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Elle vient de Toulouse. Sa mère est espagnole, son père est marocain bien que né en Algérie. Ils ont tous deux la nationalité française. Son mari est un quart algérien, un quart français, et à moitié ukrainien. La vie de Yasmine Benzelmat commence comme une blague belge.
Rien ne prédestinait cette fille d’une famille aisée de gauche à devenir une élue capable de claquer la porte du Front National car « trop à gauche ». C’est pourtant ce qui s’est produit en décembre 2017. Ulcérée par les atermoiements du parti de Marine le Pen, elle claque la porte du FN en septembre 2017. Ras-le-bol des signaux envoyés exclusivement au électeurs de la France Insoumise alors que leur report de voix au second tour de la présidentielle est inexistant.
« Tant qu’il y avait l’équilibre entre Marion Maréchal et Philippot, ça allait. Tout le monde était satisfait, on ratissait large. Il y avait une famille très sociale, très étatiste, de gauche, et une famille plus axée famille et nation. À partir du moment où Philippot a commencé a avoir une emprise sur le parti, ça a commencé à me déranger ».
https://twitter.com/YasmineBenzelma/status/1075176769664241667
Comme pour beaucoup d’électeurs du Front, le point de rupture a été atteint pendant la présidentielle : « Le prétexte qui nous a été servi pendant l’entre-deux-tours, c’est que Marine a eu le temps de faire une vidéo à destination des électeurs de Mélenchon, mais pas à ceux de Fillon. À un moment, il va falloir arrêter de prendre les gens pour des débiles ». Yasmine Benzelmat a réussi l’arbitrage compliqué entre ses racines et l’amour de la France. « Sans renier nos origines, mes parents ont toujours voulu que je je sois bien intégrée. Que je ne me communautarise pas. »
Le fait d’être issue d’un enchevêtrement de nationalités et de cultures a renforcé sa conviction qu’être française est une chance extraordinaire. Cette conviction a été renforcée par ses voyages aux quatre coins du globe : « J’aime d’autant plus la France que j’ai pu voyager. Nos compatriotes ne mesurent pas leur chance ». C’est avec cette conviction qu’elle motive son engagement au FN, puis son départ fracassant qui l’a mené à Dupont-Aignan.
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Désormais, elle combat sous le drapeau de Debout la France à la région Île-de-France. Au service de valeurs très ancrées dans la réalité familiale. « Je pense qu’on doit se baser sur le modèle de la famille pour structurer la société, qui est en soi une famille à plus grande échelle. » D’ailleurs, la défense de la famille est au centre de son engagement. Il y a encore quelques semaines, elle était parmi les manifestants devant le Conseil d’État pour se battre avec la Manif Pour Tous pour protester contre la PMA. Yasmine Benzelmat est chrétienne orthodoxe.
Elle le revendique haut et fort, quoi qu’en dise BFM TV qui l’utilise en 2015 dans un sujet intitulé « Ces musulmans qui votent FN », relayé sur oumma.com. La chrétienté est à la fois la base et le but de son squelette intellectuel. L’amour du Christ aurait pu la rapprocher de Rome plus que de Moscou, mais les ingérences politiques de François l’en ont découragée. « Le pape François devrait s’occuper de donner une ressource spirituelle, et pas s’occuper des basses affaires terrestres. Il est trop préoccupé de l’horizontalité, et abandonne peu à peu la verticalité de sa fonction. »
J’aime d’autant plus la France que j’ai pu voyager. Nos compatriotes ne mesurent pas leur chance. Yasmine Benzelmat
Elle a connu la violence et l’insécurité dans son lycée d’Antony. Une expérience qui lui a donné envie de se battre pour l’ordre dans toutes ses dimensions. Lorsqu’on vit d’audits et de fusions-acquisitions, la réussite sociale est plus facile que la réussite morale. C’est pour cette raison que Yasmine Benzelmat a mis entre parenthèses sa carrière civile pour se lancer en politique. Son mari est surveillant pénitentiaire. Un métier humble et sans grande reconnaissance ni perspectives économiques. Mais qu’importe. Comme l’a écrit Hélie de Saint Marc : « Un ami m’a dit un jour: « tu as fait de mauvais choix, puisque tu as échoué ».
Je connais des réussites qui me font vomir. J’ai échoué, mais l’homme au fond de moi a été vivifié. » Elle ne sait toujours pas si elle ira aux européennes, mais elle sait que, si elle y va, sa famille aura à accepter des sacrifices pour les autres. Yasmina ne se préoccupe de sa réussite que dans la mesure où celle-ci lui permet de se battre pour ses concitoyens. Comme dirait Labiche, « saine occupation ».
Note : la phrase « Liberté, égalité, fraternité c’est sympa, travail, famille, patrie ça me va aussi » a été par erreur attribuée à Yasmine Benzelmat dans son portrait paru dans le numéro 15. Elle a en réalité été prononcée par Béatrice Troussard (qui a quitté le FN en même temps que Yasmine Benzelmat) dans une interview à l’Opinion. Au temps pour nous.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]





