Skip to content
Olivier Marchal sans filtre
Il est touchant, Olivier Marchal : l’ex-flic n’a pas oublié son ancienne vie ni ses anciens collègues, et, depuis Gangsters jusqu’à Pax Massilia (la saison 2 vient de sortir), le réalisateur français ne cesse de parler d’eux, de leurs souffrances et de leur mal-être. Avec ses cernes en accordéon, sa trogne porte encore toutes les cicatrices du passé, de ces blessures récoltées en se confrontant aux abysses de l’âme humaine et il sait mieux que quiconque, comment, chez le flic comme chez le voyou, le bien et le mal joutent toujours. La nuit, seul à son bureau, il couche sur papier leurs histoires, espérant ainsi sauver leurs âmes et éloigner ses démons. Alors il convoque à la fois ses souvenirs et les grands maîtres qu’il admire, puisque son cinéma pullule de références, de Melville à Michael Mann, et qu’il ambitionne, depuis ses débuts, de s’inscrire dans cette lignée en pratiquant du polar qui s’assume : un genre brutal et réaliste. « N’oubliez jamais : tous coupables ! », affirmait l’inspecteur général des services dans Le Cercle Rouge. Ses personnages n’échappent pas à ce sombre constat. Ses « poulets » évoluent toujours sur une ligne de crête à la frontière morale ténue que les vapeurs de gnole bon marché et de clope tiède floutent encore davantage. Mal rasés, les cheveux cradingues et le cuir qui grince, ils n’échappent jamais au fatal engrenage, pris en étau entre une hiérarchie pleutre et des voyous sans honneur. Depuis vingt-cinq ans, Marchal a peaufiné son style et trouvé sa marque de fabrique. Ses commissariats ressemblent à des usines désaffectées, ses flics roulent en grosse berline et leurs plaques pendouillent à leurs cous. Ils causent de « même bac à sable » et de « finir dans une charrette », ils « montent au braquo » et comptent en « piges ». [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Éditorial culture de Romaric Sangars : 2026, réaction créatrice

2026 sera maoïste, si l’on en croit Jean Berthier et il n’y a malheureusement guère de raisons de douter de son affirmation. Obsession égalitaire, tabula rasa, dévalorisation des anciennes autorités mais contrôle idéologique permanent assuré par l’enrégimentement des plus crédules, c’est-à-dire des plus jeunes, qui vous lynchent symboliquement sur les réseaux, plutôt que concrètement dans la rue comme à l’époque du stade artisanal du wokisme, enfin du maoïsme. On va encore beaucoup rire. Les nouveautés en sont rarement, les mêmes fièvres reviennent toujours infecter les esprits, les mêmes déconstructions qui donnent les mêmes ruines, et les mêmes ruines les mêmes réactions créatrices. Plutôt que du conservatisme ou de tendances rétrogrades, revendiquons-nous de cette réaction créatrice.

La différence avec les années 70 du siècle dernier, c’est néanmoins le déclin du prestige des intellectuels. Ce ne sont plus eux qui régentent les modes idéologiques, à moins qu’ils sachent se recycler en YouTubeurs loquaces.…

Théâtre : White trash à South Pigalle
Killer Joe est surtout connu en France pour son adaptation magistrale par William Friedkin en 2011, avec un Matthieu McConaughey littéralement terrifiant en flic corrompu jusqu’à l’os, qui s’amuse à torturer une famille de white trash au prétexte d’une obscure histoire d’assurance-vie. Avant d’être un film, Killer Joe est une pièce de Tracy Letts, dramaturge qui s’est fait une spécialité de l’Amérique profonde. On était d’autant plus curieux de voir ce que pourrait en faire le metteur en scène Patrice Costa, en français dans le texte, tant Killer Joe semble indissociable de son méphitique terreau texan. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Opéra : Lisette Oropesa, voix de folie
Après une dizaine de productions sur les plus grandes scènes, Lisette Oropesa signe enfin au disque « sa » Lucia di Lammermoor. Un jalon décisif pour la soprano américaine, dans l’un de ses rôles phares, quintessence du bel canto romantique. Même privés de sa présence magnétique et de son jeu à fleur de peau, on succombe à la pureté d’une voix au timbre argenté, parfaitement homogène sur plus de deux octaves, d’une agilité vertigineuse jusqu’à l’extrême aigu, dessinant chaque phrase avec une fluidité telle que la virtuosité disparait derrière la ligne. Le premier acte trahit une certaine retenue, somme toute conforme au portrait de cette héroïne enfermée dans un destin absurde, sœur spirituelle d’Emma Bovary. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
BD : Verbeek et Danicollatérale, deux tours de force
En 1884 paraît Flatland, réédité par Les Belles Lettres en 2024 : un être à deux dimensions nous décrit son monde (qui ressemble à l’enfer du monde bourgeois de la Reine Victoria) et sa découverte bouleversante du monde à trois dimensions, le nôtre. Danicollaterale vient d’en donner une interprétation dessinée brillante, reprenant l’essence – et très souvent la lettre – du texte mais transformant le monologue en dialogue et éclairant par ses variations strictement géométriques les aspects mathématiques de l’œuvre comme la critique sociale et les inquiétudes métaphysiques du plat carré confronté à la troisième et même la quatrième dimension : c’est un tour de force mais plaisant. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Sorties musique : critiques du meilleur et du pire
SIC LUCEAT LUXLUX, Rosalia, Columbia, CD 14€99 Rosalia ne fait rien comme tout le monde. Après s’être imposée comme une star mondiale de la pop latino, et ce en moins de deux albums, elle revient avec un album symphonique, enregistré à Londres, qui balaie d’un revers de main toutes les affèteries numériques de la pop […]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Les meilleurs romans de 2025

1. J’écris l’Iliade, Pierre Michon, Gallimard 

2. Les Cambrioleurs, Fabio Viscogliosi, Actes Sud

3. Tressaillir, Maria Pourchet, Stock

4. Le Fou de Bourdieu, Fabrice Pliskin, Cherche-Midi

5. La Marchande d’oublies, Pierre Jourde, Gallimard

Lire aussi : Pierre Michon : l’antidote

6. Arrêt sur enfance, Manuela Draeger (Antoine Volodine), L’Olivier 

7. Tout ouïe, Alexandre Postel, L’Observatoire

8. Feux sacrés, Cécile Guilbert, Grasset

9. Comme un père, Christian Authier, Le Rocher 

10. Nous les moches, Jean Michelin, Héloïse d’Ormesson …

© DR
Les critiques littéraires de décembre
EXPLOSIFLE NOM DE LA BATAILLE, Tom Buron, 49 pages, 48 p., 7€49 Les éditions 49 pages proposent des textes de court calibre promettant un effet explosif. Contrat tenu avec ce Nom de la Bataille de Tom Buron qui souffle assurément le lecteur par un aperçu condensé du front russo-ukrainien où l’auteur s’est lui-même engagé entre […]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest