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« Ladies and gentlemen » trop discriminatoire : un naufrage civilisationnel

Tempête dans une tasse de thé : au Royaume-Uni, la compagnie ferroviaire de la London North Eastern a dû présenter ses plus plates excuses à un usager, heurté d'avoir entendu une annonce à bord d'un train commençant par « Good afternoon, ladies and gentlemen ». Sky, my husband, comme aurait dit l’ami Jean-Loup Chiflet.

La formule n’était pas assez inclusive, une séance d’auto-critique en bonne et due forme a donc été de mise sur les réseaux sociaux. « Je suis vraiment désolé de voir cela, notre personnel à bord ne devrait pas utiliser un langage comme celui-ci » a répondu le community manager de la compagnie, inondant son clavier de sanglots. Heureusement qu’Hitler n’avait pas la télévision, et que Staline ne connaissait pas Twitter.

Sous couvert d’inclusivité, c’est en fait la courtoisie et l’élégance des manières qui disparaît, au profit d’une brutalisation des rapports, simplifiés à l’extrême, débarrassés de toutes les représentations culturelles polies par les ans et transmises par l’ancienneté de notre civilisation

L’usager justifie ainsi sa plainte : « En tant que personne non binaire, cette annonce ne s'adresse pas à moi ». Nous pouvons faire confiance à la direction de la responsabilité sociale de la LNER pour réfléchir à une formule qui puisse correspondre aux standards de l’inclusivité. Nous lui suggérons d’adopter un sobre mais efficace « Hi ». [...]

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Les socialistes espagnols mettent le feu à Ceuta

Des milliers de Marocains ont pénétré dans Ceuta – les Marocains disent Sebta, l’une des deux enclaves espagnoles d’Afrique du Nord, rattachée à Madrid depuis 1580 (et auparavant portugaise depuis 1415) et relevant de ce fait de l’Union européenne et, avec des règles spécifiques, de l’espace Schengen. Cette situation est la conséquence directe du jeu trouble du pouvoir socialiste espagnol. Ce dernier a provoqué la plus grave crise diplomatique entre Madrid et Rabat depuis 2002 en accueillant (sous un prétexte humanitaire) près de Saragosse, Brahim Galhi, âge de 75 ans, qui n’est autre que le chef de la rébellion armée du Polisario qui s’oppose depuis 1975 à la souveraineté légitime du Maroc sur ses provinces sahariennes. Il s’agissait alors d’un conflit de souveraineté sur l’îlot Persil, proche de Ceuta. L’hospitalisation de Brahim Galhi aurait été négociée directement entre le gouvernement espagnol et le pouvoir algérien selon nos confrères de Jeune Afrique.

Il est à noter que la France traîne des pieds dans ce dossier, Emmanuel Macron souhaitant surtout ne pas froisser ses amis algériens à qui il doit visiblement beaucoup

Pour comprendre le fond du dossier, il faut rappeler que le Polisario est un jouet – désormais usé – dans les mains de l’Algérie qui le finance depuis l’origine pour déstabiliser le Maroc. Il a souvent été soutenu par les partis politiques et les syndicats de la gauche européenne. Les Etats-Unis militent actuellement pour la reconnaissance définitive de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud, qui furent placées de 1884 à 1975 sous protectorat espagnol. Le roi Mohammed VI est en effet favorable à un large statut d’autonomie pour le Sahara marocain et est à l’origine de nombreux investissements dans cette région encore très désertique. Il est à noter que la France traîne des pieds dans ce dossier, Emmanuel Macron souhaitant surtout ne pas froisser ses amis algériens à qui il doit visiblement beaucoup[...]

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Arte et la fabrication de l’histoire de l’ex-Yougoslavie

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie avait pour mission de juger les crimes commis lors des conflits en ex-Yougoslavie dans les années 1990. Concernant les crimes de la guerre de Bosnie (première partie), le documentaire de Lucio Mollica réduit quatre années de guerre (1992/1995) aux événements de Srebrenica et aux crimes commis par les forces serbes au mois de juillet 1995. Pas un mot sur les exactions perpétrées les années précédentes par les unités bosniaques de Naser Ori?, abritées dans l’enclave de Srebrenica, à l’encontre des villages serbes alentours. Des massacres horribles avec décapitations ont eu lieu dans ces villages, notamment dans la nuit du Noël orthodoxe de janvier 1993 ; le Comité pour la recherche historique de Sarajevo a évalué à 785 le nombre de Serbes tués, lors de 50 raids sur des villages serbes, par les unités de Naser Ori? entre septembre 1992 et mars 1993. Rappelons que Naser Ori? et ses milices ont abandonné la population de Srebrenica, sur ordre du président bosniaque Alija Izetbegovi?, à l’approche de l’armée serbe. Ces faits sont attestés par le général Philippe Morillon.

Le documentaire d’Arte ne dit pas un mot sur la campagne de terreur organisée par le SDA d’Alija Izetbegovi? à l’encontre des citoyens serbes de la partie de Sarajevo sous contrôle musulman. De 1992 à 1995, 3 000 civils serbes ont été tués, uniquement dans cette partie de Sarajevo. Au cours de cette période, 1 665 civils serbes ont été gravement blessés et 800 ont disparu. La majorité de ces morts et de ces blessés n'était pas liée aux combats entre l’armée bosniaque et l’armée serbe, mais aux actes criminels planifiés par le SDA d’Alija Izetbegovi? contre des civils le plus souvent agressés dans leurs foyers. Cette campagne de terreur a conduit au grand exode des Serbes après les Accords de Dayton de décembre 1995 ; suite à ces accords, 435 000 Serbes sont devenus des déplacés internes en Bosnie-Herzégovine, au moment où 235 000 Serbes étaient forcés à l’exil face à l’opération de nettoyage ethnique en Croatie. Au final la population serbe d’une ville qui se veut tolérante et multiethnique, Sarajevo, a été totalement éliminée par ceux qui prétendent toujours être les principales victimes de ce conflit.

Lire aussi : L’islam existe bel et bien, et l’islamisme fait partie de lui

Dans la seconde partie du documentaire, la falsification est portée à son paroxysme. La responsabilité de tous les crimes commis dans la province méridionale de la Serbie, le Kosovo-Métochie, est attribuée au seul président serbe Slobodan Miloševi?. Aucun mot sur le massacre de Ra?ak qui a mis le feu aux poudres ni sur les accords de Rambouillet qui constituaient un véritable diktat sur la Serbie. Pire, une vision simplificatrice et simpliste tend à démontrer que les militaires serbes s’en seraient pris à toute la population albanaise ; or une guerre terrible avait commencé dès 1998 entre l’armée yougoslave et l’UCK, organisation désignée comme terroriste par les Etats-Unis. Vingt-cinq ans après les faits, Arte ose réaliser un documentaire faisant porter l’entière responsabilité de la « guerre du Kosovo » de 1999 sur les épaules de Slobodan Miloševi?, au moment même (2021) où plusieurs criminels de guerre albanais, dont l’ancien président Hashim Thaci, sont jugés par le « Tribunal spécial pour le Kosovo ». Encore un nouvel effort de falsification historique, 12 000 morts sont attribués à l’armée yougoslave alors que cette guerre du Kosovo a provoqué 6 500 morts albanais et 2 700 morts serbes. [...]

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Capitalisme industriel et financier : de quoi l’élection de Joe Biden est-elle le nom ?

Élu en 2016 par l’Amérique blanche déclassée, et ayant fort symboliquement remporté le scrutin grâce à la Rust Belt, Donald Trump avait bâti son programme économique sur la résurgence du capitalisme industriel – notamment les industries lourdes pétrolière, militaire et automobile. Simplification des normes et baisse de l’impôt sur les sociétés (de 35 % à 21 %) pour dynamiser les entreprises ; diminution des impôts des ménages (-8 %) pour créer un choc de demande, quitte à faire croître la dette publique fédérale (+16 % dès fin 2019) : la thérapie de choc a été significative. Sur le plan extérieur, il a changé le braquet de la politique commerciale en substituant à l’orthodoxie du libre-échange une politique protectionniste, seule à même de défendre les intérêts nationaux via la hausse des tarifs douaniers et la renégociation des accords commerciaux jugés défavorables.

Des industries lourdes aux nouvelles technologies vertes

Les résultats industriels de la présidence Trump n’en restent pas moins limités. Certes, les taux de croissance de la production industrielle ont affiché de belles progressions ; pourtant, la part stable des emplois industriels dans l’emploi total signifie que ce secteur n’a pas crû plus rapidement que les autres. Cette relative lenteur du basculement industrialiste, il l’a imputée à la FED et à sa politique de taux d’intérêt élevé, qui a freiné les investissements en incitant à l’épargne. Ce constat ne signifie cependant pas un échec à proprement parler : la réindustrialisation est une politique structurelle lourde qui demande bien plus que les quatre années d’un mandat présidentiel pour être menée à bien. Déçue, la Rust Belt n’en est pas moins repassée dans l’escarcelle démocrate.

En clair, le contexte sanitaire offre à Joe Biden la toile de fond idéale pour mener une politique keynésienne de relance technologique et écologique massive

Quid de ce rêve d’un renouveau du capitalisme industriel sous Joe Biden ? Loin d’être défavorable à l’industrie, le nouveau président prévoit plutôt de l’orienter dans une direction nouvelle. Exeunt les industries lourdes, place aux énergies vertes et aux nouvelles technologies. Début mars, le Congrès adoptait un plan de relance centré sur la pandémie à hauteur de 1900 milliards de dollars. Depuis, Biden a dévoilé son plan d’investissement massif, lui aussi chiffré à près de 2 000 milliards de dollars, et dont la lutte contre le réchauffement climatique et contre les inégalités sont les deux objectifs affichés. Près de 650 milliards seront fléchés vers le renouvellement des infrastructures de transport, 300 milliards dans l’habitat, et 300 autres dans l’industrie. Le secteur des voitures électriques aura une place centrale dans ce dispositif, et le nouveau gouvernement espère y créer près d’un million d’emplois. En clair, le contexte sanitaire offre à Joe Biden la toile de fond idéale pour mener une politique keynésienne de relance technologique et écologique massive. Ce discours industrialiste lui a permis de séduire des États clefs, mais aura comparativement à Trump une place bien moins centrale du fait d’un électorat plus urbain et tertiairisé.

Vers un contrôle plus étroit des marchés ?

Loin d’avoir affronté la haute finance au nom des petites gens, Trump l’a largement favorisée par la baisse drastique des impôts et la déréglementation financière qu’il a opérée. Plusieurs dispositions de la loi Dodd-Frank votée en 2010 en réponse à la crise pour contrôler Wall Street ont par exemple été abrogées, favorisant de facto les mouvements et gains financiers. De fait, en quatre ans, le Dow Jones a gagné 56 % et le Nasdaq 142 %, bien aidés en cela par les injections monétaires de la FED pour soutenir l’économie depuis le début de la crise du Covid. Les GAFAM ont particulièrement tiré leur épingle du jeu, avec des hausses de 150 % pour Facebook, de 300 % pour Microsoft et de 450 % pour Amazon.

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Enquête : le racisme est un déni

Tony Sewell aura eu droit à tous les honneurs. À peine le Rapport sur les disparités raciales et ethniques publié au Royaume-Uni, la mitraillette Twitter crépitait déjà. Le camp anti-raciste, à pied d’œuvre, s’est trouvé là où on l’attendait. Toujours dans la litote. Priyamvada Gopal, professeur d’études post-coloniales à Cambridge a comparé Sewell à Goebbels. Clive Lewis, député travailliste, a posté une photo du Ku Klux Klan. L’avocate Shola Mos-Shogbamimu, égérie woke des plateaux télé, a conspué le « Noir de service ». On a recouru aux insultes des grands jours, qualifié les dix membres de la Commis- sion de « noix de coco – marron à l’extérieur, blanc à l’intérieur ».

Le pool de cerveaux d’origines kenyane, zambienne, antillaise, jamaïcaine, pakistanaise ou nigériane, réuni par le gouvernement Johnson, parmi lesquels une astrophysicienne, une économiste, un ex-Inspecteur Général de police etc., pour la plupart décorés par la Reine pour services rendus au pays, s’est vu, en quelques clics, réduit à un cénacle frauduleux d’« agents du suprématisme blanc », un ramassis de « laquais du pouvoir ». Le maire de Londres Sadiq Khan, modèle d’intégration, fils d’un chauffeur de bus et d’une couturière pakistanais, s’est offusqué au nom des victimes du racisme structurel anglais « dont les vies sont brisées ». À l’approche des élections municipales, un peu de démagogie ne nuit pas, et puis Khan est aussi chef du rayon woke (il tweetait, le lendemain, sa fierté d’avoir alloué 5,7 millions de livres du budget de Londres au financement d’une maison de retraite LGBT).

Bref, tout le monde était au rendez-vous. Pourquoi tant d’hystérie ? Les auteurs du rapport, après huit mois d’étude, n’ont trouvé nulle preuve de racisme institutionnel au Royaume-Uni. Les inégalités existent. Elles sont de nature diverse et rarement imputables au racisme. Les facteurs géographiques et sociaux, eux, sont déterminants. Ce qui explique par exemple que les garçons Blancs des classes défavorisées (éligibles à la cantine gratuite) ne sont, au plan national, que 12,7 % à intégrer l’éducation supérieure, mais 21,7 % s’ils habitent Londres. Enfin, le document salue les succès des minorités ethniques qui constituent 16 % de la population britannique mais 23 % des récipiendaires de Bachelor à Oxford ou encore 50 % des médecins de l’hôpital public. En somme, ça va plutôt bien. Le racisme n’est pas un obstacle à la réussite.

Les auteurs du rapport, après huit mois d’étude, n’ont trouvé nulle preuve de racisme institutionnel au Royaume-Uni. Les inégalités existent. Elles sont de nature diverse et rarement imputables au racisme

Ce genre de nouvelle fait enrager les victimologues. On comprend l’ire du lobby racialiste qui voit son fonds de commerce partir en fumée et son magistère moral se ratatiner. Le rapport Sewell réfute les nouvelles théories raciales inspirées du post-modernisme : « Nous ne pouvons accepter le ton accusatoire du discours actuel sur les races », lit-on. Ou encore : « L’inflation langagière autour du racisme brouille la réflexion ». Si les opposants de Sewell l’accusent de nier le racisme, lui leur reproche de dévaluer le mot, dont la définition s’est étirée à l’infini jusqu’à abriter sous le même vocable la ségrégation raciale et les micro-agressions. (Dire à un Chinois « Vous parlez un Français parfait » est un exemple de micro-agression, une façon de le ramener à sa condition d’étranger)[...]

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Tony Sewell : « Ce rapport a permis de mettre les discours à l’épreuve des faits »

Selon vous, le Royaume-Uni est un modèle d’intégration et devrait servir d’exemple au monde entier. C’est osé !

On devient ce que l’on aspire à devenir. Pour progresser, il faut retirer du chemin parcouru en cinquante ans de la fierté plutôt que de la honte. Je ne dis pas que nous sommes les meilleurs. Nous pouvons faire mieux. Notre classe moyenne n’est pas aussi diverse qu’aux États-Unis, mais notre immigration est beaucoup plus récente.

Quelles sont les bonnes nouvelles du rapport ?

Le plus surprenant concerne le domaine de la santé. Le nombre de victimes du Covid parmi les minorités ethniques était préoccupant. Or les statistiques montrent que les inégalités raciales ne vont pas dans le sens que l’on croit. Les minorités ethniques ont une espérance de vie supérieure et sont moins frappées par le cancer que les Blancs. Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas de problèmes de santé spécifiques, mais avouez qu’il est inattendu de constater qu’au Royaume-Uni les minorités ethniques ont une espérance de vie supérieure à celle des Blancs.

C’est une bonne nouvelle pour les uns, moins pour les autres… Concernant les écarts de salaires, les disparités ont quasi disparu.

Le revenu horaire moyen des minorités ethniques est inférieur de seulement 2,3 % à celui des Blancs. Et pour les moins de trente ans, il est équivalent, tout comme le taux d’activité. Il n’y a pas d’obstacle à la mobilité sociale des populations d’origine immigrée dans le monde du travail.

Le rapport recommande de renoncer à l’acronyme BAME (Black and Asian Minority Ethnic) pour désigner les Britanniques d’origine étrangère. Pourquoi ?

La population britannique compte 13 % de minorités ethniques, dont 4 % de Noirs (Afrique et Caraïbes) et 9 % d’Asiatiques (Inde, Pakistan, Bangladesh, Chine). La part des Asiatiques, des Noirs-Africains et des métis est en augmentation. BAME est une façon polie de dire « non- Blanc ». Ce n’est pas valorisant d’être caractérisé par ce qu’on n’est pas. Et c’est absurde de ranger dans la même catégorie des gens qui n’ont rien à voir entre eux.

Lire aussi : Enquête : le racisme est un déni

Le monde d’un chauffeur de taxi d’origine pakistanaise à Bradford (Nord-Est de l’Angleterre) est à des années-lumière de celui d’un médecin d’origine indienne installé à Londres. Les réunir sous la catégorie A pour « Asiatiques » n’est d’aucune aide. [...]

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Écosse : vers un nouveau référendum pour l’indépendance ?

Le Brexit n'en finit pas d'avoir des conséquences fâcheuses pour l'unité britannique. Les Écossais sont repartis sur la voie de l'indépendance ; les Gallois voient la montée d'un mouvement concurrent au tranquille Plaid Cymru ; les Irlandais des six comtés d'Ulster devraient arriver prochainement au pouvoir à Stormont ; et même les très débonnaires Corniques ont vu leur porte-parole réélu avec 78% des voix au « Conseil de Cornouailles ».

Pour ce qui est de l'Écosse, les résultats des nationalistes du SNP (Scottish National Party) sont intéressants à analyser. D'une part, le SNP est au pouvoir depuis...2007 ! C'est-à-dire 14 ans et ce sans l'usure du pouvoir ! En France, les gouvernements ne tiennent pas cinq ans et le dernier président de la République, François Hollande, n'a même pas pu se représenter en raison de son impopularité. Le dégagisme et le déclin des partis ne sont donc pas un phénomène général en Europe. En Écosse, le SNP est un parti puissant et incroyablement implanté. Le succès des nationalistes ne tient même pas à la personnalité de leur leader puisque celui qui a conduit les indépendantistes au pouvoir, Alex Salmond, a depuis été remplacé par Nicola Sturgeon. Alex Salmond a d'ailleurs quitté le SNP pour former le parti Alba, qui n'a obtenu que 1,7% des voix à l'issue de ces élections. Le nationalisme écossais n'est donc pas une affaire de personnification.

Lire aussi : Israël : « Il est impossible d’affirmer que l’escalade ne va pas se poursuivre »

D'autre part, le SNP, aussi puissant soit-il, est loin d'être seul sur la scène indépendantiste écossaise. Outre Alba, il existe le petit SSP (Scottish Socialist Party) de Tommy Sheridan qui, s'il est en plein déclin comme l'ensemble de la gauche européenne, existe toujours (le parti a eu jusqu'à 6 députés), les ultras de Scotia Future et les écologistes du SGP (Scottish Green Party). Or les « Scottish Greens » en Écosse sont indépendantistes (il n'existe pas de parti vert britannique, chaque nation a ses Verts locaux) et sont traditionnellement alliés au SNP. Au-delà des formations politiques, les indépendantistes écossais peuvent également compter sur une galaxie associative et syndicale : le SNP TUG (Scottish National Party Trade Union Group) et le STUC (Scottish Trades Union Congress), puissant syndicat ouvrier écossais aux 540 000 adhérents. [...]

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Israël : « Il est impossible d’affirmer que l’escalade ne va pas se poursuivre »

On dirait qu’Israël et les territoires palestiniens font une rechute ?

En effet, on a l’impression qu’il n’y a pas d’adultes aux commandes. Alors que nous sortons d’une période, durant le virus, où tout le monde se comportait de manière responsable, et que nous en étions fiers, dès qu’on entre dans une situation de conflit comme celle-là, tout le monde fait un pas en arrière. En réalité, ça fait un mois que la tension monte : ç’a commencé avec un défi Tiktok, où des Arabes devaient gifler des juifs dans la rue. En réponse, un groupuscule suprématiste, Lehava, est allé traquer des Arabes, demandant par exemple à des chauffeurs de bus de justifier s’ils étaient juifs ou arabes. Il faut ajouter que c’est la période de ramadan qui est systématiquement un moment tendu : des musulmans se font chauffer à blanc dans leurs mosquées par des prédicateurs vindicatifs et la tension monte. Ajoutez à cela que la police israélienne est très mauvaise dans la répression des émeutes et qu’au lieu de circonscrire des événements isolés, par sa maladresse elle leur donne une dimension nationale et même internationale.

Benjamin Netanyahou en profite-t-il politiquement ?

Pour les élections, il a magouillé en forçant deux petits partis extrémistes à s’entendre et à fusionner pour atteindre un seuil d’éligibilité à la Knesset que seuls ils n’auraient pas atteint. Mais l’étincelle principale reste le problème de Cheikh Jarrah, quartier de la bourgeoisie arabe, d’une intelligentsia tout à fait admirable, né d’un imbroglio juridique fort ancien, puisque ses habitants sont arrivés pendant la guerre de 1948, quand les Anglais et les juifs les ont délogés de Jérusalem ouest. Sans statut précis, ces personnes ont hérité d’un bail locatif concédé par la Jordanie en 1956, qui leur a promis qu’à terme ils seraient de leurs logements. Mais cette échéance n’est jamais arrivée à terme puisque la guerre de 67 est passée par là et qu’Israël a récupéré Jérusalem est.

Israël a riposté et détruit des cibles militaires du côté de la bande de Gaza, où l’on affirme que des enfants ont été tués, ce qui est toujours impossible à vérifier

La loi fait que ces habitants ne peuvent retrouver leurs anciens biens à l’ouest, et leur statut est flou : ils disposent d’une « carte bleue » qui n’accorde cependant pas la citoyenneté. C’est sur ce terreau-là que des mouvements pro-colons, qui tentent de re-judaïser ces quartiers, essaient de les exproprier. On peut y trouver des raisons pécuniaires cachées aussi, sans être complotiste : peut-être certains ont-ils intérêt à racheter ces maisons dont l’emplacement au coeur de Jérusalem est fort prisé, pour construire des immeubles à la place.

Que se passe-t-il du côté palestinien ?

Il devait y avoir des élections, qui ont été repoussées par Mahmoud Abbas pour un motif fumeux, et le Hamas cherche à profiter de la situation pour le torpiller. C’est visible dans les manifestations le soir après la prière sur l’Esplanade des Mosquées : habituellement il y a une foule un peu excitée, mais là on entend des slogans qui montrent qu’elle est à l’évidence noyautée par des activistes qui veulent en découdre. De même hier soir, des roquettes ont été tirées sur le sud du pays et sur Jérusalem. Une partie a été interceptée par le Dôme de fer, mais dans le sud des roquettes sont quand même tombées, et les Israéliens ne supportent évidemment pas ça, qui leur donne l’impression d’être en guerre. Israël a riposté et détruit des cibles militaires du côté de la bande de Gaza, où l’on affirme que des enfants ont été tués, ce qui est toujours impossible à vérifier[...]

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