
Un fantasme littéraire
PAX, GRÉGOIRE POLET, Gallimard, 448 p., 23,50 €
La conférence de paix à Paris, en 1919 en présence du président américain Thomas Woodrow Wilson qui en profite pour jeter les bases de la Société des Nations, voici l’événement axial autour duquel ce livre non seulement tourne, mais virevolte avec une grâce évidente. C’est que le projet de Polet est assez singulier : embarquer son lecteur avec lui dans l’Histoire et s’y promener comme l’on passerait d’une pièce à l’autre dans un espace où toutes les époques pourraient coexister, en somme, y circuler comme dans un livre écrit par un autre que notre écrivain pourrait lui-même réécrire ou coécrire avant de couper net pour revenir dans son bureau et nous excuser de devoir amener ses enfants à l’école. Polet réalise une espèce de fantasme démiurgique et littéraire, nous traînant au fil de ses phrases dans le crâne de Goya ou la chambre où Marcel Proust écrit, nous présentant l’arrivée des ministres étrangers à Paris ou repartant au lendemain de la défaite française de 1870.…








