« La libre détermination des personnes, c’est mon ADN » titre le magazine Têtu pour son entretien avec Valérie Pécresse. Avec ces propos, celle qui dégringole dans les sondages opte assez clairement pour une ligne progressiste. Tentant de maintenir un « entre-deux » raisonnable entre les progressistes juppéistes et les catholiques conservateurs de François-Xavier Bellamy, ses grands écarts relèvent de la gymnastique olympique. Lorsqu’on lui demande son opinion sur l’identité de genre, elle répond : « On est dans un pays de liberté, je ne me pose même pas la question ». La réflexion n’est pas au centre du programme de Valérie Pécresse, ce n’est pas nouveau. Elle dit aussi que la droite conservatrice n’est pas de sa sensibilité et que Retailleau, Bellamy et Jacob « ne font pas ma ligne politique ». Au moins, c’est honnête : ces membres du parti ne sont là que pour rameuter l’électorat, mais sur le sociétal, elle fera du Macron.
« Mes opinions évoluent avec celles de la société »
Valérie Pécresse
Pourtant, Valérie Pécresse n’a pas toujours eu les mêmes idées. Lors de la campagne pour les élections régionales de 2015, elle avait inclus des membres du mouvement conservateur Sens commun – chassés de sa liste pour l’élection de 2021. Elle avait d’ailleurs déclaré vouloir mettre fin aux « associations de lobbying politique », la cible étant posée sur les LGBT. Malgré un « en-même temps » macronien – elle affirmait vouloir continuer à financer les associations luttant contre l’homophobie – la candidate semblait alors tenir une ligne assez claire. Aujourd’hui, elle a évidemment changé et souhaite que ces associations investissent davantage nos écoles pour sensibiliser à la cause LGBT : « Ces sensibilisations doivent être portées par des associations formées, agréées qui savent en parler de manière délicate ». Parce qu’« apprendre la vulnérabilité et le respect des différences, ça fait partie de l’éducation ».
L’opposition à la GPA, voilà la seule limite dans le progressisme de la ligne Pécresse. Lâchant la droite de son parti sur ces sujets, Valérie Pécresse tente de s’imposer comme une nouvelle Macron en reprenant sa ligne (ou ses zigzags) idéologiques. « Mes opinions évoluent avec celles de la société » disait-elle lors d’un passage à la télévision le mois dernier.
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Pourtant, il n’en a pas toujours été pour elle. Comme le rappelle le magazine Têtu au début de son article, en 2012, elle était au premier rang de la Manif Pour Tous alors que la loi Taubira sur le mariage homosexuel était en discussion. Elle avait par la suite déclaré vouloir « démarier » les couples homosexuels dont l’union avait été validée par cette même loi. Valérie Pécresse avait déjà changé d’opinion sur le sujet en expliquant avoir réfléchi. Désormais, nouveau rétropédalage : « Je n’ai jamais appartenu à la Manif pour Tous ». Pour le démariage proposé, sa réponse est tout à fait audacieuse : « Je m’étais trompée dans la réponse, je n’avais pas écouté la question ».
Dans la droite molle, trahir ses idées est une profession. Comme elle l’avait déclaré lors de la campagne de 2015 pour les régionales, « il faut bien une femme pour faire le ménage ». Le progrès a de beaux jours devant lui.





