En ce froid et pluvieux après-midi de novembre, le temps est aussi triste que les nouvelles sont mauvaises pour tous les catholiques de France, et particulièrement les catholiques parisiens qui souhaitaient se rassembler en toute légalité sur le parvis de l’église Saint-Sulpice afin d’obtenir le retour des messes publiques et la possibilité de communier. Mais la préfecture, arguant d’un non-respect des mesures sanitaires lors du précédent rassemblement du 13 novembre, le leur a interdit. Ainsi, une dizaine de catholiques ont pris la décision de venir prier publiquement, sur le parvis de la basilique Notre-Dame-des-Victoires, dans le deuxième arrondissement.
Calmement, ils se placent debout en demi-cercle dos à la Basilique, face à la statue de la Vierge qui trône de l’autre côté de la place des Petits Pères. Ils s’espacent volontairement d’un mètre les uns des autres et portent tous un masque (respect des « gestes barrières » oblige). Les yeux levés vers la Vierge, imperturbables ils commencent en chœur à réciter un chapelet. Quelques passants, l’air surpris, filment avec leur téléphone. Une femme interpelle le groupe de manière assez agressive : « C’est pas un endroit pour prier ici ! (sic) ». À part cela, rien ne vient perturber la prière qui résonne sur la place.
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Parmi eux : des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes qui prient en tenant leur chapelet. Quelques regards guettent l’arrivée d’une éventuelle voiture de police, mais rien n’arrête les Notre Père, et les Je vous salue Marie, qui s’enchaînent durant vingt bonnes minutes. À la fin du chapelet, les participants s’en retournent comme ils sont venus. Leur objectif était de témoigner pour le Christ, de montrer leur détermination face à un décret qu’ils considèrent comme profondément injuste et allant à l’encontre de leur liberté fondamentale : celle de la libre pratique du culte. Car comme l’a rappelé Guillaume Bernard lors du rassemblement du 13 novembre sur le parvis de Saint-Sulpice, la spécificité du culte catholique réside précisément dans le renouvellement non sanglant, par la messe, du sacrifice du Christ.
Dénier aux catholiques le droit de communier, les priver de l’Eucharistie, c’est les priver de la partie la plus sacrée et la plus essentielle de leur rite. Et lorsqu’en plus cela se fait sur le ton de la menace et du mépris, ceux-ci montrent partout en France qu’ils ne se laissent pas impressionner et qu’ils sont prêts à défendre leurs droits fondamentaux. Le groupe du parvis de Notre-Dame-des-Victoires compte bien réitérer l’opération chaque semaine, autant de fois que cela sera nécessaire jusqu’au retour des messes publiques. Ils ont d’ailleurs baptisé leur mouvement « Résistants Catholiques » et espèrent être de plus en plus nombreux chaque semaine.





