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Thierry Mariani : « La direction des Républicains joue un double-jeu flagrant »

Dimanche, dans le cadre des élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le soutien officiel de LREM à la liste LR de Renaud Muselier, depuis remaniée pour intégrer des membres de la majorité. Les Républicains lui ont immédiatement retiré l'investiture du parti et se réunissent ce mardi en réunion de crise. Pour Thierry Mariani, tête de liste du Rassemblement national dans la région, il s'agit d'un double-jeu qui témoigne de la profonde scission au sein de LR. Entretien.

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© DR

Dimanche, LREM a annoncé son soutien à Renaud Muselier en PACA. Comment avez-vous réagi à cette annonce ?

C’est incompréhensible et cela restera dans les annales. Mercredi sur le plateau de BFM TV, monsieur Muselier explique qu’en aucun cas il n'y aura des accords d’appareils. Dimanche par le JDD, on apprend par la voix du Premier ministre qu’il a le soutien d’En Marche et que les listes fusionnent. Et ensuite que les noms qui doivent figurer sur la liste en PACA ont été donnés directement par l’Élysée ! En matière de revirement de position en quatre jours, c’est assez radical ! La situation est désormais très claire : la liste de Renaud Muselier est la liste d’En Marche. Christian Jacob lui a retiré l’investiture, dans un communiqué très ambiguë d’ailleurs : en six lignes, il est dit à deux reprises qu’il ne doit pas y avoir d’accord au premier tour, or le préciser signifie que tout est possible au second.

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La leçon, c’est que les Républicains continuent de lentement dériver vers En Marche. Certes, il y a eu quelques voix courageuses comme Eric Ciotti, Guillaume Peltier ou Nadine Morano qui ont fait pression. La situation n’en reste pas moins hypocrite. Hypocrite parce que la liste qui se présentait de droite est aujourd’hui la liste d’En Marche. Hypocrite parce qu’ils ont retiré l’investiture mais que la liste reste constituée en grande partie par des élus LR. À une autre époque, quand des élus étaient sur une liste d’un parti concurrent, ils étaient immédiatement suspendus ou exclus. La direction des Républicains joue un double-jeu flagrant.

Précisément sur cette question, Bruno Le Maire a parlé d’un « acte de divorce définitif entre deux parties des Républicains irréconciliables ». Comment voyez-vous cela du point de vue du RN ?

Il ne faut jamais oublier que Les Républicains sont les héritiers de l’UMP, qui était la fusion de deux tendances : le RPR et l’UDF. Ce que dit Bruno Le Maire n’est que l’histoire de ce mouvement qui a mis ensemble des gens aux positions radicalement différentes. Aujourd’hui, il n’y a plus grand-chose qui sépare la branche historique du RPR – ou bonapartiste-gaulliste pour reprendre les travaux de René Rémond – avec le Rassemblement national.

Messieurs Estrosi, Falco et Muselier, qui sont les trois barons LR de cette région, ont fait le choix d’aller vers le pouvoir, en espérant pour au moins deux d’entre eux – c’est un secret de Polichinelle – être dans un futur gouvernement Macron

Nous avons des points communs de plus en plus évidents. Éric Ciotti l’a d’ailleurs reconnu : quand il dit que « ce qui nous différencie du RN, c'est notre capacité à gouverner », cela veut dire que plus grand-chose ne nous sépare. Le principal pour gouverner, c’est un peu de compétences et beaucoup de courage. Messieurs Estrosi, Falco et Muselier, qui sont les trois barons LR de cette région, ont fait le choix d’aller vers le pouvoir, en espérant pour au moins deux d’entre eux – c’est un secret de Polichinelle – être dans un futur gouvernement Macron. [...]

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