La vieillesse est un naufrage, et son radeau est un appartement bourgeois en plein Paris. Tous les films de Gaspar Noé sont des mécanismes fatals qui conduisent leurs personnages à la destruction, et Vortex n’échappe pas à la règle. En réinventant un procédé éculé du cinéma, le split-screen, Noé parvient à saisir toute la véracité des prisons mentales qui guettent chaque homme au tournant de sa vie. Comme un fantasme de cinéphile passé à l’essoreuse, Dario Argento est un critique de cinéma errant dans les décombres de sa mémoire, littéralement enseveli sous les objets d’une passion fétichiste que la vieillesse a rendu cruellement désuète.
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Françoise Lebrun, psychiatre dont l’esprit se désagrège jour après jour, ne reconnaît plus son fils ni son mari: ultime terreur domestique, quand la maison elle-même devient étrangère. Alex Lutz, jeune premier ni jeune, ni premier, se bat avec ses addictions et ses nouvelles responsabilités de garde-chiourme pour parents détraqués. Une trinité du désespoir que Noé filme au ras des corps. Si sa caméra n’a jamais été aussi pudique, Vortex n’a rien d’un voyage de plaisance. Le réalisateur filme les derniers instants de la vie comme un signal parasité par d’ultimes moments de grâce, avec toujours le cinéma comme horizon indépassable, capable à la fois de rédimer les chairs et d’enregistrer leurs terreurs.
Vortex (2h22), de Gaspar Noé, avec Dario Argento, Françoise Lebrun, Alex Lutz, en salles le 13 avril





