
Culture






BIJOU SURPRISE
LE POLONAIS, J. M. Coetzee, Seuil, 160 p., 18 €
Voici un petit Coetzee (160 pages, beaucoup d’air) dont le scénario semble conçu pour agacer : l’héroïne est une bourgeoise barcelonaise proche de la cinquantaine, le héros un vieux pianiste polonais perché venu donner un concert, il tombe amoureux d’elle au premier regard, elle fait semblant de n’être pas intéressée mais finit quand même par l’inviter dans sa résidence à Majorque (car elle a, évidemment, une maison à Majorque). Or, cette histoire aux allures de love-story d’une presque vieille et d’un vieux est racontée avec maestria par le prix Nobel 2003, qui en fait un conte triste sur le langage (il ne connaît pas l’espagnol et parle un anglais bancal, toujours à côté de la plaque, presque poétique) et l’incommunicabilité, y compris quand la musique s’en mêle. Style concis à l’extrême, accélération inattendue dans la deuxième moitié, construction soignée : ce petit roman réussi est finalement plus, bien plus que l’objet littéraire anecdotique auquel on pensait avoir affaire.…

On voudrait, comme partout, faire d’un tournage un lieu à risque zéro. Un tournage, c’est pourtant un lieu de travail comme un autre, qui comporte des risques nombreux et variés : des abus de pouvoir, des accidents, des conflits internes, des malveillances diverses. A une époque, on célébrait d’ailleurs les cinéastes qui s’alimentaient de l’urgence ou du chaos d’un tournage : William Friedkin sur le tournage épique et désastreux de Sorcerer, Elen Klimov qui va jusqu’à engager un psychologue pour encadrer le jeune héros traumatisé de Requiem pour un Massacre, Coppola qui aurait planqué des vrais cadavres dans les faux charniers d’Apocalypse Now, Jack Nicholson qui s’amuse, hors caméra, à terrifier Shelley Duval pour donner du crédit à son personnage, sans oublier les innombrables tentatives de séduction de réalisateurs ou d’acteurs plus ou moins balourdes, plus ou moins « toxiques », comme on dit aujourd’hui.
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La femme, c’est une des nombreuses matières premières du cinéma, de cet art de l’enregistrement qui vampirise tout, alors les actrices sont évidemment en première ligne : abusées, trompées, humiliées – le point de non-retour étant certainement le sort de Linda Lovelace, actrice du tristement célèbre Deep Throat, un des premier films X de l’histoire où elle fut littéralement obligée de tourner avec un flingue sur la tempe.…

L’Incorrect
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