C’est Bernard Quiriny qui a fait porter mon attention sur cette polémique minime, mais significative, au sujet du premier roman de Julie Héraclès, Vous ne connaissez rien de moi, publié chez Lattès en cette rentrée. Rétrospectivement, c’était Héraclès qui semblait ne rien connaître de son héroïne, ou plutôt faire comme si elle n’en connaissait rien. En effet, celle-ci, dans son roman, donnait la parole à la « tondue de Chartres », une femme photographiée par Robert Capa en août 44, son bébé dans les bras, crâne rasé, croix gammée au front et escortée par des policiers et une foule qu’on n’imagine pas franchement compatissante. Dans son livre, le lecteur la découvrait hésitante, peu politisée, copine avec des juives, seulement tombée amoureuse d’un bel officier allemand par hasard.
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Et la foule d’humilier une innocente et l’autrice de sauver son honneur, incarnant la vérité littéraire contre la rumeur publique et les raccourcis des circonstances.…