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Tony Sewell : « Ce rapport a permis de mettre les discours à l’épreuve des faits »

La Commission sur les disparités raciales et ethniques, nommée par le gouvernement britannique en juillet, vient de rendre son rapport. Un document volontariste, rédigé sous la direction de Tony Sewell. D’ascendance jamaïcaine, Sewell est l’auteur d’une thèse intitulée « Masculinité noire et parcours scolaire » et le fondateur de Generating Genius, une œuvre grâce à laquelle des jeunes d’extraction modeste intègrent les meilleures universités du pays. Il commente pour nous le contenu du rapport.

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Selon vous, le Royaume-Uni est un modèle d’intégration et devrait servir d’exemple au monde entier. C’est osé !

On devient ce que l’on aspire à devenir. Pour progresser, il faut retirer du chemin parcouru en cinquante ans de la fierté plutôt que de la honte. Je ne dis pas que nous sommes les meilleurs. Nous pouvons faire mieux. Notre classe moyenne n’est pas aussi diverse qu’aux États-Unis, mais notre immigration est beaucoup plus récente.

Quelles sont les bonnes nouvelles du rapport ?

Le plus surprenant concerne le domaine de la santé. Le nombre de victimes du Covid parmi les minorités ethniques était préoccupant. Or les statistiques montrent que les inégalités raciales ne vont pas dans le sens que l’on croit. Les minorités ethniques ont une espérance de vie supérieure et sont moins frappées par le cancer que les Blancs. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas de problèmes de santé spécifiques, mais avouez qu’il est inattendu de constater qu’au Royaume-Uni les minorités ethniques ont une espérance de vie supérieure à celle des Blancs.

C’est une bonne nouvelle pour les uns, moins pour les autres… Concernant les écarts de salaires, les disparités ont quasi disparu.

Le revenu horaire moyen des minorités ethniques est inférieur de seulement 2,3 % à celui des Blancs. Et pour les moins de trente ans, il est équivalent, tout comme le taux d’activité. Il n’y a pas d’obstacle à la mobilité sociale des populations d’origine immigrée dans le monde du travail.

Le rapport recommande de renoncer à l’acronyme BAME (Black and Asian Minority Ethnic) pour désigner les Britanniques d’origine étrangère. Pourquoi ?

La population britannique compte 13 % de minorités ethniques, dont 4 % de Noirs (Afrique et Caraïbes) et 9 % d’Asiatiques (Inde, Pakistan, Bangladesh, Chine). La part des Asiatiques, des Noirs-Africains et des métis est en augmentation. BAME est une façon polie de dire « non- Blanc ». Ce n’est pas valorisant d’être caractérisé par ce qu’on n’est pas. Et c’est absurde de ranger dans la même catégorie des gens qui n’ont rien à voir entre eux.

Lire aussi : Enquête : le racisme est un déni

Le monde d’un chauffeur de taxi d’origine pakistanaise à Bradford (Nord-Est de l’Angleterre) est à des années-lumière de celui d’un médecin d’origine indienne installé à Londres. Les réunir sous la catégorie A pour « Asiatiques » n’est d’aucune aide. [...]

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