Beaucoup de chiffres circulent à propos du coût du changement de sexe, avec des fourchettes allant de 7 000 à 50 000 euros. Il faut anticiper quatre grands postes de dépense. Le plus important concerne la chirurgie. Elle englobe les attributs sexuels proprement dits, mais également la poitrine et le visage. Les hommes devenus femmes ont aussi la possibilité d’amenuiser leur pomme d’Adam. Pour l’ensemble, les fourchettes varient de 7 000 à 18 000 euros, en fonction de la localisation : États-Unis, Europe ou Asie (essentiellement la Thaïlande). Le changement de sexe proprement dit demande deux à trois jours d’hospitalisation, plus trois à quatre semaines de repos médical, puis plusieurs mois de convalescence.
La France fut le premier pays au monde à dépsychiatriser le transsexualisme. Les trans applaudirent, avant de remarquer que, si leur dérangement n’était plus une maladie, comment se feraient-ils rembourser ?
Les opérations les plus onéreuses concernent la face. Les prix s’envolent jusqu’à 40 000 euros. Il n’y a pas de réelle limite. Après le bistouri, ne pas oublier la pilosité. Comptez 3 000 à 5 000 euros pour une épilation laser définitive qui ne conservera que les cheveux. Autant s’assurer que plus rien ne repousse. C’est le rôle des traitements hormonaux. Ils ne coûtent pas grand-chose. Sans remboursement, ils sont facturés au patient entre 20 et 40 euros par an, pendant cinq à dix ans, soit un total compris entre 1 200 et 4 800 euros. Ajoutez tout de même un rendez-vous chez un endocrinologue, soit 44 euros, remboursés 23 par la Sécu. Le suivi psychologique n’est pas remboursé du tout. L’un dans l’autre, il est difficile de dépenser moins de 20 000 euros pour la transition d’un adulte. Elles sont beaucoup plus chères pour les enfants car le nombre d’opérations, la complexité et la durée des traitements sont multipliés. Heureusement pour eux, les trans sont remboursés par les Assurances Maladies depuis les années 70.
Jusqu’à 2010, la transsexualité était considérée comme une pathologie mentale. Il fallait passer entre les mains de deux psychiatres. S’ils vous déclaraient suffisamment dérangé, l’État casquait 100 % de vos dépenses. C’était insupportable et discriminatoire. Les associations ont combattu la condition psychiatrique. Les transsexuels ne pouvaient être des malades mentaux. En 2010 la ministre de la Santé de l’époque, mémère Bachelot, signa un décret qui fit de la France le premier pays au monde à dépsychiatriser le transsexualisme. Ce n’était plus une maladie mentale. Les trans applaudirent, avant de remarquer que, si leur dérangement n’était plus une maladie, comment se feraient-ils rembourser ? Pour cela Bachelot catalogua la « dysphorie de genre » parmi les « affections longue durée hors liste » (ALD 31), soit, d’après le ministère de la Santé « une forme grave d’une maladie ou d’une forme évolutive ou invalidante d’une maladie grave ne figurant pas sur la liste des ALD 30, comportant un traitement prolongé d’une durée prévisible supérieure à six mois et une thérapeutique particulièrement coûteuse ». Parmi ces ALD 31 se trouvent la maladie de Paget, les ulcères chroniques et le transsexualisme. Aux termes du décret n° 2010-125 du 8 février 2010, les trans doivent toujours voir un psy mais ils ne sont plus fêlés : ils ne sont que malades tout court.
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En France, une étude réalisée par l’INSERM en 2011 estimait qu’un tiers des chirurgies françaises de « réattribution sexuelle » étaient réalisées à l’institut hospitalo-universitaire de Lyon par le Dr Nicolas Morel-Journel. Il a été rejoint en 2014 par le Dr Jean-Étienne Terrier, qui est ensuite parti pour l’hôpital privé Jean Mermoz de Lyon. Ces deux chirurgiens opèrent chacun 4 fois par semaine. À raison de 370 personnes par an, le coût pour la collectivité est de l’ordre de 7,5 millions. Les autres vont en Belgique, aux États-Unis et surtout en Thaïlande. La Sécu ne les rembourse pour aucun de ces trois pays.





