
À la fois compositeur, acteur et réalisateur, Bertrand Bonello est un outsider du cinéma français, un franc-tireur qui se réinvente à chaque film et creuse le sillage d’une œuvre exigeante, aussi littéraire que puissamment scopique. Cultivant une inquiétude métaphysique qu’il met au cœur de ses images – des images faites de présages, de pressentiments, comme si le cinéma, au fond, était l’écrin d’un accident originel, cet accident intégral cher à Paul Virilio et que l’humanité aurait pour lourde charge de « ré-habiter ». « A woman in trouble » (« Une femme en danger ») : David Lynch résume ainsi la plupart de ses films. On pourrait adresser au dernier Bonello la même accroche : Léa Seydoux, de tous les plans, y incarne une femme en danger, un danger si puissant que son destin se divise, se fractalise, presque, entre les époques, comme incapable de contenir la menace.
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Une femme-cinéma, en quelque sorte, comme l’était déjà Louise Labèque dans son précédent film, l’héroïne de Coma, une adolescente vampirisée par les écrans-gigognes et les réseaux sociaux.…








