
Le film a tout de la fausse bonne idée : filmer Béatrice Dalle sur les traces de Pasolini, « l’homme de sa vie », depuis le Frioul, sa région natale, jusqu’aux ruines du village de Matera où furent tournées les scènes les plus marquantes de L’Évangile selon saint Matthieu. On a peur que l’actrice ouvre sa gueule, que le noir et blanc charbonneux ne nous épargne aucune crevasse de son visage ravagé par les excès. Et c’est le cas pendant la première scène… jusqu’à ce que le miracle se produise. La star infatuée se transforme en petite fille silencieuse, bouleversée et bouleversante, toujours au bord des larmes à l’évocation du réalisateur transalpin. Et le périple touristique devient odyssée intérieure, comme si Béatrice Dalle se rappelait peu à peu tout ce qu’elle devait à Pasolini, au Christ et à l’Italie, jusqu’à ce plan final magnifique où elle fait face à une inoubliable actrice de L’Évangile, soixante ans après, comme si le cinéma lui-même se regardait au fond des yeux.…








