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Trans Genres Express

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Publié le

4 janvier 2018

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TRANSGENRE

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Voyage au bout du genre. Un matin, vous allez sur Qwant, le moteur de recherche français qui respecte votre vie privée et ne vous espionne pas, et vous entrez « transgenre ». Vous obtenez une foultitude d’occurrences : bienvenue dans un monde d’un nouveau genre.

 

Dans la presse canadienne : « Biko Beauttah, arrivée au Canada en tant que réfugiée du Kenya il y a 11 ans, affirme que les personnes transgenres ont souvent du mal à trouver un emploi dans des milieux conventionnels et se tournent donc vers le commerce de la drogue et la prostitution. Elle organise le premier salon de l’emploi pour les transgenres à Toronto. Avec la participation de l’armée canadienne. » Le journal Néon sous la signature de Mathias Chaillot: « Pour tous, elle était un garçon. Mais à 16 ans, elle a pris en main son destin de transgenre. Trois ans plus tard, Stéphanie est amoureuse et épanouie. »

L’Express consacre plus de onze articles aux mannequins transgenres, dans sa rubrique en ligne Mode. Depuis Conchita Wurst, la femme à barbe défilant pour Jean-Paul Gaultier et Karl Lagerfeld, en passant par l’australo-bosniaque Andrej Pejic pour la marque de maquillage Make up forever, l’ukrainien Strav Strashko faisant la publicité de Toyota, jusqu’à Tamy Glauser le « caméléon des podiums, cette modèle à la beauté androgyne [qui] fait partie de ces mannequins transgenres qui séduisent de plus en plus de créateurs ».

 

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Le Huffington Post d’Anne Sinclair chante les louanges de Daniela Vega, transgenre chilien : « La performance d’une actrice chilienne transgenre a créé un tel engouement cette année que certains se plaisent à espérer qu’elle devienne la première actrice trans à décrocher une nomination aux Oscars. »

Sur Europe 1 ? On glose sur les « six transgenres qui ont marqué l’histoire ».

 

Tu seras trans, mon frère

 

Fermez le ban? Le même ton, presque partout : être transgenre c’est in, c’est top, c’est fun, c’est hype, c’est cool et moderne. En dehors d’un roboratif papier de la sociologue Ingrid Riocreux sur son blog (M6, triste est l’âme des trans), le ton est monocolore : depuis la célébration le 20 novembre de « La journée internationale du souvenir trans » jusqu’à RTL qui pré- sente « 4 personnalités à découvrir pour comprendre la transidentité », le transgenre devient objet d’admiration ou peu s’en faut. La transsexualité n’est cependant pas un sujet nouveau : on la retrouve dans des contextes culturels différents, des Indiens d’Amérique aux Hindous ou aux Pakistanais. Concernant la représentation du transsexuel en Europe, il y a une mode du transgenre comme il y a une mode du fluide, de l’impermanent. Du liquide, au sens de Zygmunt Bauman : une société liquide où l’unique référence est l’individu

 

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La seconde modernité, dit Bauman, consacre l’individu libre de se définir en toutes circonstances. Le court terme l’emporte toujours sur le long terme, car se projeter à long terme restreint la future liberté de choix. Ainsi, toute attache est aliénante et doit pouvoir être dénouée, y compris celle du sexe qui devient un engagement temporaire susceptible de réversibilité. Garçon à la naissance, fille à seize ans, et pourquoi pas de nouveau homme à quarante ?

Changez de consommation, vous changerez de statut, nous dit le capitalisme. Changez de sexe affirment les liquidateurs (partisans du mode liquide) et vous pourrez atteindre un nouveau stade de liberté. Et si on les laissait tranquilles, les trans ? Plutôt que de les ré- cupérer pour en faire des singes savants de la société spectaculaire ? Tous freaks dans la monstrueuse parade du capitalisme, c’est cela l’idée ?

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