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Station opéra : Camille Saint-Saëns, un génie français

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Publié le

31 août 2021

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Le centenaire de la mort du génial Camille Saint-Saëns était l’occasion de redécouvrir les mille trésors de son œuvre. Hélas, les commémorations sont fort minces, et il a fallu une fondation privée pour mettre en lumière quelques uns de ses titres méconnus.
Saint Saens

Tous les grands esprits n’ont pas droit aux célébrations. Le centenaire de Camille Saint-Saëns, mort en 1921, était l’occasion de faire revivre une œuvre foisonnante : de ses six cents titres, seule une vingtaine sont régulièrement à l’affiche. Mais la commémoration sera bien mince, surtout en matière de musique vocale, pour l’auteur de treize opéras qui déclarait : « La véritable vie musicale est au théâtre ». Samson et Dalila est au programme du Festival d’Orange cet été. L’Opéra de Rouen prévoit une version concert de Phryné. Quelques théâtres européens ont dû annuler les représentations prévues de Frédégonde, Les Barbares et Henry VIII.

Lire aussi : Station opéra : fulgurants débuts

L’Opéra de Paris, quant à lui – auquel Saint-Saëns a donné trois opéras – se contente d’une exposition qui retrace la longue carrière du compositeur. Plus de deux cents pièces sorties des fonds de la BnF sont rassemblées – manuscrits, lettres, photos, tableaux, maquettes de décors – pour un parcours certes intéressant mais anodin par rapport à la mission qui était autrefois confiée à la « grande boutique » : incarner sur scène la mémoire de l’opéra français.

Heureusement le Palazzetto Bru Zane, une fondation privée, a repris le flambeau et édité quelques enregistrements de luxe des œuvres méconnues de Saint-Saëns (dernier en date, le superbe Timbre d’Argent, avec la fine fleur du chant français). Protagoniste emblématique de la musique française, le compositeur payait déjà de son vivant le snobisme des arbitres du bon goût. Marie-Gabrielle Soret, commissaire de l’exposition au Palais Garnier, ne le cache pas : à l’ère des provocations naissantes, Saint-Saëns était trop classique, trop attaché à la tradition. Trop aimé par le public, aussi. Les cercles du progrès, déjà, faisaient des victimes.

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