La semaine politique de L’Incorrect #1

retour sur l’actualité politique de la semaine.

 

-Jean-Christophe Cambadélis est de retour. Bien décidé à se faire entendre, l’ancien premier Secrétaire du Parti socialiste a troqué la barre de fer qu’il maniait au sein de l’Organisation communiste internationale contre un stylo trempé dans l’acide. Dans « Chronique d’une débâcle », un essai relatant le quinquennat de François Hollande dont les meilleures pages ont été reprises par Le Point, l’apparatchik déchu balance sur ses anciens petits camarades. À propos d’Arnaud Montebourg, il écrit « Son style, c’est la plaidoirie. Il ne pense pas, il plaide. Il ne discute pas, il plaide. Il ne débat pas, il plaide… sans cesse. Il lui arrive d’ailleurs assez souvent de plaider en dépit du bon sens et de faire de mauvais procès ». Plus drôle encore, « Camba » explique avoir proposé à Emmanuel Macron de reprendre le Parti radical de gauche de Jean-Michel Baylet, espérant ainsi le dissuader de se présenter à l’élection présidentielle. L’histoire ne dit pas si cette offre en or s’accompagnait d’un panier garni de produits du sud-ouest…
 
-Lors des débats relatifs au projet de loi antiterroriste à l’Assemblée nationale, Manuel Valls ne s’est pas contenté d’exhiber fièrement son nouveau bouc poivre et sel, profitant de l’occasion qui lui était donnée pour attaquer bille en tête La France Insoumise. Rancunier, le député d’Evry n’a pas oublié le second tour houleux et indécis qui l’avait opposé à « l’insoumise » Farida Amrani, alors vigoureusement soutenue par les Indigènes de la République d’Houria Bouteldja ou bien encore par les salafistes de l’association BarakaCity d’Idriss Sihamedi. À la tribune de la représentation national, Manuel Valls s’est donc vengé, dénonçant les liens entre les susnommés Indigènes de la République désignés comme étant une « organisation racialiste, vrai danger dans les quartiers » et le mouvement politique de Jean-Luc Mélenchon. Une rhétorique qui rappellera l’entre deux tours des élections primaires de la gauche où le même Manuel Valls avait laissé entendre dans la presse que Benoît Hamon était sous l’influence des « islamo-gauchistes ». La guerre des gauches n’est pas finie.
 
-Projet de loi terroriste, toujours. La députée insoumise Danièle Obono a cru intelligent de minorer le rôle de l’islam dans les attaques terroristes qui ont ensanglanté la France durant les dernières années. Citant des passages de la Bible chrétienne, celle qui avait refusé de clamer « vive la France » au micro de RMC Info a tenu à jeter toutes les religions révélées avec l’eau du bain des massacres islamistes. Qui s’en étonnera ?
 
-Souvent affublé d’un slip sur la tête, Cyril Hanouna sait se montrer attentionné pour les annonceurs à qui il offre du « temps de cerveau disponible ». Le chouchou du groupe Bolloré est même passé maître en la matière, expert pour hypnotiser le téléspectateur moyen fatigué par une rude journée de travail. Il est ainsi monté au créneau pour défendre le groupe Lidl, partenaire ponctuel de Touche Pas à mon Poste, épinglé dans le reportage « Travail, ton univers impitoyable » de l’émission Cash Investigation sur France 2, dans lequel des faits édifiants de harcèlement et de maltraitance au travail ont été mis à jour. Rappelons que plusieurs anciens salariés de Cyril Hanouna ont dénoncé ses méthodes de gestion du personnel, basées sur l’affect qui est souvent le socle sur lequel s’appuient les tyrans… « C’est un peu abusé », comme dirait la vedette de C8.
 
-Les féministes ont un avis sur la pénalisation éventuelle du « harcèlement de rue », exprimé en français « inclusif » dans une tribune d’opinion publiée sur Libération : « Ainsi, le problème de cette catégorie et plus encore des projets de verbalisation et de pénalisation est bien de circonscrire une catégorie spécifique d’actes jugés inacceptables – le harcèlement de rue – et une catégorie de personnes – les hommes des classes populaires et racisées – qui sera jugée particulièrement problématique. Or, on sait que les jeunes hommes des classes populaires et racisées subissent déjà, plus que d’autres, le contrôle policier et les violences des forces de l’ordre. On peut donc légitimement craindre que cette nouvelle infraction viendra renforcer cet état de fait ». De la même façon qu’à Cologne, on aurait préféré que les sexistes et les phallocrates représentent fidèlement l’image de la société paternaliste occidentale, c’est-à-dire qu’ils soient blancs donc ontologiquement coupables !
 
-Alstom est définitivement passé sous pavillon Siemens. Un scandale d’Etat impliquant la classe politique française, toute coloration politique confondue, qu’avait rapporté Jean-Michel Quatrepoint dans un ouvrage bien documenté. Les promesses n’auront donc pas été tenues et la France laissera l’Allemagne récupérer un poids-lourd industriel. Le Premier ministre Philippe s’est pourtant déclaré confiant, jugeant qu’un « Airbus ferroviaire » venait de naître… Se moquerait-il de nous ?
 

-Suite logique : Florian Philippot transforme son association Les Patriotes en parti politique, ou plus précisément, comme le veut la mode, en « formation politique » à l’image d’En Marche ou de La France Insoumise. Moins d’une semaine après l’annonce de son départ du Front national, le député européen se positionne donc en concurrent direct du parti dans lequel il a fait l’essentiel de sa carrière politique. Pour l’heure, peu de cadres et de militants l’ont suivi dans son aventure en solitaire, principalement dans le Nord et l’Est de la France. Ne souhaitant pas « traverser le désert », selon la formule qu’il a utilisée le jour de sa démission, Florian Philippot aura néanmoins fort à faire pour exister dans les années à venir. À suivre…

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grobin@lincorrect.org

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