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Popa Chubby, la saveur est dans le gras
Popa Chubby, le dernier grand bluesman du Bronx, vient d’avoir 60 ans, et pour son anniversaire, c’est lui qui offre le cadeau avec It’s a Mighty Hard Road, un nouvel opus « fait maison » et enregistré à domicile. Aucun rapport avec le confinement : l’inventeur du « New York City Blues » est, quoiqu’il advienne, un loup solitaire qui n’envisage la création qu’en solo. Mais il y a de l’espace pour toute une meute, quelquefois, dans le cœur du bonhomme !
Tabarly, reflet marin de la mythologie française
À presque 60 ans de distance, il est difficile de se rendre compte du gigantesque retentissement de la victoire d’Éric Tabarly le 19 juin 1964 dans la deuxième édition de la Transat anglaise. Et pourtant, ce fut monstrueux.
Deux amis ouvrent une librairie conservatrice à Nancy
Sylvain Durain est un essayiste lorrain, qui publie régulièrement des portraits et des analyses dans L'Incorrect. Avec un ami, il ouvre une librairie à Nancy. Leur objectif : "réappropriation physique, géographique et sociale du bien culturel". Deux librairies emblématiques ont récemment fermé dans le quartier latin. A contrario, Amazon fait des chiffres record. Qu'est-ce qui vous donne espoir pour ouvrir une librairie dans ce contexte ? Sylvain Durain : Le quartier latin a vu aussi « La Nouvelle Librairie » ouvrir ses portes et, malgré les attaques, force est de constater qu'elle est bien présente dans ce quartier emblématique de Paris. Prenant exemple sur elle et sur « La Libraire Française », nous avons pour ambition de réinvestir le centre-ville de Nancy en créant une librairie, certes, mais aussi un lieu de vie avec tous les mois deux événements marquants : conférences, débats, dédicaces, expositions, etc. Nos visiteurs pourront aussi, à terme, découvrir des produits locaux et passer un moment convivial dans nos locaux grâce à notre espace détente. La librairie tiède c'est terminé, il faut mettre à jour nos pratiques et proposer un cadre permettant aux gens de se réunir, pourquoi pas autour d'une bière brassée à quelques kilomètres de chez nous ? La réalité c'est que cet espace est attendu par un grand nombre de personnes qui se plaint d'un manque de concret, d'une virtualisation à outrance, de l'impossibilité de trouver certains livres et de l’absence d’un lieu dans lequel les concepts d'enracinement et de conservatisme ne seraient pas synonymes d'extrême droite. Notre espoir est là : combler ce manque par une incarnation. Alexis Forget : Avec le terme « d’enracinement », Sylvain pointe du doigt quelque chose de fondamental : si la finalité première de ce ré-enracinement touche à l’identité de l’être, c’est que, comme l’écrivait le philosophe nancéien Georges Vallin, « l'objectivation uniformisante du monde semble aller de pair avec la désindividualisation de l'homme »1 et qu’il est impératif pour l’homme de regagner son indépendance dans l’exercice de la vie en société. Notre espoir n’en est donc pas un, c’est une espérance, celle de participer avantageusement, dans la mesure de nos moyens, à la dissolution de ce que Saint Thomas d’Aquin appelait materia signata quantitate. [...]
Station Opéra : Abécédaire de luxe

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Depuis sa naissance, l’art lyrique poursuit une mission impossible : accommoder le mariage de la musique avec le mot. Si, pour Mozart, la poésie doit être « fille obéissante de la musique », les compositeurs français, eux, voient la raison d’être du chant dans la parole.

 

Moins phénomène sonore que véhicule de pensée, le vers chanté dans la langue de Molière exige de l’interprète l’art du « beau parler ». Cependant, la diction la plus exemplaire ne suffit pas à bien chanter. Mais un chanteur excellent peut sonder facilement les mystères d’une langue. Rien d’étonnant, alors, qu’une diva venue de l’étranger arrive à hisser son anthologie d’airs français parmi les meilleures de notre temps.

 

Vedette des grandes scènes lyriques, Marina Rebeka sait plier ses moyens surnaturels à la sincérité de l’incarnation, montrant à quel point son intimité avec les rôles est fusionnelle.

Alexandre Najjar : « L’obstination du témoignage »
Écrivain libanais francophone, directeur de l’Orient littéraire et avocat au barreau de Beyrouth, l’auteur des Exilés du Caucase (Grasset) et de Kadisha (Plon) a puisé dans l’actualité internationale et celle de son pays natal, le Liban, pour écrire ce saisissant roman sur la pandémie de Covid-19 qui en fait l’un des premiers du genre. Rencontré dans la capitale libanaise, Alexandre Najjar livre à L’Incorrect sa vision de cette crise sanitaire mondiale.
Me and that man : Un Johnny Cash polonais
Gourou du groupe polonais Behemoth, pionnier de la scène black métal européenne, le chanteur-guitariste Nergal (Adam Darski de son vrai nom), 42 ans, est un drôle de personnage à mi-chemin du dandy et du punk. La terrible épreuve d’une leucémie dont il a réchappé en 2010 ne l’a pas empêché de reprendre du service en tant que musicien et même de devenir juré de l’émission de télé-crochet « Te Voice Poland », en 2011. Un curieux CV qui compte également des diplômes de l’université de Gdansk en histoire et en latin et le projet qui nous intéresse aujourd’hui : Me and that man, un groupe de dark folk-country qui sort un nouveau disque et au sujet duquel nous nous sommes entretenus avec lui. Y-a-t-il un sens caché derrière le nom « Me and that man » ? Absolument pas ! Au début du projet, il ne rassemblait que moi et John Porter (musicien de rock indépendant britannique vivant en Pologne, ndlr), et on a décidé de s’appeler comme ça parce qu’on était deux : moi, et cet homme ! On a trouvé que le nom sonnait bien, et voilà tout ! Depuis le départ de John Porter, nous sommes cependant plusieurs dans le groupe, alors j’ai envisagé de le rebaptiser : Me and those men (« Moi et ces hommes »), mais ce n’était pas possible pour des raisons essentiellement pratiques. Pourquoi John Porter a-t-il quitté le groupe ? Il avait beaucoup de travail par ailleurs, d’où la difficulté de travailler ensemble. Artistiquement parlant, nous étions sur la même longueur d’ondes mais sur un plan plus humain, j’ai senti que ça ne pouvait pas fonctionner. C’était sa décision d’arrêter, mais il est vrai que je n’ai pas apprécié qu’il prenne l’initiative d’annoncer son départ sur les réseaux sociaux. Le titre du premier album du groupe : Songs of love and death, est-il un clin d’œil au disque de Leonard Cohen, Songs of love and hate ? Oui et non. Il y a un certain nombre de classiques dont le titre est assez similaire, vous auriez d’ailleurs aussi pu me demander si c’était une référence à l’album de Depeche Mode : Songs of faith and devotion… Je n’ai pas essayé de paraphraser Leonard Cohen et il n’y a rien de très original dans ce titre, il est simple et assez direct, ce qui résume plutôt bien l’existence. Nous aspirons tous à trouver l’amour. Si vous n’avez pas l’occasion d’expérimenter l’amour au moins une fois dans votre vie, c’est que vous êtes très malchanceux. Quant à la mort, c’est une chose à laquelle on est tous confrontés un jour ou l’autre et qui, à la fin, nous concerne tous ! [...] Suite à lire dans L'Incorrect numéro 31 et en ligne pour les abonnés.
Critiques littérature du mois
Un joueur d'échec de génie, l'amour d'une vie abandonné au nom de la littérature, un thriller bien ficelé qui a fait du bruit de l'autre côté de l'Atlantique, tous sont là, attendant sagement d'être critiqués par les brillants esprits de L'Incorrect.
Jordana, Bigard and cie : le buzz contre la pensée
Un beau coup de griffe de Patrick Eudeline pour contribuer au déconfinement spirituel que le pays attend toujours. Bigard, Camélia Jordana! Les saltimbanques ont de nouveau la parole, au moment précis ou on repasse en boucle les «  revues de presse » de l ‘ami Bedos. Le plus drôle, c’est qu’on s’en étonne.  Comme de la réaction d’un président en plein chemin de Damas (il a vu la lumière, dirait-t-on).  Bigard, déjà, avait été invité par Chirac, Sarkozy, Hollande, me semble. Comme les autres amuseurs publics.

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