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Des marxistes au wokisme

Le wokisme n’est-il qu’une version rajeunie de la tournure d’esprit du communisme, dont il recycle les ressorts et attitudes – culte de la pureté, fureur de dénoncer et d’excommunier, manichéisme, foi dans un sens de l’histoire ? Thierry Wolton publie aujourd’hui Penser le communisme, court essai qui conclut son cycle de travaux sur le sujet (notamment son Histoire mondiale du communisme en trois tomes). […]

Lire aussi : Wokisme et mécanique révolutionnaire

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Éditorial essais de novembre : Éloge de la télévision

On peut remonter le fil de l’histoire afin de dater à quel moment les choses ont commencé à vriller, à quel instant nous sommes sortis d’un âge d’or dont, délivrés de nos rêveries réactionnaires, on sait pourtant bien qu’il n’a jamais existé puisqu’ici-bas tout a toujours été foutu d’entrée. Nous n’ignorons donc pas que depuis la Faute tout se passe très mal, que rien ne va et que, si ça va, ça ne devrait pas, selon toutes probabilités, durer très longtemps. Il n’empêche que, lorsqu’on touche le fond, on peut toujours continuer à creuser et que durant cette longue chute sans direction qui figure l’histoire des hommes tout n’a pas toujours été aussi pire qu’à présent, si bien que face au pire d’aujourd’hui on finit par éprouver la nostalgie du pire d’hier.

Tout compte fait, la télévision tant honnie jadis si justement s’avéra l’endroit où s’ébauchaient les prémisses du débat nécessaire à l’exercice de la démocratie

Ainsi, la télévision, gigantesque machine à sidérer, qui a envahi l’intimité des Français au mitan du siècle dernier pour s’impatroniser arbitre des élégances dans les années 1980, avec en tête de gondole l’infâme Canal +, apparaît désormais face au monstrueux internet comme l’endroit du temps long, celui du débat et de la réflexion, l’instrument de ceux que la modernité n’a pas encore complètement dévorés.…

Christian Authier : « Je préfère Toulouse »

Aussi loin que je me souvienne, Toulouse a tenu une place à part dans nos aventures littéraires et culinaires. Elle doit cette position privilégiée à un ami, l’écrivain et journaliste Christian Authier, qui depuis près de 20 ans nous régale de ses romans et ses essais mélancoliques et chaleureux. Il a déjà été récompensé par le prix Roger-Nimier, le prix Renaudot essai et vient de recevoir celui des Hussards pour son dernier roman, Demi-siècle (Flammarion). Avec une belle constance, il maintient ses compagnons de route dans un état permanent de drôlerie et de nostalgie des équipées sauvages menées à grand renfort de vin naturel et de phrases définitives. Grâce à lui nous aurons partagé des verres entre la Garonne et le canal du Midi avec Yves Camdeborde, Gérard Guégan, Sébastien Lapaque, Bruno Verjus… Grâce à lui nous aurons collectionné les bonnes adresses de la Ville rose au fil de ses chroniques dans L’Opinion indépendante. […]

Le dynamisme de cette ville présente un revers à sa médaille?: les travaux d’aménagement du centre-ville ont manqué changer son âme

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Ferdinand Tönnies, penseur de la communauté

Il est des mots élémentaires de l’imaginaire de droite qui s’en sont trouvés chassés, quand ils n’ont pas complètement atterri dans le camp d’en face. La diversité, en ce qu’elle suppose le respect des identités et des traditions qui jonchent de part en part la Création, est l’un d’eux. La communauté en est un autre : bien qu’historiquement piégée par la matrice jacobine qui a irradié tout semblant de vie s’interposant entre l’individu et l’État, et désormais carrément péjorative à cause de l’immigration et des communautarismes sécessionnistes qu’elle secrète, la communauté – du moins telle que conceptualisée par le sociologue allemand Ferdinand Tönnies – charrie une anthropologie et un rapport au cosmos consubstantiels au conservatisme.

Né en 1855 de riches fermiers dans le Schleswig-Holstein, Tönnies étudie la philosophie avant de devenir, à Kiel, un professeur au piètre succès?: en 1883, il ne lui reste qu’un seul élève ! Pour avoir soutenu la grève des dockers, le pouvoir conservateur freine d’ailleurs sa carrière. Le sociologue décide alors de se retirer et publie en 1887 Gemeinschaft und Gesellschaft (Communauté et société). L’ouvrage n’a pas plus de succès que ses cours, et il lui faudra attendre la troisième édition en 1912 pour voir sa réputation bondir, au point d’être considéré comme l’un des pères fondateurs de la sociologie allemande. Entretemps, et bien que contemporain des géants Max Weber et Werner Sombart, c’est à lui qu’a été confiée la présidence de la naissante Société allemande de sociologie en 1909, jusqu’à ce que les nazis l’en écartent en 1933. Il s’éteint trois ans plus tard.

Lire aussi : Antonio Gramsci, réquisition générale

Originaire d’un milieu rural, il a assisté au délitement des structures sociales traditionnelles sous les coups de l’individualisme et de l’industrialisation, et a cristallisé ce bouleversement sans précédent des rapports sociaux par la distinction tout à fait essentielle entre communauté et société. Son point de départ est psychologique et sa finalité sociale : il existe chez l’homme deux types de volonté, dont la mise en action débouche sur deux modes d’agencement des relations humaines. [...]

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Église contre État
Spécialiste de la question théologico-politique, le philosophe Bernard Bourdin présente l’une des plus célèbres controverses intellectuelles du XXe siècle dans un ouvrage fort intéressant qui, après une copieuse mais savante introduction, confronte Le Monothéisme comme problème politique d’Erik Peterson au Catholicisme romain et forme politique de Carl Schmitt, comme deux propositions faites à l’épineuse mais éternelle question du rapport entre catholicisme et politique. Pour le premier, célèbre théologien, le catholicisme forme une polis exclusive qui, en prolongeant le Christ, et du fait du dogme trinitaire et de son eschatologie, n’a pas vocation à légitimer quelque ordre politique que ce soit : la foi reste indemne de toute politisation. [...]
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La fille aînée de l’Église n’a pas dit son dernier mot : entretien avec Guillaume Cuchet

Votre précédent ouvrage mettait en lumière une transmission de la rupture plus qu’une rupture de la transmission. En quoi le décrochage actuel est-il inédit ?

Je n’ai pas souvenir de cette formule précisément. L’ouvrage était centré sur le palier de rupture des années 1960-1970 dans l’Église. Ce n’est pas la première fois qu’elle connaît en France un décrochage de ce type. Elle en a connu un équivalent en proportion, même si les causes étaient différentes, au moment de la Révolution. La particularité du décrochage actuel est qu’il dure et qu’on en est désormais à la troisième, voire la quatrième génération du décrochage. Ce ne sont plus des décrocheurs auxquels on a affaire, mais des décrochés, qui ont reçu la rupture en héritage. Au lendemain de la Révolution, l’Église de France a pu colmater la brèche et contenir la rupture dans ce que les sociologues ont appelé le « troisième cercle de la pratique », celui de la sacramentélisation des principaux rites de passage de l’existence (baptême, communion, mariage, obsèques). Pratiquement personne n’en était encore sorti au début des années 1960. Les spécialistes estimaient à 3 % seulement le nombre des Français d’ascendance catholique à n’avoir plus aucun lien avec l’Église. Désormais, ils représentent sans doute près de la moitié des Français.

Vous dressez un inventaire du catholicisme contemporain. Quels sont vos critères d’évaluation : foi dans les dogmes, pratique du culte, culture familiale et sociale, identité ?

Ce n’est pas un inventaire systématique. Simplement l’analyse d’un certain nombre de tendances spirituelles contemporaines, qui me paraissent généralement avoir été sous-estimées dans la recherche universitaire. Cela dit, les critères sont bien, pour une part, ceux que vous indiquez. L’important pour l’historien est de faire jouer les échelles de temps, comme on fait coulisser des décors dans un théâtre, pour voir ce que la mise en perspective dans le temps long, moyen et court, change à la signification de la situation présente. […]

64 % des jeunes Français ne se reconnaissaient plus aucune identité religieuse. C’est un événement majeur qui introduit dans notre histoire philosophico-religieuse une inconnue formidable

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Perseverare diabolicum : aux frontières de la rationalité
Vincent Berthet, docteur en sciences cognitives, signe ici un ouvrage clair et synthétique sur la rationalité humaine et ses limites. Il y partage un certain nombre de clefs de compréhension du cerveau humain, et recense une bonne partie des biais cognitifs qui limitent notre rationalité. Les exemples clairs et nombreux permettent une lecture facile et une vraie plongée dans l’univers des heuristiques et des statistiques mal interprétées par notre cerveau. Loin de condamner la rationalité, ce concept de « rationalité limitée » replace nos capacités cognitives dans une perspective évolutionniste. Ces biais existent parce qu’ils ont une fonction adaptative : ils permettent dans un certain nombre de situations complexes d’être efficaces. [...]
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Unamuno : méditations madrilènes

Aphorismes et définitions ne contient ni aphorismes, ni définitions : il s’agit du titre donné par Unamuno à une série de courts articles parus en 1923 dans le supplément culturel du quotidien madrilène El Imparcial, inédits en français. « Il existe deux catégories d’imbéciles : les répéteurs, qui répètent les imbécillités courantes, les imbécillités des autres, et les initiateurs, qui en inventent de nouvelles ». […]

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