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Une Église verte

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Publié le

8 septembre 2021

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Soucieuse de la Création, l’Église l’est assurément depuis ses origines. Pourtant, une certaine tendance en son sein dérive aujourd’hui lentement mais surement vers l’écologisme panthéiste.
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Du 1 septembre au 4 octobre – fête de saint François – « la communauté chrétienne », selon l’expression désormais consacrée, est invitée à célébrer la saison de la Création, partout dans le monde : « Renouveler l’Oikos de Dieu. Prendre soin de la terre, notre maison commune, et nous, ses habitants, ainsi que les animaux, les végétaux ». Les initiatives inspirées fleurissent telle l’association « Amen-Toi » destinée à évangéliser les campagnes. Ou encore, celle d’une paroisse champenoise qui fait fleurir « un tiers lieu écologique » : potager partagé avec les cinquante migrants du foyer voisin mettant la main à la terre ; formation à la biodiversité ; création d’une boutique de vêtements de seconde main Passeurs de sapes. On trouve même « un troc de graines » ! Ce genre d’initiative contribue, dit le curé, à changer le visage de l’Église.

Peu importe qu’on ne connaisse plus le récit de la Création dans la Genèse : l’important est la création participative. Lors de certaines célébrations, après la bénédiction finale, des animaux abandonnés sont proposés à l’adoption. On ne bénit pas encore les éoliennes, canal privilégié de l’Esprit sous l’action de frère Vent, mais cela ne saurait tarder. Des messes sont également célébrées en pleine nature, suivies d’actions au service de l’environnement. Tout cela est bon, et même très bon. À se demander pourquoi Dieu a tant insisté, dans l’Ancien Testament, pour avoir une demeure à lui : n’est-il pas partout chez lui dans la nature ?

Lire aussi : Le pape François contre les tradis : entretien avec Christophe Geffroy

Les maîtres mots de cette Église verte, en attendant d’être arc-en-ciel, sont écologie et paix. On dira que le vert est la couleur liturgique ordinaire (ordre des jours), et l’arc-en-ciel l’attribut de Dieu. Que Millet a peint un Angélus dans un champ de pommes de terre, quand la cloche réglait le temps humain. Dans les homélies, on cultive le vivre ensemble. Dieu est pacifique et gentil même s’il a fait sortir son peuple de l’Égypte « à bras étendu ». Le chrétien doit s’ouvrir à l’islam : tant de musulmans se convertissent ! Le déclin du courage de Soljenitsyne vient d’être réédité aux éditions des Belles Lettres.

Cela fait longtemps que la religion écologique, aux sources obscures, irrigue notre religion. En 2017, la façade de Saint-Pierre de Rome avait été illuminée avec des images de zoo pour fêter la journée mondiale de l’écologie, financée entre autres par la Banque mondiale. On trouvera bientôt que Jésus, marchant sur la mer, blesse sœur Eau. Qu’enjoindre aux esprits malins d’aller dans un troupeau de porcs avant d’être précipités dans l’eau, sans avoir dialogué avec eux, est littéralement un « sui-cide. » (du mot latin sus, suis : cochon).

Entendons-nous : il ne s’agit pas d’être « contre » la nature ou l’écologie. Chacun sait combien, du jardin d’Eden à la parabole de la graine de sénevé, à sainte Greta, en passant par Voltaire, il est bon de « cultiver notre jardin ». Le vert, avec le logo européen, l’Eurofeuille, est devenu la couleur messianique de l’Europe. Mais point trop n’en faudrait dans l’Église. Le Christ, s’émerveillant de la vêture des lys des champs, plus resplendissante que celle de Salomon dans sa gloire, n’est pas un écolo. Dieu n’est pas la Nature ; ni la foi catholique reçue des apôtres, la Green attitude.

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