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Sébastien Meurant : « Le Sénat s’est honoré en prenant la défense du Haut-Karabakh »

L’objectif du vote de la reconnaissance du Haut-Karabakh par la République française est-il purement symbolique, ou a-t-il des conséquences concrètes dans le processus diplomatique ?

Les deux. Il a déjà une incidence concrète dans la mesure où l’Azerbaïdjan a demandé auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe un certain nombre de choses, se plaignant notamment de la démarche du Sénat. Donc concrètement, c’est une preuve que ça fait bouger les choses sur le plan diplomatique. Par contre, ça relève évidemment d’un symbole fort puisque c’est la première fois que se produit cette demande dans une assemblée parlementaire.

Personnellement, j’aurais souhaité autre chose : je voulais qu’on aide militairement les Arméniens du Haut-Karabakh. Il est malheureusement trop tard. J’ai trouvé l’attitude de notre président contradictoire. Il a eu des mots forts, condamnant la Turquie à plusieurs reprises, et je me suis personnellement félicité de ces prises de position contre un expansionnisme islamique et turc qui nous rappelle historiquement beaucoup de choses. Mais il y a malheureusement eu une absence d’actes. Au Sénat, plusieurs questions ont été posées au Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, et il répondait que la France était neutre car membre du protocole de Minsk et ne pouvant donc pas prendre position pour l’une des deux parties. Là, il y avait un vrai souci dans la mesure où c’était une attaque de l’Azerbaïdjan sur l’Arménie et le Haut-Karabakh, avec le soutien de la Turquie et des éléments terroristes qu’elle finance. Le positionnement de la France a été fort en parole, mais les actes n’ont pas suivi, et c’est ce qui est terrible. [...]

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Le Cap de bonne Indépendance

La question d’un Volkstaat (ou boerstaat) agite la minorité blanche d’Afrique du Sud depuis la fin du régime d’apartheid en 1994. Si Nelson Mandela s’était engagé à organiser un référendum sur le sujet, en échange de la participation des Afrikaners les plus extrêmes à la première élection multiraciale, il n’a pas été réalisé. Le gouvernement du Congrès national africain (ANC) n’a jamais donné suite à sa promesse, d’autant que les principaux concernés demeurent divisés sur le lieu exact où s’établir. Bien que quelques villes se soient déclarées en marge de la nation arc-en-ciel, comme Orania ou Kleinfontein, elles ne sont que des cas isolés. Leur rêve d’un État indépendant blanc ne pourra se réaliser que si le parti de l’Alliance démocratique (DA), qui gouverne le Cap-Occidental, était contraint de soumettre la question aux habitants de la province.

C’est au Cap, au XVIIe siècle, que l’histoire tumultueuse de l’Afrique du Sud a commencé. Ici on a parlé français, néerlandais ou allemand pendant des décennies avant que les colons finissent par adopter une seule langue commune à laquelle ils ont ajouté du malais et des idiomes de langues africaines, l’afrikaans. Sous domination britannique, Le Cap devient la capitale législative d’un pays qui se construit entre-deux- guerres avec les « cafreries » voisines. C’est sous le regard de la Montagne de la Table qui borde la ville que les Afrikaners ont entamé leur « grand trek » vers l’intérieur des terres pour y fonder les républiques indépendantes du Transvaal et de l’État d’Orange libre. C’est là aussi que le docteur Magnus Malan a débuté sa campagne avec le Parti national (NP), vainqueur des élections de 1948, et qui a permis aux Afrikaners de mettre doucement en place un régime de ségrégation raciale. Autant dire qu’avec ses kilomètres de vignes et ses universités réputées, Le Cap demeure cher au cœur des Afrikaners qui voient en elle un des berceaux fondateurs de leur nation. En août dernier, « Le Cap Independance Advocacy group », un groupe de pression, a fait publier un sondage dont les résultats ont provoqué une vaste polémique constitutionnelle. [...]

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Charles de Meyer : « Nous apportons une aide matérielle concrète aux victimes, prises entre la guerre et les premières intempéries »

Vous avez récemment été attaqués par Mediapart. Où en êtes-vous ?

Pour tout dire, nous sommes un peu vexés d'avoir été attaqués par de telles nullités. Mais nous avons surmonté cette déception et pour nous, c'est déjà du passé. Résumons ; quand nous avons vu que ces pigistes passaient des mois à interroger nos amis ou anciens volontaires, nous nous sommes dit : « Mediapart, c'est malveillant certes, mais ça doit être sérieux. A la sortie de leur article, il y aura peut-être une remise en question à faire, une prise de conscience sur des erreurs qu'ils vont nous révéler... A quelque chose, malheur sera bon. » Autant dire que nous étions effondrés en découvrant la misère de leurs procédés et la pauvreté de leurs questions – envoyées comme pour un interrogatoire de police, uniquement à charge, pour piéger et certainement pas pour comprendre...

Contrairement à leurs victimes habituelles, nous n'avons pas cédé à l'intimidation. Nous avons rendu nos réponses publiques car nous n'avions rien à nous reprocher. Comprenant que ça n'allait pas être aussi facile qu'avec un Fillon ou autre, ils ont pris des précautions pour éviter les procès en diffamation et opté pour ce que j'appelle « la stratégie du pâté d'alouette », du nom de cette recette frauduleuse : cent kilos de cheval, dix grammes d'alouette... Là, c'est pareil : dix pages d'attaques et d'insinuations fielleuses, deux lignes de précaution oratoire pour éviter le procès ou le droit de réponse. [...]

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Échecs persistants en Libye

Une feuille de route pour un règlement politique final, comprenant des accords sur une Constitution, des élections parlementaires et des autorités de transition, devait être adoptée dans le cadre de ce forum. Cependant, aucun document n'a pu être signé à la suite de cette réunion. Comme l'a déclaré l'ancien vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Hassan al-Saghir, « la réunion tunisienne n'a abouti à rien, aucun document officiel sur la feuille de route n'a été publié ».

Stephanie Williams a échoué

Dans la nuit du 15 au 16 novembre, Stephanie Williams a déclaré que le dialogue en Tunisie était terminé. Selon elle, les participants ont fait preuve de patriotisme et ont fait de sérieux progrès pour surmonter les désaccords. Elle a également déclaré que les prochaines élections en Libye se tiendront en décembre 2021. Toutefois, on attendait davantage du forum. Jusqu'à présent, le public n'a pas vu un seul document portant les signatures de tous les participants (ou de la majorité), qui obligerait l'une des parties au conflit – le gouvernement d'accord national à Tripoli ou le gouvernement provisoire à Tobrouk (soutenu par l'armée nationale libyenne de Khalifa Haftar) – à véritablement faire avancer les choses. [...]

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La Hongrie d’Orban : un exemple à suivre en matière de politique familiale ?

Mettons tout de suite les pieds dans le plat. La Hongrie dépense 4,7% de son PIB dans les prestations sociales, contre 2,55% en moyenne pour l’OCDE. Mais alors pourquoi Viktor Orbán est-il sans arrêt présenté comme l’enfant terrible de l’UE ? Un homme qui, si l’on en croit la majorité des médias, gouvernerait avec une main de fer, sans gant de velours et sans se soucier du bien-être de sa population.

La réponse est pourtant simple : le gouvernement hongrois vient de déclarer que la récréation était terminée en remettant l’église au milieu du village. Une nouvelle modification est entrée en vigueur par laquelle la biologie reprend ses droits : la mère d’un enfant est une femme, le père est un homme. L’éducation de l’enfant sera garantie selon la culture chrétienne de la Hongrie et respectera son sexe de naissance.

Évidemment, la presse internationale n’a pas tardé à faire savoir que cette décision de politique intérieure était inacceptable. Ce qui est (encore une fois) tout simplement une tentative de nier la souveraineté de la Hongrie, préférant d’ailleurs passer sous silence le fait que la gestion du Covid-19 du gouvernement Orbán est si efficace que l’économie hongroise est, parmi les États membres de l’Union européenne, l’une des rares à avoir remonté la pente, augmentant son PIB de 10% au dernier trimestre. [...]

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Afrique du Sud : Brendin Horner, victime de la chasse aux blancs ?

Inquiet de ne pas voir revenir Brendin, c’est son patron, Gilly Scheepers, qui fait la découverte macabre : la voiture du jeune homme tachée de sang, le corps à demi-dénudé. Pour les fermiers blancs, c’est le meurtre de trop. Depuis des mois, les Afrikaners subissent une recrudescence d’attaques. « Il était très enthousiaste ce jour-là. Cela faisait un an, jour pour jour, qu’il travaillait avec nous. Ce jeune homme avait toute la vie devant lui », a déclaré, amer, Gilly Scheepers à Times Lives. La violence de la scène du crime retransmise sur toutes les chaînes de télévision a quand même fait réagir la ministre de la Justice, Ronald Lamola.

Le 6 octobre, cinq jours après le meurtre, lors de la comparution au tribunal des assassins présumés, des milliers de manifestants en colère ont tenté de s’infiltrer dans la prison où ils étaient enfermés pour les « necklacer » : une pratique qui consiste à mettre une personne dans des pneus et l’enflammer. Il a fallu un solide cordon de police pour que Sekwetje Isaiah Mahlamba, 32 ans, et Sekola Piet Matlaletsa, 44 ans, échappent au lynchage devant le tribunal de justice de Senekal. [...]

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Hovhannès Guevorkian : « L’indépendance du Haut-Karabagh s’est déroulée dans la légalité absolue »

L’offensive militaire de l’Azerbaïdjan contre votre pays dure désormais depuis trois semaines. Quel bilan en tirez-vous ?

Comme toute guerre, cette agression azerbaïdjanaise est une catastrophe. Tout d’abord pour les populations civiles. Des villes éloignées de la ligne de front comme notre capitale Stepanakert ou comme Chouchi, des villes sans installations militaires comme Martouni ou Hadrout, ont été durement touchées avec à chaque fois des victimes civiles. Face à la disproportion des moyens militaires de l’Azerbaïdjan, nous avons également dû recourir à la conscription en masse de la population et nos soldats paient un lourd tribut dans ce conflit. Mais je note également que la guerre-éclair par laquelle le régime Aliev comptait nous anéantir a fait long feu. Non seulement les forces d’invasion n’ont pas avancé significativement, mais elles ont également subi de lourdes pertes humaines et matérielles.

Pourquoi selon vous cette offensive soudaine et pourquoi maintenant ?

Il me semble que c’est parce que le régime Aliev est aux abois. Longtemps Bakou s’est complu dans un discours sans rapport avec la réalité selon lequel la République d’Artsakh, enclavée et asphyxiée économiquement par un Azerbaïdjan riche de ses immenses ressources énergétiques, allait lui tomber dans la main comme un fruit mûr. Or non seulement cela n’est pas advenu mais voilà que les cours du pétrole et du gaz sont devenus structurellement et durablement bas. Il y a quelques mois, le fonds souverain azerbaïdjanais a dû dilapider le tiers de ses avoirs pour soutenir le cours de la monnaie azerbaïdjanaise avec un succès très mitigé et, en Azerbaïdjan, la population s’enfonce dans la grande pauvreté. Aliev avait besoin de cette guerre pour faire diversion et pour regagner un peu de prestige face aux contestations sociales qui n’allaient pas manquer de naître. [...]

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Valérie Boyer : « La France et l’Europe ont lâchement abandonné les Arméniens »

Quels sont les points essentiels du cessez-le-feu ?

Le point essentiel, c’est que les Arméniens perdent cette terre d’Artsakh qui est arménienne depuis toujours. De plus, le territoire de l’Arménie est amputé d’un corridor donné à l’Azerbaïdjan entre le Nakitchevan et l’Artsakh afin de créer  un continuum turc allant de la mer Noire à la mer Caspienne. L’isolement de l’Arménie est donc aggravé par l’amputation de sa frontière avec l’Iran. Les pertes humaines ont été importantes proportionnellement à sa population. L’Artsakh compte 150 000 habitants, et on parle de plusieurs milliers de morts et de nombreux blessés. Pour éviter le pire, les Arméniens ont protégé et rapatrié leurs civils.

Ce qui se passe aujourd’hui au Haut-Karabakh – qui a toujours été arménien historiquement – est tragique : c’est à la fois une épuration ethnique et culturelle, et aussi un désastre écologique puisque les Turcs et les Azéris ont envoyé des bombes au phosphore sur toute une partie du territoire. Leur objectif, c’est de détruire la présence ancestrale arménienne comme ils l’ont déjà fait (monuments, églises, etc). Outre la mémoire du génocide de 1915,  les exemples récents restent vifs : en 2005 à Djoulfa, un grand cimetière de khatchkars (croix en pierre emblématiques de l’art arménien) vieilles de plusieurs siècles a été entièrement détruit par des véhicules lourds. Aujourd’hui, le magnifique monastère de Dadivank dont les parties les plus anciennes datent du IVe siècle est menacé par ce totalitarisme islamique turco-azéri. Va t’il connaître le sort des Bouddhas de Bamyan ou de Palmyre ? Que fera l’UNESCO ? [...]

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