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Les annales de Lang : feuilles de rose au PS
Généreux, Jack Lang nous ouvre ses archives. Établis et présentés par son fan Frédéric Martel – l’auteur de Sodoma : Enquête au cœur du Vatican – les documents personnels et notes confidentielles de l’ancien ministre de la Culture paraissent chez Robert Laffont dans la collection Bouquins. Une Révolution culturelle titre judicieusement l’ouvrage qui propose aux doloristes de revivre en 1300 pages la lente décrépitude française sous l’ère Mitterrand, exécutée au nom des sentiments les meilleurs[...]
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Love and monsters : notre critique

Pour détruire un astéroïde qui menace de sombrer sur terre, les gouvernements lancent une attaque massive de missiles. Manque de pot, les retombées nucléaires transforment les insectes en monstres géants, exterminant la moitié de l’humanité et contraignant les survivants de se terrer sous terre. [...]

Lire aussi : Le passager n° 4 : notre critique

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Hades, ou le petit remplacement vidéoludique

Alors qu'un grand cru vidéoludique 2020 s'achevait, un nom revenait sur toutes les lèvres des critiques et des joueurs les mieux informés : le dieu grec Hadès, sorti des Enfers par Supergiant Games. Véritable triomphe, le titre s'imposa comme la grande surprise de l'année. Il ira jusqu'à ravir le prix du meilleur jeu aux BAFTA britanniques, l’équivalent des Oscars. Hades propose d'incarner Zagreus, fils du dieu éponyme, qui tente de s'échapper des Enfers pour atteindre l'Olympe et réconcilier sa famille, éminemment conflictuelle. Au fil de son périple, il croisera la route de divinités, telles que Poséidon ou Hermès, et de héros, comme Achille ou Thésée. Si le titre mérite son succès critique, l'on ne peut pas en dire de même de sa représentation des personnages mythologiques.

Ainsi, dès les premières minutes du jeu, Zagreus rencontre une Athéna très particulière, puisque celle-ci a la peau noire. Elle ne sera pas la seule à diverger de l'imagerie standard du panthéon grec car on y trouvera, entre autres, un Dionysos indien, un Hermès venu d'Extrême-Orient, un Thésée au teint hâlé ou encore une Eurydice à coupe afro. Dans une interview (en anglais) au très woke Kotaku.com, le directeur créatif du jeu, Greg Kasavin, revient sur ce choix assumé, apparu, dit-il, dans une épiphanie : « On les désigne sous le nom de dieux grecs car ils étaient adorés en Grèce antique, non parce qu'ils étaient eux-mêmes ethniquement Grecs […] Zeus règne sur l'ensemble des cieux, pas seulement sur ceux de la Grèce ». [...]

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Mitterrand #saccageparis

Le geste architectural le plus emblématique de ce saccage pourrait être celui doublement commis sur la voie royale. Quelques années suffirent à François Mitterrand pour massacrer (les disciples de la laideur diront investir) l’œuvre que sept siècles d’histoire et quinze rois affinèrent sur cet axe jadis connu dans le monde entier comme le meilleur goût français. À son extrémité orientale, une pyramide transparente – mais pas invisible, empêchant d’admirer le Pavillon Sully et attirant sous terre le troupeau international des visiteurs-consommateurs ; à son extrémité occidentale, une arche tout aussi inévitable, dans des matériaux inutilement luxueux (et inadaptés à la situation). Ces deux verrues sont délibérément inaugurées l’année du bicentenaire de la Révolution, évènement fondateur du saccage de la France.

Dans ce sinistre millésime est inauguré un autre monument, beaucoup plus discret mais qui mérite notre attention : dressé en plein milieu d’une allée transversale du Champ-de-Mars, le monument des Droits de l’Homme ne célèbre pas du tout l’avènement d’une égalité judiciaire, mais réunit les trois passions du souverain – l’occultisme, l’Égypte et la mort. Il s’agit d’une évocation de mastaba, mais au lieu des hiéroglyphes attendus[...]

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Vaporwave : nostalgie électronique

Il y a onze ans émergeait un nouveau genre dans les méandres de la scène musicale électronique : la vaporwave. Faites par et pour le web, sa viralité mémétique et son esthétique tranchée contribuèrent à colorer le paysage culturel et Internet de la décennie. Issu avec l'album « Chuck Person's Eccojams Vol. 1 » du foutraque cerveau de l'Américain Daniel Lopatin, l'une des pointures de la musique expérimentale plus connue sous le nom d'Oneohtrix Point Never, le genre se caractérise par l'utilisation de samples, essentiellement de smooth jazz, de jingles ou de R'n'B des années 80 et 90, ralentis au point d'en être totalement distordus. Ces échantillons sonores sont ensuite découpés, altérés et recollés afin de créer des morceaux radicalement différents des titres originels, traités comme un matériau brut, celui de la nostalgie.

Éloge du souvenir

À cet artisanat musical se joint une esthétique visuelle discernable entre mille. La vaporwave se reconnaît d'abord par ses couleurs pastel ; magenta, cyan et rose constituant sa palette première. S'ajoute à ces teintes une identité graphique disparate, faite de sculptures gréco-romaines, de produits informatiques des années 80 et 90, de personnages de dessins animés ou de jeux-vidéo japonais de la même époque, de palmiers de « Miami Vice », de gratte-ciel du monde de la finance, de centres commerciaux ou encore d'anciens logos de marques. Cet amalgame kitsch, sonore comme visuel, qui n'est pas sans rappeler la confusion mentale de l'époque, représente ainsi l'univers culturel partagé de la génération née au moment de la chute de l'URSS et du traité de Maastricht, la première vraiment mondialisée, utilisant partout sur le globe les mêmes Windows 98 entre deux parties de Pokémon, un Pepsi à la main. [...]

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Le passager n° 4 : notre critique
Après un premier film de survie en plein antarctique (Artic) en 2019, à la fois efficace, aride et mutique, le réalisateur Joe Penna poursuit l’exploration du film de genre, projetée cette fois-ci dans un lieu bien plus exigu, un vaisseau spatial. Un passager clandestin est découvert par le petit équipage envoyé en mission sur la planète Mars. Seul problème, le vaisseau se trouve trop loin de la Terre pour faire demi-tour, les ressources alimentaires sont limitées et un incident limite l’oxygène[...]
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Édouard Louis : la grande arnaque des vieux boomers

L’homosexuel le plus pistonné de Paris revient faire la couverture des Inrocks et écraser les ventes de livres du printemps avec cent pages de forme étique et de fond sommaire dénonçant la « domination » depuis son carré VIP. Comment cette absurdité a-t-elle été rendue possible ? Eh bien, probablement parce que cette image factice de jeune enfant prodige, victime et rebelle allouée à Louis, constitue en réalité le fantasme des vieux boomers dominant le système médiatico-culturel, la succession qui les arrangerait bien et perpétuerait leurs mythes, et qu’ils ont les moyens d’hypnotiser les foules avec leur propre rêve. Suffisamment, en tout cas, pour imposer cette énormité.

MARX ENCORE, MARX TOUJOURS

Le gamin ne se foule pas : dans la famille Louis, après le fils, le père et le violeur, voici la mère, à qui administrer le même traitement sériel de vieille martyrologie marxiste. Via Bourdieu, l’obsession binaire et essentialiste de la lutte des classes est passée de l’économie à la sociologie, ce qui a permis de la pulvériser partout en dépit des naufrages communistes. Pourquoi maman sourit plus comme sur la photo de ses vingt-ans ? Comment l’ordre patriarcal et la société se sont ligués pour la défigurer (avant l’ordre patriarcal et la société, il est probable que Madame Louis eût été simplement violée par un chef de tribu victorieuse, mais cette dimension n’entre pas en compte chez les champions du ressentiment permanent).

Louis singe les postures radicales des années 70, mais sans le talent ni la culture de ses modèles. C’est ringard, mais c’est aussi dégradé

Ce qui reste étrange dans la logique de Louis, c’est qu’il s’obstine à dresser un état des lieux de la misère financière, culturelle et morale des cas sociaux du Nord de la France pour y opposer les raffinements de la bourgeoisie parisienne avec un ébahissement de provincial mal dégrossi, mais que ce transfuge social récrimine contre son fantasme tout en justifiant ceux qui le dégoûtent. Nous ne saurions que lui préconiser un peu moins de Marx et un peu plus de Freud[...]

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Nicolas Ker : l’adieu aux armes

Lundi 17 mai 2021, le chanteur auteur compositeur Nicolas Ker est mort à 50 ans. Beaucoup l'ont découvert en 2016 via son intervention explosive chez Ruquier alors que l'artiste était censé vendre son album solo Les Faubourgs de l'exil« un black-out total », déclarera-t-il plus tard chez Le Monde Moderne. Et d'ajouter : « pourtant, j'avais moins bu que d'habitude », précisant avoir refusé de voir l'émission dont tout le monde parlait pendant trois jours, avant de conclure au sujet de sa propre prestation : « c'est quoi ce clochard ? ». Si la promo fut effectivement formellement ratée, ce fut le paradoxe du buzz accidentel, le temps d'un clip, du moins.

D'autres le découvriront peu après, à travers des interviews lunaires, au côté d'Arielle Dombasle, dans cette collaboration improbable sur le papier, mais pas moins salutaire dans les faits. Les rieurs de service à qui on ne la fait pas auront évidemment la résolution – forcément louche – de l'équation, comme si deux êtres ne pouvaient pas simplement s'entendre humainement, artistiquement, se soutenir l'un l'autre, d'une manière ou d'une autre, sans que cela ne cache une sale histoire, un arrangement contrenature ou un deal obscur. À moins que l'idée même d'intégrité ne soit trop répugnante aux cyniques 2.0 pour imaginer que celle-ci, quelle que soit sa forme, puisse tenir le choc, çà et là, dans un monde, certes, toujours plus chargé de crasse.

« je n'avais plus d'image positive de moi. Ça faisait longtemps que j'avais renoncé à être le beau chanteur. J'étais débarrassé de ça. Je n'avais plus à faire le malin. Quelque part, c'est mieux »

Il faut dire que niveau intégrité, Nicolas Ker n'a pas vraiment de leçons à recevoir. C'est par le biais d'une annonce qu'il devient à 35 ans le chanteur du groupe de rock Poni Hoax, après des années d'errance, de lectures à plein régime et d'alcool, déjà : « je n'avais plus d'image positive de moi. Ça faisait longtemps que j'avais renoncé à être le beau chanteur. J'étais débarrassé de ça. Je n'avais plus à faire le malin. Quelque part, c'est mieux », lance-t-il dans Gonzaï en 2011. Musicalement, Ker y apporte cette voix touchante, entre Bowie, Ian Curtis, Nick Cave et des textes cryptés aux images fortes. Sur scène, hanté lors de l'interprétation des morceaux, le chanteur s'efface, laissant le soin au batteur Vincent Taeger de prendre la parole pour annoncer le titre suivant ou pour menacer quelqu'un dans l'audience d'un cassage de gueule dans les règles.

En dépit d'excellentes chansons, de concerts mémorables et de musiciens de haute volée, les mauvais élèves de la scène parisienne qui n'hésitaient pas à insulter leur public et à s'exclure, sans forcer, du cirage de pompe médiatique paient leur trop plein de spontanéité. À l'heure des BB-Brunes, de Justice, de l'électrorock propre sur lui et plus tard des Feu ! Chatterton, les Poni Hoax atteignent vite un plafond de verre et le groupe reste en stand-by après quatre albums pourtant clairement au-dessus du lot[...]

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