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Un SNU rénové : un argument de campagne électorale

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Publié le

15 février 2022

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Cette campagne présidentielle devrait être l’occasion d’interroger le rôle du Service national universel (SNU), qui pourrait devenir un vecteur d’assimilation en plus d’un instrument efficace de gestion de crise.
SNU

Au moment où le gouvernement lance l’édition 2022 du Service national universel (SNU) limité à trois séjours de cohésion d’une quinzaine de jours possibles pour 50 000 jeunes, il faudrait s’interroger sur une forme plus dynamique, au regard de nos insuffisances en gestion de crise apparues lors de la pandémie et du formidable vecteur d’assimilation qu’il doit représenter. Ce pourrait être un argument de campagne électorale actuellement absent des programmes.

Une synergie à créer entre un SNU obligatoire et la Garde nationale

La pandémie du Covid a montré combien notre capacité d’anticipation et de réaction aux crises était délabrée. La fin de la Guerre froide a marqué une rupture profonde dans le rapport de la société française à la gestion de ces situations. Nous avons ramassé les « dividendes de la paix » en négligeant nos capacités de réaction. Paradoxalement, les dispositifs de prévention des risques majeurs se développaient. Le sentiment de la disparition de toute menace a imprégné les esprits des élites politiques, de la technostructure, des intellectuels et finalement des masses, imposant une vision court-termiste de rentabilité et de résultat, une satisfaction de l’instantané.

Le constat de lacunes capacitaires laissées par la fin de l’armée de conscription est évident. Le pays a besoin aujourd’hui d’une vraie Garde nationale et d’un SNU axés sur la gestion des crises civiles

Nous avons donc baissé la garde et réduit nos capacités en gestion de crise tant au niveau militaire que de notre sécurité intérieure, mais aussi de notre système de santé. Nous devons réagir par l’instillation d’un état d’esprit d’anticipation et des capacités de réaction dans l’administration comme dans la société civile. La Garde nationale issue des réserves, dont le concept d’emploi reste encore à créer, doit être adossée à un SNU rénové, permettant de quadriller le territoire en cas de crise. Ce nouveau SNU, obligatoire et mixte afin de toucher la cible principale que sont les quartiers et zones « sensibles », remettra à l’honneur des valeurs telles que le patriotisme, l’entraide, l’esprit d’équipe et facilitera le phénomène d’assimilation par son brassage des classes.

Une Garde nationale et un SNU axés sur la gestion de crise

Le constat de lacunes capacitaires laissées par la fin de l’armée de conscription est évident. Le pays a besoin aujourd’hui d’une vraie Garde nationale et d’un SNU axés sur la gestion des crises civiles (voire civilo-militaires), servant à recenser voire à créer les compétences utiles dans le cadre d’une gestion nationale des aptitudes.

Lire aussi : Le Service National Universel

Dans ce cadre, le SNU doit se transformer :

– en un service universel pour favoriser le brassage social indispensable à la cohésion nationale,

– comportant des formations pratiques (permis de conduire, secourisme, mécanique…) éventuellement qualifiantes et diplômantes,

– débouchant sur l’armement de plans de mobilisation par des réservistes civils ou militaires rappelables dans le cadre d’un état d’urgence et capables de faire fonctionner les matériels, réseaux et installations d’importance vitale pour les populations : hôpitaux, morgues, centrales électriques, centrales logistiques, systèmes de collecte et de traitement des déchets, transports en commun et sanitaires, etc.

Une nouvelle stratégie de protection du territoire

Il n’est pas trop tard pour réfléchir à une nouvelle stratégie de protection du territoire qu’exige le contexte sécuritaire dégradé et décider de doter le couple la Garde nationale/SNU d’un véritable concept d’emploi et de moyens qui en découlent. Celui-ci devrait décliner les scénarios de crise, les cas et volumes d’emploi de réservistes et pourrait être lié à la continuité des services publics et accessoirement militaires, en fonction des besoins : terrorisme, catastrophes naturelles ou industrielles, protection de l’environnement, protection des côtes, pandémie (escorte et distribution de masques et tests, patrouilles pour éviter les pillages, etc.).

Soyons pragmatiques et innovants afin que le SNU et la Garde nationale deviennent effectivement des acteurs incontournables et populaires de la protection de notre pays.

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