Oubliées après leur composition (1885-87), c’est en 1903 que les « Ariettes » tirées de Verlaine revoient le jour après une profonde révision, où Debussy maintient l’accompagnement du piano. Plusieurs admirateurs posthumes se chargeront de l’orchestration, jusqu’à notre contemporain Robin Holloway, compositeur « néo-romantique » anglais, qui est allé plus loin dans la tâche. Non content de repeindre les six morceaux en couleurs symphoniques, il en change l’ordre et y rajoute quatre mélodies ultérieures de Debussy, cousant l’ensemble avec de brefs interludes de sa propre main, avant de fermer ce patchwork sur un développement, emphatique à souhait, de « La mer est plus belle que les cathédrales » (1891).
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Louable intention d’unité, débouchant tout naturellement sur les trois tableaux symphoniques de « La mer », chef-d’œuvre de peinture sonore qu’exalte l’Orchestre Philharmonique de Radio France, porté sur les cimes par la baguette de Mikko Franck. Irrésistible Mélisande depuis sa prise de rôle en 2021, Vannina Santoni revient à Debussy sans vraiment résister à la tentation d’une performance opératique, là où on n’attendrait que confidences en clair-obscur. La voix est toujours somptueuse de timbre et de ligne, mais dès l’entrée en matière l’extase prime sur la langueur ; la clarté de diction le cède trop souvent au soin de l’émission, l’opulence vocale allant de pair avec l’orchestration luxuriante du Britannique. De quoi ravir les oreilles, même si c’est en faisant dériver l’aquarelle vers la surcharge sonore.

C’EST L’EXTASE, LA MER de CLAUDE DEBUSSY – Vannina Santoni (soprano), Mikko Franck (chef d’orchestre), Alpha Classics, 17,99 €





