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Une gifle pour les gouverner tous

Il aura suffi d’un énergique coup droit pour sauver la République. En moins de temps qu’il n’en faut pour allonger une droite, l’ensemble de la classe politique française s’est dressée autour du Chef. Le coup reçu par le président de la République serait un coup reçu par tous les Français, scande-t-on en chœur. Ceux qui, jadis, haïssaient autant que possible Emmanuel Macron font désormais corps autour de Jupiter humiliée. Le roi est blessé, vive le roi.

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© DR

Il y a quelque chose de fascinant dans ce ralliement brutal de toutes les « oppositions ». Les modernes, bien sûr, sont désormais habitués à l’union nationale. Cette dernière intervenant après chaque attentat, c’est-à-dire toutes les semaines ou presque, personne n’est plus guère surpris par le simulacre d’entente cordiale auquel se livrent parfois nos chefs – ou ceux qui prétendent l’être. Ici, néanmoins, ce n’est pas la France qui est attaquée dans sa chair, mais la République qui est touchée dans son appareil. L’attaque – c’est déjà trop dire, est qui-plus-est signée par un malheureux paumé, à l’identité politique plus « gender-fluid » que l’expression de genre du dernier des travelos du pays. Pour mieux dire, un opposant à tout et à rien, profil Gilet jaune déboussolé, puisant à gauche et (surtout) à droite quelques éléments de langage aptes à expliquer sa situation désespérée.

Tout est pardonné

Voici pourtant que la République nous appelle. Les camarades montent de la mine, descendent des collines : « attaquer le président, c’est attaquer la France », entend-on chanter partout. Gare à ceux qui, l’espace d’un instant, n’auraient pas trouvé tout à fait désagréables les images de Tain-L’Hermitage.

Il faut au contraire sonner le tocsin, crier au loup, chasser les factieux. Forcément, Mélenchon le premier est tombé dans le panneau. La VIe République est déjà loin, l’amour du sanglant Robespierre aussi : à peine la joue du patron effleurée, et la tragi-comédie du « coup d’état permanent » disparaît aussi sec. L’heure est à la gravité, aux conférences de presse larmoyantes, et aux déclarations de « solidarité » avec le Président. Il faut dire que cela l’arrange bien, tout occupé qu’il est à inventer putschistes et menaces de mort pour faire oublier ses propres turpitudes. [...]

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