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Top séries 2019

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© Louis Lecomte pour L'Incorrect

Les super-héros s’imposent finalement sur petit-écran

 

Les super-héros ont enfin trouvé le moyen de s’imposer sur le petit écran. Alors que les super-héros Marvel mourraient de leur petite mort sur Netflix en cette année 2019, après quelques années de productions en demi-teinte, en dépit de la réussite initiale des deux premières saisons de Daredevil, ils renaissaient sur d’autres médias à travers l’acclamée The Boys, la nouvelle chaîne DC qui rompait enfin avec l’esthétique kitsch de Greg Berlanti ou encore l’excellente Deadly Class malheureusement annulée. The Boys, chroniquée ici-même, fut peut-être même le coup de cœur de 2019 grâce à sa fine critique des dérives de la société du spectacle instagramesque et de l’Amérique contemporaine. Quant à Deadly Class, son rythme furieux et son casting féminin (la sublime Maria Gabriela de Faria) réussissaient à nous faire suivre cette série narrant les péripéties d’une bande d’adolescents en pension complète dans une école d’assassins. Sur Netflix, Umbrella Academy fut aussi plutôt bien reçue, en dépit de quelques faiblesses à mi-parcours.

 

 

Les bandes-dessinées indépendantes cartonnent

 

Amazon encore à l’honneur avec une adaptation de la bande-dessinée Good Omens de Neil Gaiman, admirablement servie par le duo britannique composé de Michael Sheen (The Queen, Masters of Sex) et David Tennant (Dr. Who, Broadchurch). Humour british et rythme endiablé pour cette mini-série racontant l’histoire d’un ange et d’un démon placé aux postes d’observateurs des êtres humains depuis le Jardin d’Eden. Les six épisodes défilent à une vitesse folle dans cette production aussi spirituelle que drôle. À ne vraiment pas manquer !

 

 

Sortie sur HBO et OCS en France, la suite du Watchmen pour la télévision n’a pas reçu l’aval d’Alan Moore. Assez respectueuse du matériau de base, ce Watchmen à la sauce Lindelof pèche par un excès de discours politique « sjw », tout en effleurant pourtant une critique de l’extension constante de la correction politique avec ses personnages de super-héros antifas employés par les polices d’Etat pour massacrer des blancs pauvres entassés dans des ghettos ou alors ces réparations financières offertes automatiquement aux descendants d’esclaves à la suite d’un test ADN effectué dans un musée. Bien réalisée, dotée d’une bande originale d’excellente facture composée par le duo formé par Trent Reznor et Atticus Ross, Watchmen déçoit en maltraitant un personnage comme Ozymandias ou en caricaturant grossièrement l’Amérique pro Trump, ici réduite à une bande de racistes héritiers du Klu Klux Klan. Dommage car cette série aurait pu être un chef d’œuvre.

 

 

La politique à l’honneur

 

Portée par un Russel Crowe transfiguré, The Loudest Voice est le biopic sous forme de série de Robert Ailes, créateur de fox News et inspirateur du « Make America Great Again » de Donald Trump. Véritable plongée dans l’histoire politique récente de l’Amérique, The Loudest Voice dépeint Robert Ailes en grand homme de médias, militant politique conservateur et homme impitoyable trop porté sur les jeunes femmes. Vertigineux.

 

 

Dernière création de Ryan Murphy, The Politician est probablement la synthèse de son style. Si Murphy peut parfois rebuter, il parvient avec The Politician à trouver la formule qui fait mouche avec cette fable contemporaine sur un jeune homme rêvant de devenir président de son lycée. Comédie dramatique au sens propre, The Politician n’hésite pas à se moquer de la politique des quotas et de l’utilisation des ressorts émotionnels pour manipuler l’opinion publique. D’autant plus savoureux que Ryan Murphy est lui-même l’avocat des causes LGBT, qu’il parvient ici à moquer.

 

 

Les increvables The Crown et Ray Donovan

 

Cette année, Ray Donovan revenait pour … une septième saison. Increvable, cette série suivie par une poignée de fidèles n’est pas encore « culte » ou particulièrement appréciée sous nos latitudes. C’est un tort. Série d’hommes durs et fragiles venus du milieu criminel irlandais bostonien, Ray Donovan parvient à nous émouvoir et à nous surprendre sans jamais nous lasser. Liev Schreiber, Jon Voight ou Eddie Marsan y jouent admirablement bien. La saison 7 ne déroge pas à la règle, installée de nouveau à New York après cinq premières saisons à Los Angeles dans les coulisses de l’Hollywood dépravé qu’avait su si bien montrer David Cronenberg dans Map To The Stars.

 

 

La troisième saison de The Crown perturbe par son nouveau casting. Exit Claire Foye, Vanessa Kirby ou Matt Smith. Des changements importants qui n’ont pas eu de trop graves conséquences. Matt Smith et Olivia Colman s’en sortant bien dans les rôles de Philip et Elizabeth. Seule Helena Bonham Carter contraste un peu, la princesse Margaret lui étant supérieure sur le plan de la beauté. Reprenant les évènements là où ils s’étaient arrêtés lors de la deuxième saison, The Crown s’attarde notamment sur l’éboulement des mines d’Aberfan qui avaient causé la mort de plusieurs centaines d’enfants Gallois. Le Prince Charles est intelligemment peint, plus sensible que les autres membres de sa famille et éperdument amoureux. Saison de la maturité, cette troisième itération réussit aussi à accoucher d’une relation politique dynamique entre le premier ministre Wilson et la reine, différente de celle qu’elle avait avec Churchill mais peut-être aussi importante dans le développement de ses convictions politiques et de son appréhension de son rôle dans l’histoire de son pays. À voir.

 

 

Deux chefs d’œuvre : Il Miracolo et Dark Crystal

 

Chroniquée dans ses colonnes, la série italienne Il Miracolo est un miracle télévisuel. Meilleure série de l’année, elle vaut le plus grand cinéma. Elle continue de nous hanter près de 9 mois plus tard grâce à la puissance de son message. Catholique ? Oui. Universelle ? Aussi. Troublant et génial. On ne peut que la recommander.

 

 

On le disait perdu pour la cause, dépassé par un Hollywood qu’il n’avait pas su dompter en réalisant des films de commande médiocre et des blockbusters idiots. Il a pourtant ressuscité comme ses marionnettes sorties des années 1980 et l’imagination de Jim Henson. Son nom ? Louis Leterrier. Avec Dark Crystal, le réalisateur français a réussi un pari qu’on croyait déjà perdu. Visuellement magnifique, Dark Crystal est un chef d’œuvre pour petits et grands qui ne trahit pas le film dont la série est tirée.

 

 

Transgressives, étonnantes ou séries B réussies : les mentions spéciales

 

Deux séries B très agréables à suivre : la saison II de You et la première saison de Marianne. La première est un soap thriller où on se surprend à soutenir son anti-héros, un psychopathe cruel et un observateur plein d’humour de la société qui nous entoure. À Los Angeles, son charme et son cynisme font naturellement des ravages. Jouissif de le voir manipuler des vegans et des féministes à cheveux bleus ! Quant à Marianne, c’est une petite surprise française de bon aloi dans un genre où nous sommes quasiment absents : l’horreur. Même ses défauts ont du charme. Drôle et dans l’air du temps avec sa sorcière bretonne revenue du Moyen-Âge pour hanter un paisible village breton de bord de mer, Marianne mérite un encouragement.

 

 

Extrêmement générationnelle, Euphoria est la première série teen produite par HBO. Se voulant ultra transgressive, Euphoria présente une jeunesse au bord de la rupture : jeune trans prostitué, ado junkie, jeune sportif violeur abusé et autre jeune femme obèse se produisant sur internet pour attirer des money slaves. Forcée et lourdement politisée, cette série produite par Drake réussit pourtant à émouvoir parce qu’elle est bien réalisée, bien mise en musique et bien interprétée, notamment grâce à son héroïne principale jouée par la jeune vedette Zendaya. Difficile à regarder mais à voir pour qui veut comprendre ce qui se passe dans la tête d’une partie perdue de la jeunesse contemporaine.

 

 

Par Gabriel Robin

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