
Jusqu’à son nom – qui sonne comme le héros d’une de ces vieilles BD franco-belges, type Gilles Jourdan ou Ric Hochet – le québécois Marc Sinclair a quelque chose de délicieusement suranné, à contre-courant de son époque. Peut-être est-ce sa façon de prendre son temps pour chaque réponse, ou de vous fixer sans ciller – non pour l’évaluation froide des entrepreneurs, mais bien pour tenter de raccourcir l’abîme qui s’installe parfois entre un romancier et son interlocuteur. Tout ce qu’on saura de Marc Sinclair – probablement un pseudonyme – c’est ce qu’on trouvera dans ce premier roman. Et c’est déjà beaucoup, tant l’auteur s’y dévoile. Alors, ce Suicide d’une masculinité toxique serait-il le portrait en creux d’un romancier en cavale, ou une de ces énièmes autofictions laborieuses qui encombrent les têtes de gondole ? Nous pencherons plutôt pour la première réponse : Suicide n’est pas tant une fiction sur le « je » qu’une confession, avec tout ce que le terme peut comporter à la fois de noble et de trivial.…








