Une histoire d’amour et de désir suit la passion naissante de deux étudiants d’origine maghrébine en première année de littérature arabe à la Sorbonne, avec toutes les difficultés qui l’accompagnent. Ne vous fiez pas à ce synopsis inquiétant ; Leyla Bouzid nous livre avec son deuxième long-métrage un film d’apprentissage sensible et profond. En plus d’éviter les clichés victimaires sur l’immigration et de montrer le désastre du déracinement auquel elle aboutit, l’œuvre se hisse à la hauteur de son titre ambitieux et suscite une réflexion riche sur les rapports complexes entre amour passion et désir charnel.
Lire aussi : Chers camarades : notre critique
La possession physique ne souille-t-elle pas nécessairement la dilection du poète ? Voilà la question éternellement épineuse qu’affronte courageusement le long-métrage, appuyé sur la littérature arabe médiévale, envisagée comme radicalement opposée à la pudibonderie islamique. Si l’on regrette une mise en scène parfois fruste, le charme mystérieux de la jeune actrice Zbeida Belhajamor suffirait seul à racheter ces menues imperfections.
Une histoire d’amour et de désir (1 h 42), de Leyla Bouzid, avec Sami Outalbali, Zbeida Belhajamor, Diong-Keba Tacu, en salle le 1er septembre





