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Sir David Amess, victime du terrorisme islamiste

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Publié le

21 octobre 2021

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Le 12 octobre 2021, le député anglais David Amess était victime d’une attaque au couteau alors qu’il rendait visite à ses électeurs dans l’église de Belfairs. En sus de ses positions très conservatrices, il était considéré par tous les bords politiques comme un homme humble, « gentil et doux », selon les termes de Boris Johnson. Ce meurtre s’inscrit dans la vague d’agressions que subissent les parlementaires britanniques depuis les années 1980.
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Catholique, Sir David Amess est né dans un milieu modeste de la banlieue londonienne en 1952. Marié et père de cinq enfants, il est fait chevalier par Elizabeth II en 2015 pour son engagement dans la vie publique. Il occupait les bancs de la Chambre des communes depuis 1983, sous la bannière du Parti conservateur. Ses positions étaient très fermes sur la question de l’interdiction de l’avortement et du mariage homosexuel. Militant du rétablissement de la peine de mort, il défendait par contre l’abolition de la chasse et notamment de la chasse au renard : il était de fait très attaché à la question du bien-être animal. Pareillement, il a été un fervent militant du Brexit. Au cours de sa carrière parlementaire, Sir David Amess a refusé à plusieurs reprises quelques ministères pour pouvoir garder sa proximité avec son électorat.

Le caractère très probablement islamique de l’assassinat est lié à la radicalisation du suspect en solitaire sur internet pendant les confinements

Une attaque très probablement islamiste

C’est au cours de l’une de ses traditionnelles visites à ses administrés qu’il a trouvé la mort, assassiné par Ali Harbi Ali, 25 ans et fils d’un ancien conseiller en communication du Premier ministre somalien, qui l’aurait poignardé près de dix-sept fois. Des policiers anti-terroristes participent à l’enquête, et la piste d’une attaque à caractère islamiste est la plus probable. David Amess est décédé suite à ses blessures, sans que les secours puissent faire quoi que ce soit malgré la rapidité de leur intervention. Il avait 69 ans.

Le caractère très probablement islamique de l’assassinat est lié à la radicalisation du suspect en solitaire sur internet pendant les confinements. Le gouvernement avait proposé à Ali Harbi Ali une thérapie de déradicalisation, qui n’a pas été suivie très assidûment par l’intéressé. Dans cette optique, le choix de cibler le député Amess pourrait avoir une signification pro-palestinienne et antisémite, ce dernier étant membre des Amis conservateurs d’Israël. Quoiqu’il en soit, cette attaque est celle d’un islamiste qui s’en est pris à un père de famille catholique, et représentant du peuple anglais.

La recrudescence des attaques sur les élus en Angleterre

Depuis quelques années, les députés anglais sont victimes d’attaques de plus en plus fréquentes, quel que soit leur bord politique. Les problèmes politiques avec l’Irlande ont été la cause de plusieurs attaques contre des élus britanniques. Ainsi, dès 1979, Airey Neave, conseiller de Margaret Thatcher, est tué à la voiture piégée par l’Armée de libération nationale irlandaise. Viennent ensuite, les trois attentats revendiqués par l’IRA, provoquant la mort de Robert Bratford (député unioniste) en 1981, d’Anthony Berry en 1984 (député conservateur) et d’Ian Grow (président de la commission parlementaire sur l’Irlande du Nord) en 1990.

Lire aussi : Que l’Angleterre sauve l’Europe !

Pareillement, dans les années 2000, Andy Pennington est tué en protégeant le député Nigel Jones, visé par une attaque à l’épée. Plus récemment, le député travailliste Stephen Timms avait subi une attaque au couteau en 2010 à laquelle il a survécu, et perpétrée par Roshonara Choudhry, une extrémiste islamiste de 21 ans qui lui reprochait son vote favorable à la guerre en Irak. Dernière attaque en date : en 2016, la députée Labour Jo Cox a été agressée par un néonazi mécontent de son opposition au Brexit. Scotland Yard évoquait en 2019 une hausse drastique de 126% des actes de délinquance envers les parlementaires entre 2017 et 2018 (agressions physiques, menaces de mort etc.), bien représentative de ce climat tendu.

Dans une biographie publiée en 2020, David Amess déplorait que la crainte d’une attaque de ce genre gâchait « la grande tradition britannique selon laquelle les gens rencontrent ouvertement les élus », tradition dont il a été un éminent représentant. Avec son assassinat, on porte désormais à huit le nombre d’élus anglais tués en quarante ans.

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