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Stéphane Ravier : « Le premier problème à Marseille, c’est l’immigration »

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Publié le

2 septembre 2021

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Durant trois jours, le président de la République est en visite à Marseille avec sept de ses ministres. Entre trafic de drogue, insécurité et pauvreté, la deuxième ville de France fait face à bien des problèmes. Ancien maire des XIIIe et XIVe arrondissements de la ville et sénateur du Rassemblement national, Stéphane Ravier dénonce les coûteuses politiques de la ville et réclame une lutte sans relâche contre l’insécurité. Entretien.
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Des vidéos diffusées récemment par CNews montrent des quartiers de Marseille contrôlés par des « checkpoints ». Dans quelle mesure les quartiers marseillais sont-ils devenus des zones de non-droit ?

Il aura fallu la venue d’Emmanuel Macron pour que les caméras se braquent enfin sur un phénomène que j’ai dénoncé il y a des années. Mais comme cela venait du Rassemblement national, c’était forcément, et au mieux, de l’exagération, au pire attiser la haine et montrer les Marseillais les uns contre les autres. Je n’ai malheureusement jamais été écouté. Ces images ne m’ont donc pas étonné car c’est quelque chose de courant aux Flamants, au parc Kalliste, à la Castellane ou au Vieux Moulin – j’ai moi-même été contrôlé une fois !

Logement, insécurité, trafic de drogue, chômage, transport, pauvreté. Avec le voyage du président Macron, les Français redécouvrent ces derniers jours les problèmes auxquels fait face Marseille. Comment la deuxième ville de France en est-elle arrivée là ?

Emmanuel Macron est la dernière personnalité qui manquait au tableau, après Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault – venu en 2014 annoncer qu’il allait faire un chèque de plusieurs centaines de millions d’euros pour les cités. L’argent coule déjà à flot dans nos cités via la politique de la ville ! Toujours est-il que tous les domaines, Marseille est une urgence absolue. Il y a trois points de plus que la moyenne nationale en matière de chômage. 25% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Lire aussi : L’Institut pour la Justice : « Y-a-t-il un lien entre délinquance et immigration ? »

Certes, notre système économique fabrique des chômeurs, mais nous en importons beaucoup aussi. L’immigration prend la forme du Grand remplacement. L’insécurité atteint des sommets. Le trafic de drogue contrôle des dizaines de cités. Les écoles sont en partie dans un état pitoyable – maire des 13è et 14è arrondissements, j’avais été le premier à avertir monsieur Gaudin et son équipe, mais ça n’avait pas non plus été pris au sérieux. La venue du président est une caisse de résonance, mais j’ai le sentiment que les Marseillais accueillent sa venue et ses promesses avec beaucoup de retenue, parce qu’on nous a beaucoup promis mais rien n’est venu.

L’insécurité n’est-elle pas la racine de tous ces problèmes ?

Le premier problème qui alimente tous les autres à Marseille, c’est l’immigration. Cette immigration incontrôlée, sauvage et souhaitée : le maire veut que Marseille devienne le port d’accueil de l’Ocean Viking, et que la ville accueille des réfugiés afghans. Avant lui, Jean-Claude Gaudin et l’orchestre LR n’a rien fait pour dénoncer le phénomène migratoire. L’immigration coûte un pognon de dingue à la ville (santé, école, etc), et il faut ajouter le volet sécuritaire. Regardons qui trafique : il est de notoriété publique que les deux grosses familles qui se disputent les territoires de la drogue à Marseille sont les Gitans de la famille Bengler et les Comoriens de la famille Ahamada. Il y a donc une réalité migratoire dans le domaine de l’insécurité qui est évidente mais que le système politique refuse de prendre en compte. Ils ne répondent que par le toujours plus d’argent pour les écoles, les associations, la rénovation, les transports. Il faut s’attaquer à la racine du problème !

Dans la cité des Lauriers où s’est rendu Macron, il y a beaucoup de logements qui sont libres et qui ont été rénovés grâce à l’argent public. Mais en raison de l’insécurité, des familles de toute origine ne voulaient pas y aller

J’ai été maire de secteur : je sais que dans la cité des Lauriers où s’est rendu Macron, il y a beaucoup de logements qui sont libres et qui ont été rénovés grâce à l’argent public. Mais en raison de l’insécurité, des familles de toute origine me répondaient qu’elles ne voulaient pas y aller. Elles ne voulaient pas que leurs enfants grandissent au milieu du trafic de drogue. En s’attaquant à l’insécurité, on peut améliorer la situation du logement à Marseille sans faire appel à l’argent du contribuable. Cela permettrait de rassurer les entrepreneurs pour créer de l’emploi, de ramener les familles et d’enclencher un cercle vertueux. La sécurité est la base de tout : il est impératif de la rétablir.

Les 200 policiers supplémentaires que Macron prévoit d’envoyer d’ici 2023 sur le terrain sont-ils une réponse suffisante en ce qui concerne les moyens ?

Il faudra faire le compte avec le nombre de départs à la retraite. Les policiers vont sûrement pouvoir appréhender dans de meilleures conditions davantage de dealers, mais si derrière il n’y a pas de condamnations, cela ne servira à rien. M. Darmanin pourra faire du chiffre et dire qu’il y a eu des arrestations supplémentaires, mais le trafic continuera car il s’adapte très vite.

Lire aussi : La lutte contre l’immigration, priorité des Français

La police fait très bien son travail et connait parfaitement les réseaux. Elle connait les guetteurs, les vendeurs, les grossistes. Mais lorsqu’elle pénètre dans une cité et que cela commence à s’agiter, elle reçoit l’ordre d’en sortir. Et lorsqu’elle procède à des arrestations, la réponse judiciaire n’est pas à la hauteur. Vous avez affaire soit à des magistrats qui ne condamnent pas par idéologie, soit à des magistrats qui condamnent mais l’administration pénitentiaire n’a pas les moyens de faire appliquer la peine. Certes, la réponse policière est nécessaire, mais il ne faut pas qu’elle soit sabotée par une justice qui est idéologiquement gangrénée ou qui manque de moyens. Il ne faut pas seulement envoyer des policiers procéder à des arrestations provisoires, mais mettre les trafiquants hors d’état de nuire : il faut débarrasser Marseille de cette gangrène.

Le président semble avoir opté, comme ses prédécesseurs, pour une politique de rénovation. Comment expliquer cette persistance de nos gouvernants pour des politiques de la ville ayant prouvé leur inefficacité ?

Cette persistance est purement idéologique. Ils refusent de voir les défauts de l’immigration, et son rejet de notre modèle éducatif : l’école, les diplômes, la formation professionnelle, le salaire, l’effort, c’est-à-dire ce que les Français respectent : une vie normale régie par des lois. Nous avons affaire à des gens qui refusent ce modèle et qui veulent gagner beaucoup d’argent rapidement sans contrainte. Les gouvernements, depuis des années, observent ce phénomène en culpabilisant les Français, et répètent que ces « jeunes » auraient basculé dans le trafic parce que nous ne les aurions pas assez aidés. C’est ce que j’entends encore dans la bouche de Samia Ghali et autres. Or, les deux départements les plus pauvres de France sont le Cantal et la Creuse : s’il y a une France qui a été abandonnée et qui manque de moyens, c’est bien la France rurale. La France urbaine, elle, a reçu cent milliards en trente ans via la politique de la ville, donc ça n’est pas à cause du manque de moyens.

On ne manque socialement de rien dans ces quartiers, sauf d’une réalité française, d’un savoir être français, et d’une volonté de mettre hors d’état de nuire les trafiquants

Je l’ai d’ailleurs dit au président de la République : « Vous allez dans le quartier des Lauriers, certains vous diront que cet endroit a été abandonné. Je veux que vous sachiez que c’est faux : ce quartier a bénéficié de la rénovation urbaine : une tour a été abattue, un centre médical ouvert ainsi que des écoles, un collège, un stade, un hôpital, des équipements de la mairie de secteur. Il y a même une mosquée toute neuve. » On ne manque de rien aux Lauriers. Je m’y suis rendu avec la police. Dans les immeubles tout justes rénovés, il y avait déjà entre le premier et le deuxième étage des barricades qui avaient été dressées par les dealers pour empêcher la police de les interpeler lors de leurs transactions. On ne manque socialement de rien dans ces quartiers, sauf d’une réalité française, d’un savoir être français, et d’une volonté de mettre hors d’état de nuire les trafiquants.

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