
D’Ernest Hello, on retient surtout l’image qu’en brossèrent certains de ses plus illustres contemporains, comme Léon Bloy ou Joris Karl Huysmans. Dans À rebours, le héros huysmansien pose d’ailleurs sur l’œuvre du Breton un regard plutôt critique, l’assimilant volontiers à un « fanatique religieux » qui « pontifiait et vaticinait du haut d’un rocher fabriqué dans les bondieuseries de la rue Saint-Sulpice ». Il faut dire qu’Ernest Hello fait figure d’anomalie, même dans le singulier paysage littéraire français du XIXe siècle. C’est presque un météore venu d’un temps passé, féodal, qui observe avec un mépris total les turpitudes de son temps, vomissant une époque régicide où fermentent la vulgarité, l’amour de l’argent et le scientisme aliénant. Même Léon Bloy, ce doloriste qui passa sa vie en lamentations à biffer ses propres chances de réussite à coups d’invectives, voit en Hello un martyr : « Peu d’écrivains illustres furent, autant que cet obscur, coupés en morceaux.…








