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Caligula ou la fin du «cinéma d’exploitation»

Comme tous les films à l’ambition démesurée et au destin rocambolesque, Caligula est d’abord un rêve de producteur. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du sulfureux Bob Gucionne, magnat de la presse érotique devenu milliardaire en quelques années grâce à la création de Penthouse, magazine qui se targuait de marcher sur les platebandes de Playboy avec un érotisme plus frontal et des articles axés sur les scandales et le journalisme gonzo. Au milieu des années 70, Guccione est en pleine ascension et il entend bien laisser sa marque également dans le monde du cinéma. Il place ses premières billes en coproduisant Chinatown, film-somme où Polanski évoque les origines occultes de Los Angeles.

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Mais Guccione veut frapper plus fort: profitant de la libération des mœurs et du succès stratosphérique des films « porno sof » en salles, il compte produire le premier film à gros budget ouvertement érotique.…

Anouk Aimée : un destin français

Anouk Aimée, c’est encore Federico Fellini qui en parle le mieux. D’ailleurs, ce sont les Italiens, comme souvent, qui ont su capter le meilleur de l’actrice française – à l’instar de Macha Méril, Catherine Deneuve ou Françoise Fabian, particulièrement étincelantes sous les projecteurs de la Cinecitta.

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Pour Fellini, Anouk Aimé était l’étoffe des grandes stars hollywoodiennes : il la comparaît volontiers à Garbo et Crawford, pour cette façon qu’elles avaient d’aspirer le vide autour d’elle afin de le transformer en lumière. Une définition parfaite du cinéma, dont l’actrice serait le vecteur idéal. Anouk Aimée, ou la “beauté du geste” avait ce quelque chose d’irrésolu sous les yeux charbonneux et sous la carnation, qui est l’essence des divas. 

Enfant de la balle 

Née Françoise Dreyfus, c’est une enfant de la balle, fille d’un couple de comédiens juifs qui doivent fuir la Débâcle pour s’installer en Charente.…

[Cinéma] Hors du temps : César du comique involontaire
Le fringant sexagénaire raconte son confinement avec son frère Michka et leurs jeunes compagnes respectives, non pas dans un 30 m2 à Belleville au-dessus de prostituées chinoises contraintes d’exercer, mais dans la maison préservée de leurs parents, quelque part dans la verte et apaisante campagne de la vallée de Chevreuse. Idéal pour faire du jogging, jouer au tennis, cueillir des cham- pignons ou discuter avec l’âme-sœur des fascinants replis de son âme d’artiste [...]
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Waterloo, 18 juin 1815 : le jour rouge

Au printemps 1815, la facilité avec laquelle Napoléon conquiert la France n’est égalée que par la détermination des Alliés à l’en déloger. Le premier mars, il débarque depuis l’île d’Elbe au golfe Juan, le 20 il s’installe aux Tuileries. Cinq jours plus tard, les grandes puissances européennes créent déjà de toute urgence une alliance contre lui. Alors que Napoléon consolide avec difficulté son pouvoir dans l’Hexagone, les troupes alliées se retournent vers ses frontières. Si leur supériorité numérique est écrasante, elles sont encore loin, la plupart d’entre elles en mesure d’atteindre la France seulement courant juillet. Seuls les Prussiens de Blücher et les Anglo-Hollandais de Wellington sont proches, en Belgique. Napoléon, fidèle à l’audace et à la vivacité dont ont été tissés ses exploits, décide d’en profiter et fonce début juin sur le plat pays pour remporter une victoire décisive qui stupéfierait le concert européen et le pousserait à négocier. À la tête d’un peu plus de cent mille hommes, il défie les deux généraux dont les armées sont deux fois plus nombreuses.…

« Elles vécurent heureuses » : si ce n’est toi, c’est donc ta sœur
La sororité, c’est la nouvelle tarte à la crème du néo-féminisme: si les femmes ne peuvent pas se blairer, c’est la faute des hommes. C’est la faute d’une culture patriarcale, qui les aurait placées depuis toujours en rivales. Pour aller contre, il faut désormais huiler les mécanismes du col- lectif dans un entre-soi réconfortant. Parce que la grande idée du bien commun a été pulvérisée par la révolution antichrétienne, il ne reste que de petits vivre-ensemble, que des îlots communautaires où les fragilisés se protègent, finalement... de l’adversité.
© Daniel Maghen. Ed
Fournier : mémoires émues

Voilà que Fournier, qui reprit Spirou des mains de Franquin, nous livre ses mémoires. Il jette sur le papier, avec un style un peu assagi (il a 80 ans) limpide, coloré et léger, quelques étapes décisives : le jour où Dupuis l’a trahi en lui reprenant Spirou, qu’il avait fidèlement servi, des blagues de potaches avec Tillieux et Berck, qui ont cette saveur incomparable des histoires nulles racontées avec la ferveur des amitiés qui survivent à la mort, une séance de dédicace épique dans une caravane gelée à cause de la mesquinerie d’EDF… Noël en auto, qui fait partie des premières pages, a une qualité de narration remarquable sans doute parce que Fournier y montre son imagination en action en restituant l’intensité des souvenirs d’enfants.

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Fournier est breton, perdu dans ses rêves, à cheval entre la Bretagne (il lui rend hommage avec L’Ankou, récit tragi-comique d’un fest-noz à Bomeur) et le réel, entre l’amour du métier et la nécessité de vendre.…

La Culotte d’Anouilh : les dessous chics
Crée en 1978, trois ans après l’année internationale de la femme proclamée par l’ONU, il nous semble pourtant que La Culotte (puisqu’il s’agit de son titre) a été écrite hier. Jugez par vous-même de l’argument : après une révolution féministe, les hommes sont surveillés de près. Gare à celui qui ferait preuve de courtoisie, de galanterie ou pire de gauloiserie. C’est dans cet univers que nous suivons les tribulations de Léon, journaliste au Figaro et académicien qui a été convaincu d’un crime abominable : il aurait fait un enfant à la bonne. En attendant son procès, dont l’issue serait l’émasculation, le voilà enchaîné au poteau de torture par son épouse, Ada, virago et soutien zélée de la révolution, membre du comité central des femmes libérées du 16e arrondissement, qui le force à faire son auto-critique phallocratique quotidienne.
[Cinéma] Vas-tu renoncer ? : Manet, Baudelaire & Bodet
Et si on était gentil pour changer ? Et si on pouvait croire un temps en l’amendement de la nullité ? Autrice de Porte sans clef, l’un des pires films de l’histoire de la conscience, Pascale Bodet a vu la lumière, ou du moins un lumignon, avec Vas-tu renoncer ? Soit l’amitié aigre et avortée entre Charles Baudelaire et Edouard Manet transposée aujourd’hui dans le style fantaisiste de Serge Bozon & Cie, entre Jean-Pierre Mocky et Eugène Green, avec un doigt de Palettes, la série qui auscultait les chefs-d’œuvre [...]

L’Incorrect

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