
Qui est ce prof de lettres avachi dans le fauteuil d’un grand salon, que l’on voit feuilleter de vieux dossiers, écouter de la musique au casque ou se contorsionner, hanté par les démons d’un passé douloureux ? Mais Don Quichotte, bien sûr ! Tel est le « chevalier de la longue figure » dans la dernière mise en scène parisienne de Damiano Michieletto, malgré tout plus fidèle au roman de Cervantès qu’au livret d’Henri Cain (1910). De cette adaptation (directement tirée d’une pièce de Jacques Le Lorrain), Massenet appréciait surtout que la belle Dulcinée soit élevée du statut de créature rêvée à celui de personnage réel, dont il hésitait même à faire la véritable protagoniste de l’opéra. C’est à l’opposé que se dirige le metteur en scène italien : presque rien n’existe en dehors de l’imagination blessée d’un héros à bout de souffle – même sa bien-aimée.
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Quel que soit le bien-fondé du propos, et la qualité impeccable de sa réalisation – des jolis costumes années 1960 aux élégants décors modulables, aux lumières parfaitement en phase avec la musique – le spectacle suscite plus d’admiration que d’émotion.…








