
Culture


Alléluia
Pas là pour rigoler. Un mellotron comme dans Strawberry Fields Forever se lance, mais plutôt dans le genre Xanax Fields Forever. Malsain à souhait. La voix de Grian Chatten est une bourrasque d’angoisse enragée. Tu nous avais manqué, lad. Un flow presque hip-hop 90’s, une guitare qui semble sortie d’un western horrifique d’un Tarantino oublié. Mais bon Dieu, qu’est-ce que c’est que ce truc ? Certainement le titre le plus puissant du mois, sans discussion possible (Taylor Swift, je t’aime bien, mais…). Ne parlons pas non plus du clip incroyable, aussi excellent que fou, et qui donnerait l’impression que David Lynch a filmé une bande d’Irlandais façon Trainspotting dans un décor à la Ken Loach. Breathless, comme ils disent. Il est sans doute temps d’avouer que Fontaines DC sont devenus les maîtres du monde du rock indie. Qu’on le veuille ou non. Et ce n’est peut-être que le début: alléluia !…

On avait toujours cru Wagner l’incarnation du génie romantique, titan sans racines terrestres, venu d’un autre monde pour servir sa muse et bâtir un art nouveau. Un mythe que lui-même aimait à alimenter, avec un succès formidable. Il est temps d’ouvrir les yeux, au risque d’une cruelle déception : le maître de Bayreuth est lui aussi un enfant de son siècle. Sa musique est baignée d’influences multiples et, contre toute apparence, doit beaucoup à ses prédécesseurs. Pas seulement à Beethoven, Weber ou autres fondateurs de l’opéra allemand, ni à ce Marschner, aujourd’hui oublié, dont il prendra un thème de la « Walkyrie ». Mais aussi aux artisans du grand-opéra français, y compris Meyerbeer, que le compositeur de Tannhäuser, à l’humilité moins éclatante que son talent, aura autant méprisé en paroles qu’émulé en actes.
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Et l’ascendance de Wagner remonterait jusqu’à Rossini, selon Michael Spyres – le ténor caméléon au répertoire sans limites – qui dans son dernier album, consacré aux sources (plus ou moins) cachées de Wagner, inclut l’air de Leicester dans « Elisabetta, regina d’Inghil- terra », une preuve de plus de sa virtuosité surnaturelle (avec un saut de presque trois octaves !).…

Alchimie noire
En dépit de la noirceur abyssale qui caractérise le son des Parisiens, la sortie d’un nouveau disque de Frustration est toujours un événement à marquer d’une pierre blanche. Suite logique de son prédécesseur sorti en 2019 (So cold streams), ce cinquième album n’a pas pour vocation de révolutionner le genre. Fidèle à ses racines, le groupe mêle comme à son habitude des sonorités synthétiques typiques de la musique industrielle avec l’énergie dévorante du post-punk et la beauté décadente de la new wave. L’ombre de Warsaw (formation culte des années 70 qui a donné officiellement naissance à Joy Division) plane encore et toujours sur leur musique, comme en témoigne l’analogie quasi parfaite entre la voix du chanteur Fabrice Gilbert avec celle de Ian Curtis sur certains morceaux. Flirtant avec les sonorités futuristes de l’EBM (Electronic Body Music) comme sur le titre « Riptide », les Parisiens marchent également dans les pas des Rennais de Marquis de Sade lors – qu’ils chantent en français.…


Hartmut Rosa remonte aux origines d’un genre, le heavy metal, dont le nom fut forgé par le pape de la beat generation William Burroughs avant de se hisser rapidement au rang de l’une des premières musiques populaires dans les années 70, ce qui explique sans doute le mépris que lui vouent encore aujourd’hui les élites.
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Partant de son expérience d’adolescent découvrant avec candeur la magie luciférienne des riffs distordus de Black Sabbath ou de Deep Purple, le penseur allemand développe la théorie selon laquelle écouter du metal serait avant tout une expérience physique et sensorielle ayant pour but de combler le vide existentiel laissé béant par les exigences de la vie moderne.
Confusions religieuses
Conscient qu’il est vain d’entreprendre l’exégèse d’une musique qui flirte souvent avec les clichés, l’auteur rappelle que – s’il peut être considéré à bien des égards comme un enfant du romantisme littéraire – le métal n’a pas pour vocation d’élaborer des concepts ou des théories complexes.…


L’Incorrect
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