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Le tarabiscot est-il de droite ?
L’Union européenne a prévu d’obliger les éditeurs à indiquer quelles parcelles boisées ont servi à fabriquer les papiers sur lesquels est imprimé le livre d’Annie Ernaux que vous venez d’acheter (mais pourquoi?!). C’est une entreprise impossible, même à coups de QR codes, mais rien n’arrête les zélotes de la transparence (sinon la protection des turpitudes d’Ursula von der Leyen – mais c’est une autre histoire). Comment en est-on arrivé à une interprétation aussi aberrante de l’intérêt général? Pourquoi sécréter une législation aussi contraignante visant à transformer le moindre objet manufacturé, transformé, vendu, en catalogue exhaustif de ses composants – en attendant que s’y ajoute l’intégralité des biographies normées de ceux qui ont contribué à sa fabrication et à sa diffusion? D’où vient ce vertige de plumitifs amoureux des inventaires? Du goût de la complication [ ... ]
Le Valstarino
Parmi les nombreuses questions qui traversent l’esprit du flâneur à Rome, quelque part entre le Colisée et le Forum, il y a celle-ci: qu’est-ce qui a bien pu se passer? On connaît la tendance sur X, qui consiste à demander aux hommes combien de fois par semaine ils pensent à l’Empire romain. Je pense que cela nous a permis de nous apercevoir que nous n’étions pas seuls. L’Empire romain est une sorte d’obsession familière pour beaucoup de monde, comme en filigrane. C’est le souvenir de ce que nous, les Occidentaux, avons été; la nostalgie de la grandeur et de la beauté, et du courage aussi; la conscience que la nature humaine, avec ses scandales politiques, ses blagues de cul et, in fine, sa faiblesse devant les barbares, n’a pas changé; et puis il y a tout un paysage esthétique, à base de cyprès, pins parasols, atriums, tuiles rouges et bords de mer [ ... ]
Le seersucker, uniforme de la dolce vita
Les beaux jours vont arriver ( enfin, cela ne devrait plus tarder maintenant ). Avec le réchauffement et tout ça il est probablement temps de sortir à présent des trucs qui ne donnent pas trop chaud : un costume en lin tabac par exemple, ou un solaro beige avec ses inimitables reflets rouges ; des espadrilles (dans lesquelles, contrairement à ce que chantaient les Nuls, on n’a jamais l’air d’un con), et puis une paire de lunettes de soleil pour mater en terrasse... et pourquoi pas, donc, du seersucker, sous toutes ses formes et dans toutes ses couleurs (enfin les couleurs, c’est vous qui voyez).
Les menhirs sont-ils de droite ?
Quand j’étais petit, nous allions en vacances à Locmariaquer. Plusieurs années durant, nous contemplâmes le Grand Menhir brisé, les alignements de Carnac et la Table des Marchands. Quand je me suis rendu compte qu’il y en avait aussi dans le Morvan et en Lozère, j’ai trouvé ça scandaleux. On ne parlait pas encore d’appropriation culturelle à l’époque mais je n’étais pas loin d’imaginer que de détestables notables morvandiaux avaient forgé, si j’ose dire, ces menhirs-pas-bretons et ces légendes locales suspectes pour attirer le chaland. Je les méprisais avec ostentation et les promenades vers ces pierres frauduleuses étaient vécues comme de diaboliques tentatives de me faire embrasser le mensonge. Je résistais.
La boxe et le MMA étranglés par la bureaucratie

Les États-Unis et la Turquie ont un État profond centré autour de leur lobby militaro- industriel respectif. Assez classe ! On dit que l’Algérie souffre du même mal mais sans l’industrie.

En France, on descend encore d’un cran. Car l’État profond français, c’est sa bureaucratie. Ses inspecteurs des finances. Règlements. Stipule. Je soussigné. Chefs de service. « Vous m’enverrez votre rapport, Lambert ». La seule véritable mafia française ! Et puisque le virus bureaucratique est partout, le monde des sports de combat souffre également de l’infection. Aux Cerfa et aux documents requis et contresignés.

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Car quand un jeune rentre dans un club de boxe anglaise, c’est souvent pour bien se foutre sur la gueule mais avec des règles. La Fédération française de boxe a ainsi mis en place tout un tas d’obligations de respect et de savoir-vivre (saluer l’adversaire, les arbitres, etc.),…

Le retour de la grande absinthe

Au village, sans prétention, j’ai mauvaise réputation » chantait Georges Brassens. Une ritournelle qui colle à l’absinthe depuis un siècle. Faisant l’unanimité dans la dénonciation, les braves gens qu’ils soient puritains, vignerons et même sportifs s’évertuent à entretenir l’opprobre. L’absinthe demeure dans l’imaginaire collectif un alcool qui retourne le cerveau. C’est elle qui a transformé Verlaine en loque et détruit la vie de Gervaise, héroïne de L’Assommoir de Zola. À croire que son interdiction en 1915 a mis fin à l’alcoolisme en France. Que nenni !

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Les raisons de son bannissement sont moins nobles et plus économiques. Suite à la crise du phylloxera en 1880, l’absinthe est devenue la reine des apéritifs. Pour les autorités, il ne s’agit donc pas simplement de lutter contre l’alcoolisme, il faut aussi relancer la production de vin. Résultat : dans les tranchées de la Grande Guerre, les poilus se donneront du courage avec des quarts de vin et non d’absinthe.…

Is « doudoune sans manches » the new « veste en tweed » ?

Depuis Martial (Epigrammes, XII), on connaît l’expression « rus in urbe » (qu’on peut traduire par « campagne en ville »). Le poète latin d’origine espagnole commençait par regretter l’agitation et le bruit de la ville, puis s’extasiait sur la villa de son patron Sparsus. Située au sommet de la colline, silencieuse et spacieuse, avec son grand parc et le calme de ses allées, c’était un luxe ultime : le meilleur des deux mondes, la campagne à la ville. L’expression a connu une certaine fortune depuis, cette fois dans l’univers sartorial.

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La pratique du rus in urbe, qui consiste à associer des pièces faites pour les champs à un train de vie citadin, est une vieille astuce qui peut vite tourner à la frime si c’est mal fait. Les Italiens portent des manteaux en casentino, une laine boulochée faite pour les bergers et pour les monastères franciscains (ou même, comme Agnelli, des bottes de montagne avec des pantalons de flanelle) ; les Français ont leurs vestes forestières de chez (feu) Arnys, inspirées des uniformes de garde- chasse ; les Américains utilisent les manteaux de polo (en poil de chameau), initialement prévus pour rester au chaud entre deux matchs, pour faire les malins à Wall Street ; et les Anglais, bien sûr, mettent des Barbour hors d’âge par-dessus des costumes rayés.…

[Reportage photo] Les fêtes de la terre

Vincent Léglantier est le président de l’association des vignerons du Sézannais (Champagne Sud). Le chef d’entreprise est à la tête d’une équipe de dix bénévoles pour organiser la fête de la Saint-Vincent 2024. « Je suis le seul homme de l’équipe, se réjouit Léglantier. La Champagne est la région viticole de France où le métier de vigneron se féminise le plus. » Si la présence du sexe faible égaye notre président vigneron, point de vue mobilisation des jeunes, c’est moins rose. « Nos participants sont de plus en plus âgés. Les jeunes vignerons sont peu intéressés par l’action collective et les traditions » se désole Léglantier. « Il y a vingt-cinq ans, lorsque j’étais gosse, nous étions cent participants dans notre village de Saudoy. Aujourd’hui pour atteindre ce chiffre, nous devons nous réunir à cinq communes. »

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Chaque année en Champagne, le rituel séculaire est identique.…

L’Incorrect

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