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Sélectron : les grands romans de 2021

Le roman français se porte plutôt bien, l’an 2021 l’a encore prouvé. Avant d’asperger votre bibliothèque au champagne et d’allumer votre cheminée avec le dernier Angot, retour sur dix réussites de l’année promues par les critiques intransigeants de L’Incorrect.

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10 – PLEXIGLAS MON AMOUR d’Éric Chauvier

On connaît la maxime de Chesterton, le fou n’est pas celui qui a perdu la raison, mais celui qui a tout perdu sauf la raison. C’est en ce sens que la femme du narrateur de Plexiglas mon amour semble devenir folle. Avec la férocité lucide d’un Houellebecq, dans une langue épurée, factuelle et précise qui rappelle celle de Baudouin de Bodinat, Eric Chauvier nous offre une fable contemporaine d’une ironie glaçante, si juste dans son exagération. Lecture obligatoire pour tous.

Allia, 150 p., 10 €

9 – MA VIE EXTRAORDINAIRE de Benoît Duteurtre

Ayant passé l’an dernier le cap de la soixantaine, Benoît Duteurtre fait ses comptes et se souvient dans un beau roman qui complète son cycle autobiographique. Il réfléchit notamment sur les hauts et les bas de sa carrière d’homme de lettres, sur son image incertaine dans les médias, sur son goût en littérature pour une certaine « ligne claire », mêlé de répugnance pour les modes et l’intellectualisme ; plus généralement, il médite sans amertume sur ce qu’il croit être, avec le recul, un insuccès relatif, en dépit de fortunes occasionnelles, une difficulté à être pris au sérieux, mais c’est aussi ce défaut qui lui attache des admirateurs nombreux, fidèles et complices que réjouiront ce livre exquis.

Gallimard, 322 p., 20 €

8 – LE VOYANT D’ÉTAMPES d’Abel Quentin

Dans cette satire au carré, le jeune écrivain fait s’affronter anciens et nouveaux antiracistes, génération « potes » et génération « woke », en un drame brillant, angoissant et caustique, qui lui valut le prix de Flore. Quatre cents pages de satire pour mettre à nue la dictature du tweet, pour prendre le temps d’en désamorcer l’effet toxique par un éclat de rire salvateur ; quatre-cent pages pour découvrir non des silhouettes à adorer ou abattre, mais des personnages ambigus, faibles ou nobles, irritants ou touchants, qu’aucune grille idéologique ne saurait résumer, voilà qui prouve la pertinence du roman en 2021, ce vaccin toujours efficace contre les nouveaux variants de la bêtise idéologique et de la putride jouissance des meutes. [...]

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