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Tolkien, la Bnf révéle un grand démiurge

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Publié le

31 décembre 2019

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De Tolkien, le grand public s’est forgé une caricature : celle du vénérable professeur d’Oxford qui, pour se délasser d’une vie universitaire forcément ennuyeuse, s’inventa un monde imaginaire, devenant ainsi, malgré lui, le père de l’heroïc fantasy. Peter Jackson aggrava ce malentendu en faisant du Seigneur des Anneaux, cette errance initiatique, un harassant film d’action. L’exposition de la BNF qui réunit des archives de la Bodleian library d’Oxford et de l’université Marquette des États-Unis, rend justice à cette œuvre gigantesque.

 

 

 

 

Celle-ci, restée inachevée, progressivement exhumée par Christopher Tolkien, le fils de John Ronald Reuel, ne se limite pas au Seigneur des Anneaux : elle un legendarium en continuelle expansion composé du Silmarillion et d’une myriade de contes, de langues imaginaires, de dessins. Tolkien fut un démiurge à l’image des monstres littéraires du XIXe siècle.

Bien plus, l’exposition met à jour les fondations de son univers : les grandes œuvres du Moyen-Âge, bien sûr, Beowulf (dont il fut un spécialiste reconnu), le cycle arthurien, Dante mais aussi Shakespeare, les préraphaélites, les néoprimitifs ; surtout, elle souligne que c’est son amour des langues anciennes qui détermina sa création.

Son monde est parfaitement cohérent, crédible même, si l’on considère le détour par l’imaginaire comme mode d’appréhension du réel. Bien plus, l’exposition met à jour les fondations de son univers : les grandes œuvres du Moyen-Âge, bien sûr, Beowulf (dont il fut un spécialiste reconnu), le cycle arthurien, Dante mais aussi Shakespeare, les préraphaélites, les néoprimitifs ; surtout, elle souligne que c’est son amour des langues anciennes qui détermina sa création.

Tolkien ne disait-il pas, lui l’orphelin, l’ancien combattant de la bataille de la Somme, que le thème central de ses livres était l’homme face à la mort ?

Cette exposition est salutaire : elle rappelle que cette œuvre appartient à la littérature, non à l’entertainment. Elle ranime aussi son esprit originel : la visite achevée, on ressent une étrange mélancolie mêlée d’espérance, la même qui étreint le lecteur à la fin du Seigneur des anneaux. Rien d’étonnant : Tolkien ne disait-il pas, lui l’orphelin, l’ancien combattant de la bataille de la Somme, que le thème central de ses livres était l’homme face à la mort ? Manière de révéler leur portée métaphysique et leur secrète connivence avec la foi catholique. L’œuvre de Tolkien, c’est le désespoir surmonté.

 

 

François Gerfault

 

 

 

TOLKIEN, VOYAGE EN TERRE DU MILIEU Bibliothèque Nationale de France Jusqu’au 16 février

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