


D’abord actrice chez Claude Sautet ou Maurice Pialat, Nicole Garcia en a conservé une solide croyance dans les vertus du réalisme. Voilà neuf films que la réalisatrice tente d’imposer sa vision, entre naturalisme et académisme policé, sans parvenir vraiment à convaincre. Avec Amants, elle s’essaye au thriller intimiste, sans aucune autre prétention que de plonger dans la psyché trouble d’un triangle amoureux. […]
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Pour ce quatrième album, Sticky, on ne change pas une équipe qui gagne, même si, comme le confie Dean Richardson, le processus d’enregistrement ne fut pas tout à fait le même. En effet, alors qu’ils avaient à peine fini leur cycle de tournée pour le précédent album, End of Suffering, les serpents à sonnette furent, comme le reste de la planète, stoppés net par un pangolin. « On tourne tellement que d’habitude, on enregistre nos albums très rapidement. On a généralement trois semaines entre la tournée britannique et la tournée américaine, et c’est le temps imparti pour faire le disque. Mais là, on a eu quasiment deux ans. Ce fut totalement différent. J’ai produit le disque, de façon organique, avec des démos, en huit ou neuf sessions différentes. On s’est enfermés pour composer et enregistrer dans une cabane, puis on est allés dans un petit studio du Nord-Est de Londres, avant de poursuivre dans un grand studio pour les batteries. On a donc eu une approche différente, un peu patchwork, en construisant petit à petit, au lieu de tout faire d’un coup », explique-t-il. […]
Si la pandémie a pu modifier le processus créatif du groupe, on retrouve le même humour
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En 2021, Nanni Moretti ne présente plus d’intérêt qu’en tant que cas d’école. L’irrévérence névrosée et contestataire qui faisait plus ou moins le charme de ses premiers films s’est depuis longtemps diluée, succès aidant, jusqu’à tourner en son contraire, le mauvais lait d’un contentement conformiste et bouffi. C’est particulièrement visible dans Tre Piani, premier scénario non-original signé par il maestro, d’après un roman israélien de Eshkol Nevo.
Quittant sa zone de confort depuis longtemps sinistrée (Habemus Papam et Mia Madre rivalisaient de hideur sénile), Moretti se réfugie dans le tout venant de la « sitdram » avec trois histoires imbriquées se développant sans relâche sur fond d’immeuble bourgeois où chaque étage abrite un mal à la mode. Charge mentale, emprise du patriarcat, #metoo avec soupçons de pédophilie se passent les plats, remplis jusqu’à ras bord, dans une farandole de rebondissements qui sembleraient moins forcés sur la longueur d’une série. Parti pour tourner son Julieta (le probable chef-d’œuvre d’Almodovar), Moretti se retrouve à la tête d’Une famille (pas très) formidable. [...]
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Pourquoi vous être intéressé au rapport entre Rodin et le maire de Calais ?
Rodin a créé l’œuvre mais celui qui l’a fait accepter est le maire de Calais, son commanditaire. Ce qui est très étonnant, c’est que cette œuvre, qui a révolutionné la sculpture mondiale, qui a un caractère inédit, surprenant, soit le fruit d’une commande publique d’une ville française. Cela renverse complètement les clichés d’une petite bourgeoisie étriquée, repliée sur l’académisme. C’est précisément de là qu’on l’attendait le moins que surgit l’impulsion politique qui permettra à un sculpteur encore peu connu de produire le chef-d’œuvre qui le fera immédiatement reconnaître comme un très grand sculpteur, voire un génie. Parce qu’en vérité, on ne sait pas d’où sort cette œuvre. Quelles en sont les influences, on a du mal à le dire. Elle ne se rattache à aucune tradition, aucune école de l’époque. C’est un geste isolé, dont on ne soupçonne pas la source. L’œuvre est bouleversante : six hommes face à la mort. Le roman est une enquête que j’ai menée pour tâcher de comprendre ce qui rend cette œuvre si étonnante et bouleversante. En me documentant, j’ai très vite vu apparaître le maire de Calais.
Comment en est-il arrivé à faire cette proposition à Rodin ?
Il a eu l’idée de commander une sculpture en hommage aux bourgeois de Calais, ces héros du début de la Guerre de Cent ans. Il a alors demandé à un sculpteur calaisien qui il pourrait solliciter pour accomplir cette œuvre. Celui-ci lui a indiqué un sculpteur parisien peu connu mais plein de talent, dont il subodorait qu’il allait percer. Aussitôt, le maire de Calais se rend à Paris pour rencontrer Rodin dans son atelier. Comme mû par l’intuition. Dans le livre, j’avance le fait que le nom Rodin lui plaisait : c’est un nom solide qui inspire la confiance. Alors, il le rencontre et il est tout de suite subjugué. Par le personnage et par le lieu : le dépôt des marbres à Paris. Un atelier de sculpteur est un endroit étonnant. En l’occurrence, c’est un grand hangar qui est tout à la fois entrepôt et atelier. Il m’est arrivé de visiter le dépôt des sculptures de la ville de Paris. Une sorte de halle ferroviaire emplie de centaines de sculptures, notamment les maquettes de concours. C’est une ambiance tout à fait étonnante. Au sens propre, surréaliste. Vous vous trouvez au milieu de soldats, d’écrivains, de quantité de femmes nues, d’allégories, d’animaux. Omer Dewavrin, le maire de Calais, s’est d’un coup trouvé parmi un tel monde. Ce bon bourgeois de Calais a dû être ébahi. [...]
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Le cinéma comme la télévision ont régulièrement eu recours au patrimoine littéraire français, et ce dès le début de leur histoire. « Le cinéma est en posture de dette vis-à-vis de la littérature. Dès le début du cinéma, il fallait bien trouver des histoires et c’était le cinéma narratif qui dominait le marché. Les cinéastes pillaient donc la littérature mondiale pour trouver les sujets de leurs films, même si les films étaient très courts. On piochait chez Hugo et Zola. Le premier Germinal de Capellani est un très grand chef-d’œuvre. C’est d’ailleurs la plus belle adaptation et c’est un muet », raconte Françis Vanoye, agrégé de lettres, professeur émérite d’études cinématographiques à l’Université de Paris X Nanterre et auteur de L’Adaptation littéraire au cinéma (Armand Colin, 2019). Si 80 % des films étaient des adaptations, les productions se sont peu à peu émancipées pour osciller selon les années entre 30 % et 50 % aujourd’hui. « Avec l’arrivée du cinéma parlant et son succès, le métier de scénariste est devenu plus important et le recours aux scénarios originaux s’est développé, même si les adaptations littéraires se sont poursuivies » poursuit-il.
On peut même dater de la fin des années cinquante et de la Nouvelle Vague une première rupture stylistique : « Truffaut, Godard, Chabrol et les autres ont commencé par affirmer que les adaptations c’était du vieux cinéma, mais en réalité, ils ont très vite eu eux-mêmes recours aux adaptations mais irrespectueuses, au sens où ils ne faisaient pas des illustrations fidèles du récit. Ils le modernisaient, le transposaient d’une époque à l’autre, adaptaient le récit tout en admirant l’œuvre originale ». Si on se rappelle l’excellent Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau (1990), de son plus académique Hussard sur le toit (1995) ou de la Reine Margot baroque de Patrice Chéreau (1994), le film en costume français se signale quand même par sa rareté.
L'art se nourrit de ce qu'il brûle. Le cinéma est par nature la transfiguration d'une réalité ou d'un livre. Sinon à quoi bon ?
Xavier Giannoli
La garantie des grands noms
« Adapter un classique, c’est réaliser un film « patrimoine » et un film « en costume », deux critères qui ont eu pendant longtemps mauvaise presse dans le cinéma français alors que ce genre, produit par des Américains ou des Anglais, était bien mieux accepté », affirme la scénariste franco-américaine Natalie Carter qui compte déjà à son actif une adaptation de Balzac, de Mauriac, et dont on attend un Emma Bovary début 2022. « Alexandre Dumas nécessite des moyens. Le cinéma américain n’hésite pas à mettre le budget, et il faut avouer que le film de cape et d’épée français n’a pas brillé. Les Américains en sont plus familiers. Les acteurs, formés à l’équitation à l’escrime, sont plus convaincants. Jean Marais ne fait pas le poids à côté », ajoute Francis Vanoye. [...]
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Aude et Benjamin s’aiment et voudraient avoir des enfants. Mais Aude ne peut en porter. Qu’à cela ne tienne, Benjamin se propose de la remplacer. Car Benjamin est en fait Sarah en pleine transition sexuelle, qui décide d’arrêter ses injections de testostérone. Inspirée d’une histoire vraie qui a beaucoup tourné dans les médias, A Good Man est donc l’histoire de la bataille d’un homme (car il est reconnu comme tel par l’état-civil) pour être « enceint ». […]
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