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Un odieux connard : les histoires d’un mec

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Publié le

19 avril 2021

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Il est l’un des personnages les plus jouissifs des internets francophones. Révélé par son blog éponyme, cet ancien professeur d’histoire dézingue à tout va la médiocrité de l’époque, s’attaquant même (et surtout ?) à des madeleines considérées comme intouchables.
odieuxconnard

Une plume « qui fait du bien », selon l’expression journalistique particulièrement pénible et néanmoins en vogue. Sauf peut-être aux âmes chatouilleuses : l’Odieux Connard s’attaque aux médiocrités de tous bords ce qui inclut nécessairement le vôtre tôt ou tard. « La liberté d’expression ne se réduit que parce que l’on cède à la pression de ces « canceleurs », ou pour appeler un chat un chat, ces « censeurs » modernes. Les uns le font pour plaire à ces inquisiteurs 2.0, les autres, par peur du fusil à étiquettes que manient ces braves gens. J’ai donc la chance à la fois d’avoir un site web qui ne dépend que de moi-même, et par ailleurs, un pseudonyme qui me permet d’encaisser tranquillement les étiquettes : taxer un Odieux Connard de méchant, est plus proche du pléonasme que de la critique. Le secret est donc là : les censeurs n’ont pas plus de pouvoir que celui qu’on veut bien leur donner. Ils ne gagnent que quand leurs cris font céder quelqu’un. Et pour ma part, j’ai un truc simple pour ne plus les entendre hurler : j’éteins Twitter », nous explique t-il. Un réflexe salutaire pour conserver sa santé mentale.

Julien Hervieux de son vrai nom n’est pas du genre à cracher dans la soupe, eût-elle un goût infâme de cheveux mauves et de déodorant Axe. Quand on lui demande si des choses du monde moderne trouvent grâce à ses yeux, sa réponse est aussi lapidaire que pleine de bon sens : « La médiocrité. Si j’étais né à une époque emplie de gens brillants, j’aurais été bien emmerdé ». Comment passe t-on de Julien Hervieux à l’Odieux Connard ? « C’est facile : mettez-vous dans la même pièce que Julien Hervieux, et lâchez une phrase comme “Les derniers films de Ridley Scott sont excellents”, ou “Allons casser des statues de Napoléon oppressantes pour sauver la démocratie”. L’Odieux Connard apparaît généralement dans les 0,93 secondes qui suivent. J’ai toujours été comme ça. C’est juste que ça a été officialisé avec un pseudonyme en ligne ».

Si j’étais né à une époque emplie de gens brillants, j’aurais été bien emmerdé 

L’Odieux Connard n’est pas qu’un réservoir à bile sanctificatrice : il est aussi un vulgarisateur de talent. Avec son compère Monsieur Le Chien, précédemment portraituré dans nos colonnes, il vient de sortir Le petit théâtre des opérations. Adaptation de sa chaîne YouTube, qui met en lumière de passionnants faits d’armes d’anonymes des guerres passées : résultat ? Un succès immédiat. Un mois après sa sortie chez Fluide Glacial, le premier tirage est épuisé, et une réimpression prévue.

« Toutes ces petites anecdotes, ces petites histoires dans la grande Histoire, ce sont autant de friandises que peuvent savourer aussi bien les amateurs que les gens qui ne s’y intéressent pas du tout. Le plus grand succès du Petit Théâtre des Opérations, c’est lorsque l’on reçoit des messages de gens qui disent ne pas s’intéresser à l’Histoire habituellement, mais qui là, y accrochent. Alors, je pourrais sortir mon violon et vous tenir le discours de l’artiste français qui vous dit que sa bédé est un puissant outil militant pour sauver la démocratie, mais non. Le Petit Théâtre des Opérations parle d’anecdotes inconnues et de héros oubliés qui eux, sont bien plus intéressants que les deux petits malins derrière le livre. On ne cherche pas à sauver le monde de l’ignorance. À notre petite échelle, on raconte des histoires, et c’est à chacun de nos lecteurs de déterminer l’importance qu’ils leur donnent ». Cet ancien professeur a forcément gardé un oeil sur les polémiques qui secouent actuellement l’Enseignement supérieur, sans en être particulièrement choqué.

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« J’en pense qu’il y aurait énormément à dire, mais que nous avons une place limitée. Or, parler d’un sujet complexe dans un espace limité, ça s’appelle Twitter et ça finit toujours mal. Aussi, je vais en rester à des choses simples : les cursus ne se politisent pas. Ce sont les gens qui les décident ou qui les font qui les tirent dans une direction ou l’autre. Si l’on a inventé le devoir de réserve et les comités scientifiques, ce n’est pas pour la gaudriole. On peut débattre 107 ans de savoir qui est de droite ou qui est de gauche, la seule question est de savoir si cela affecte l’enseignement et la recherche. Je pense à une docteure en histoire qui dans Le Monde se vantait de son militantisme, tout en déroulant son sujet de recherche favori. Hélas, dans son sujet, elle avait « oublié » 75 ans d’archives de l’Assemblée nationale prouvant l’exact contraire de ce qu’elle avançait, ainsi qu’une énorme méconnaissance des règlements qu’elle citait. Une broutille, quoi. Inutile, donc, de lancer une chasse aux sorcières : chacun ses opinions. Une chasse aux charlatans suffira ».

Et quand il ne pourfend pas la médiocrité ? Il aime « les bons alcools, les bons cigares, et les mauvais films. Pas forcément dans cet ordre ».

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