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Ferdinand Tönnies, penseur de la communauté

Galvaudé de nos jours à cause de l'immigration, le beau mot de « communauté » a trouvé le siècle dernier toute sa force conceptuelle dans les travaux du sociologue allemand Ferdinand Tonnïes, qui y voyait un mode d'organisation traditionnel des relations sociales, opposé à la « société » individualiste et libérale.

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© DR

Il est des mots élémentaires de l’imaginaire de droite qui s’en sont trouvés chassés, quand ils n’ont pas complètement atterri dans le camp d’en face. La diversité, en ce qu’elle suppose le respect des identités et des traditions qui jonchent de part en part la Création, est l’un d’eux. La communauté en est un autre : bien qu’historiquement piégée par la matrice jacobine qui a irradié tout semblant de vie s’interposant entre l’individu et l’État, et désormais carrément péjorative à cause de l’immigration et des communautarismes sécessionnistes qu’elle secrète, la communauté – du moins telle que conceptualisée par le sociologue allemand Ferdinand Tönnies – charrie une anthropologie et un rapport au cosmos consubstantiels au conservatisme.

Né en 1855 de riches fermiers dans le Schleswig-Holstein, Tönnies étudie la philosophie avant de devenir, à Kiel, un professeur au piètre succès?: en 1883, il ne lui reste qu’un seul élève ! Pour avoir soutenu la grève des dockers, le pouvoir conservateur freine d’ailleurs sa carrière. Le sociologue décide alors de se retirer et publie en 1887 Gemeinschaft und Gesellschaft (Communauté et société). L’ouvrage n’a pas plus de succès que ses cours, et il lui faudra attendre la troisième édition en 1912 pour voir sa réputation bondir, au point d’être considéré comme l’un des pères fondateurs de la sociologie allemande. Entretemps, et bien que contemporain des géants Max Weber et Werner Sombart, c’est à lui qu’a été confiée la présidence de la naissante Société allemande de sociologie en 1909, jusqu’à ce que les nazis l’en écartent en 1933. Il s’éteint trois ans plus tard.

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Originaire d’un milieu rural, il a assisté au délitement des structures sociales traditionnelles sous les coups de l’individualisme et de l’industrialisation, et a cristallisé ce bouleversement sans précédent des rapports sociaux par la distinction tout à fait essentielle entre communauté et société. Son point de départ est psychologique et sa finalité sociale : il existe chez l’homme deux types de volonté, dont la mise en action débouche sur deux modes d’agencement des relations humaines. [...]

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