiques inverses. Comme la population part des villages vers les villes, il y a de la place pour loger des gens, et l’État prend en compte cette facilité de logement. Mais c’est essentiellement pour mettre à l’abri la population. Par contre pour ce qui est de l’apprentissage du français ou de l’intégration, c’est un autre sujet.

Considérez-vous que nos dirigeants gèrent intelligemment la crise des flux migratoires en donnant aux régions la vocation de sous-traitants ?

Là-dessus, j’appelle les provinces françaises à se révolter contre ce jacobinisme qui conduit le pays à sa perte. La première chose à faire est d’abord de couper les flux, ce que nous ne faisons absolument pas. Le gouvernement veut cacher ce problème et refuse de s’intéresser aux trafics d’êtres humains directement. Il se défausse sur les régions et départements, notamment sur la problématique des mineurs isolés.

J’appelle les provinces françaises à se révolter contre ce jacobinisme qui conduit le pays à sa perte. La première chose à faire est d’abord de couper les flux, ce que nous ne faisons absolument pas

Or, comme je vous le disais, ceux-ci sont souvent majeurs. Par exemple, suite à l’attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo faite par un Pakistanais, il devait y avoir un test osseux et la présidente du Tribunal de Pontoise l’avait refusé. Cette personne avait 25 ans et nous faisons semblant de ne rien voir.

Cette gestion des flux n’est donc pas pérenne à long terme.

Elle n’est ni pérenne ni responsable. L’objectif suivi est simplement communicationnel. Mais cela ne durera qu’un temps, car le problème migratoire n’est pas traité en soi et les bidonvilles vont revenir. Le gouvernement s’est inspiré de l’Allemagne qui répartit dans les Länder. Sauf que c’est organisé : un tri est fait entre les migrants, et surtout l’Allemagne expulse plus que la France. Il faut que les Français sachent que les coûts d’hébergements, qui étaient de 60 millions d’euros en 2005, sont aujourd’hui de plus 3 milliards, et que les demandeurs d’asile ont triplé en 10 ans. Nous avons presque accueilli 500 000 personnes légalement l’année dernière (avec les demandeurs d’asile, les mineurs isolés, le regroupement familial, les étudiants vrais ou faux, etc). Environ 230 000 cartes de séjour plus 138 000 demandeurs d’asile, 16 000 mineurs isolés d’après le ministère de la Justice, mais plus de 40 000 pour l’association des départements de France. Et ce simplement pour l’immigration légale.

Les sénateurs représentent les provinces dans le processus législatif. Que compte faire le Sénat vis-à-vis de cette répartition locale des flux migratoires ?

Les médias en ont parlé ; nous n’avons pas été saisis de ce texte pour l’instant. Mais quand celui-ci va passer au Sénat, mes collègues de province vont se manifester parce qu’ils ont conscience de ces problématiques, en particulier celle de la délinquance. Et cela est directement lié à l’immigration. Tous les migrants ne sont pas des délinquants mais une grosse partie des délinquants sont des migrants, et surtout de ces soi-disant « mineurs isolés ». Parlez avec n’importe quel policier ; il vous expliquera que, puisqu’il est judiciairement difficile de les enfermer, ils sont responsables d’une grande partie des vols et violences. Par exemple, en région parisienne, ces mineurs isolés causent 50% des vols. Dans les petites villes, et puisque les gens se connaissent, ceux-ci se laisseront peut-être moins faire et ne baisseront pas la tête devant certaines situations. Il y aura une mobilisation car les gens vont bien se rendre compte des causes de leurs problèmes. Nous sommes aussi en face d’un choc civilisationnel. Un migrant du Pakistan, par exemple, vient d’une culture qui considère les femmes comme des sous-hommes et les voit comme des prostituées si elles sont en jupe. Il y a des cultures qui ne sont pas compatibles. Nous avons un gouvernement d’irresponsables.

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