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Gladden Pappin : « Ceux qui ont largement voté Biden sont les consommateurs idéaux du « woke » capital »

Par quel moyen avez-vous voté ?

Question importante ! Je suis allé voter en personne dans un bureau de vote.

Que pensez-vous de l’organisation du vote aux États-Unis ?

Les États-Unis sont une mosaïque de différents modes de scrutins. Tous les quatre ans, le problème de ce système devient de plus en plus évident. Je pense que pour vous qui nous regardez d’Europe, cette désorganisation apparente doit être très surprenante. Mais nous sommes un État fédéral, donc chaque État peut choisir son propre moyen. Ce système suffit déjà à créer des incertitudes mais n’a normalement pas de conséquences sur le résultat final. Mais cette année, avec le coronavirus et les restrictions en place, beaucoup d’États ont élargi très largement les votes par correspondance. Voilà le problème.

Il est très surprenant pour nous Français que vous puissiez dans certains États voter sans présenter de carte d’identité.

Oui, c’est le cas dans certains États. La raison est que, avant les années 1960, il y avait des éléments qui favorisaient les discriminations raciales lors des votes (versement de taxe, test d’alphabétisation, etc) et qui étaient donc préjudiciables pour les Noirs, alors qu’ils avaient gagné le droit de vote. Vous pouvez trouver sur un internet la liste des États où l’on peut voter sans carte d’identité. J’ai vécu pendant plusieurs années dans le Massachusetts, où c’était possible : vous allez au bureau de vote, vous donnez votre nom et ils le cochent sur une liste sans vérifications. C’est assez incroyable ! Mais il faut bien garder à l’esprit que ça n’est pas un débat rationnel, et qu’il est chargé du poids de l’Histoire.

Vous pouvez trouver sur un internet la liste des États où l’on peut voter sans carte d’identité. J’ai vécu pendant plusieurs années dans le Massachusetts, où c’était possible : vous allez au bureau de vote, vous donnez votre nom et ils le cochent sur une liste sans vérifications. C’est assez incroyable !

Quelle est l’ambiance entre les supporters de Trump et de Biden, au sein d’une même famille par exemple ? Est-ce aussi violent que sur les réseaux sociaux ?

Dans certains cas, oui bien que ça ne soit pas aussi violent que sur internet. Vous avez des familles où les gens ne parlent pas de leurs désaccords politiques ou ont appris à vivre avec. Ce que vous voyez sur les réseaux sociaux, c’est que de jeunes étudiants venus de la gauche ont développé une telle détestation pour Trump qu’ils en politisent leurs relations familiales. Une chose que la gauche a fait ici ces derniers temps, c’est d'absolument tout politiser. Vous voyez ça dans le sport avec la politisation du football américain et du basketball : ce qui se passe dans certaines familles est assez comparable. Le stéréotype – même s’il n’y a pas qu’elle – c’est vraiment la jeune étudiante blanche très radicale qui ramène sa haine à la maison pour la répandre ou la diriger vers son père, son l’oncle, ses grands-parents. Il y a énormément de tensions de ce type en ce moment.

Cette élection se démarque des autres par le retour de la violence physique. Est-ce le premier signe d’un futur affrontement violent, comme lors de la guerre de sécession ?

C’est une bonne question. Je ne pense pas qu’une guerre civile va éclater. Mais je pense vraiment que l’augmentation de toutes ces violences circonstanciées va se poursuivre, sans pour autant atteindre le niveau d’une guerre civile, notamment parce qu'il y a aussi une différence de paradigme entre la gauche et la droite. À droite, vous avez beaucoup de possesseurs d’armes, mais les conservateurs n’organisent rien dans les rues. À l’inverse de la gauche, qui possède peu d'armes mais organise des émeutes violentes. Les médias ont feint de l’oublier ou ont menti à ce propos, en faisant croire que la violence venant de la droite était la plus probable. En réalité, la plupart des violences aux États-Unis viennent de l’extrême-gauche, des antifas et des black blocs, comme vous dites, dans des villes démocrates. Je pense que la droite est plutôt sur la défensive : si vous êtes un père de famille avec des enfants, vous possédez une arme pour vous défendre si nécessaire, mais vous n’organisez rien dans les rues. Peut-être y a-t-il des groupes de jeunes radicaux de droite, mais pas plus. Il est surtout important que les lois soient respectées, et que le résultat des élections soit déterminé d’après, même si certaines lois peuvent sembler mauvaises, comme le vote par correspondance.

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Journal d’un humanitaire en Arménie

Au cours de six années passées chez SOS Chrétiens d’Orient, j’ai été plusieurs fois amené à intervenir dans des zones frappées par l’expansionnisme turc. J’ai d’abord passé trois ans en Irak où les Turcs bombardaient les abords des villages chrétiens, au nord du pays. Ensuite j’ai travaillé en Syrie où la Turquie, après avoir soutenu les mouvances djihadistes a fini par envahir une partie du territoire et figer la situation militaire autour d’Idlib, bastion d’Al Qaïda. Enfin, je me suis rendu une semaine dans le Tur Abdin, région chrétienne du sud de la Turquie, frappée durement par le génocide de 1915. De l’Irak au Pakistan, jamais mes collègues et moi-même n’avions vu une situation aussi préoccupante pour une minorité chrétienne. Le peu de familles ayant survécu à cette période noire sont aujourd’hui des citoyens de seconde zone, pris en tenaille entre les Frères musulmans, les combattants révolutionnaires kurdes et les autorités de l’État qui non seulement ne font rien pour les protéger mais profitent également de la situation pour exproprier les communautés religieuses de leurs terres.

Fort de cette expérience, il me fallait au plus tôt gagner l’Arménie et apporter une aide à ce peuple fervent et souverain. Le matin même des attaques, les fils de discussion internes à l’association s’agitent. Nos équipes se mettent en branle. Jeanne et Corentin qui travaillent de longue date à l’ouverture de la mission activent leur réseau pour mobiliser les moyens logistiques : réservation d’un camion et d’un chauffeur, obtention des autorisations pour gagner la zone de conflit, ciblage des hébergements dans les différentes zones… Il ne reste plus qu’à régler quelques détails liés au budget, aux billets d’avion et à la barrière de la langue. [...]

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Stéphane Ravier : «Aux États-Unis, la fraude électorale est pratiquée à un niveau industriel»

 Pouvez-vous nous faire un point rapide sur la situation électorale aux États-Unis, alors que les dépouillements sont en cours ?

La seule chose dont on est sûr, c’est qu’il y a un grand perdant comme en 2016 et à chaque fois : c’est la classe médiatique et tous les observateurs autoproclamés. Ils ont perdu une fois de plus puisqu’ils nous avaient annoncé une victoire écrasante de Joe Biden. Il n’y a pas eu de vague du tout. Ou du moins, il y a une vague qui risque de tout emporter : la vague de la fraude. Il y a quand même plus que des soupçons ici et là de fraudes massives au bénéfice de Sleepy Joe. Ses équipes, elles, ne dorment pas, et tout porte à croire qu’elles sont bien à la manœuvre pour faire basculer le vote en sa faveur.

Vous avez assisté au meeting de Trump à Scranton. Quel y était le climat dans les rangs de ses militants ?

Climat d’enthousiasme ! Moi, je suis un Français sudiste et donc très sensible aux basses températures. Il faisait très froid, mais il y a avait pourtant sur le tarmac, un lundi à 14h, près de huit mille personnes ! Et Trump avait déjà fait quatre meetings en Pennsylvanie. C’était au peuple américain - il n’y avait certes pas Lady Gaga mais on s’en est passé – et ses travailleurs, à l’Amérique réelle que Donald Trump s’est adressé avec la personnalité très directe qui est la sienne. Il y avait un véritable enthousiasme populaire pour un candidat qui s’adresse au peuple, qui le comprend et lui parle de son quotidien. Il a rappelé le bilan et la ligne Trump : protéger les Américains sur le plan économique, social et sécuritaire. [...]

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Pourquoi la Turquie soutient-elle l’Azerbaïdjan ?

Cette conception est celle dominante au sein du parti d’extrême droite MHP (même si il existe une autre tradition valorisant dans le même parti un néo-tengrisme). Elle considère à la fois qu’être turc revient à être musulman (adhérant à la vision ethno-religieuse de Ziya Gokalp et des jeunes turcs qui a servi de critère de définition de la « turcité » pour le génocide arménien) et que le « peuple turc » est celui ayant porté la « bannière de l’islam » en Anatolie, au Causcase, dans les Balkans et en Inde et que donc s’opposer à la Turquie revient à s’opposer à l’islam (d’où le discours accusant les « séparatistes kurdes » du PKK d’être arméniens.

Cette vision peut s’appuyer sur la vision kémaliste qui se différencie de celle du MHP sur la vision géopolitique (plus centrée sur l’extension du sanctuaire anatolien et moins sur les rêves touraniens) et sur une partie des alliances choisies (les kémalistes étant pour des liens avec Israël gênant le MHP du fait de l’antisémitisme de ce parti). Depuis 2015, l’alliance avec le MHP et la rupture claire avec le gulenisme, le pouvoir turc adopte un discours beaucoup moins simplement islamiste que « turcoislamique ». Cela se voit avec la libération des officiers impliqués dans le procès Ergenekon et avec le soutien du Vatan partisi marxiste, ultra nationaliste et négationniste à la coalition d’Erdogan et du MHP.

Le positionnement « laic » au sens kémaliste c’est-à-dire pas d’islam visible mais islam défini comme élément de l’identité azérie et l’opposition à l’Arménie chrétienne va parfaitement avec la synthèse turco-islamique

Il est logique que dans ce nouvel univers idéologique la Turquie soutienne à bras ouverts l’Azerbaidjan. Le positionnement « laic » au sens kémaliste c’est-à-dire pas d’islam visible mais islam défini comme élément de l’identité azérie et l’opposition à l’Arménie chrétienne va parfaitement avec la synthèse turco-islamique. On peut rappeler que Ziya Gokalp est tout à la fois un apôtre d’un panturquisme ethno-national (incluant l’assimilation forcée lors du génocide d’un certain nombre de jeunes filles arméniennes et d’orphelins arméniens), un opposant à l’islamisme au sens de l’opposition kémaliste à celui-ci et un penseur définissant l’ethno-national en termes religieux dans ces vers « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles sont nos casques, les mosquées nos casernes, et les croyants sont nos soldats ». Son programme est d’ailleurs bien résumé par le slogan ternaire qu’il avait adopté « turquifier, islamiser, moderniser ». Chaque sous-courant du consensus nationaliste et raciste au pouvoir en Turquie y trouve donc son compte : les kémalistes y voient un moyen d’agrandir en soutenant des « frères turcs laics » le pré carré anatolien face à un peuple vu comme « surnuméraire » dans leur vision du monde, les islamistes un moyen d’affronter à nouveau les « croisés » et les pantouranistes le chemin vers l’Asie centrale (tout en considérant qu’éliminer la dernière présence arménienne dans les terres historiques de l’Arménie les réjouirait).

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Séparatisme catalan : encore la « menace russe » ?


D'après les éléments communiqués par la Garde civile, les magnats en question pourraient également avoir formé un vaste réseau de détournement de fonds. Ces méfaits auraient ainsi permis d’entretenir l’« exil » doré de l'ancien président régional catalan, Carles Puigdemont, réfugié dans sa superbe villa de Waterloo (Belgique). Les fouilles menées par les forces de l'ordre ont effectivement permis de découvrir des enregistrements de conversations entre les différents prévenus.

D’après les premières conclusions de l’enquête, un mystérieux groupe d’origine russe se serait par ailleurs intéressé à l'indépendance de la Catalogne en octobre 2017. L'entreprise aurait ainsi proposé au nabab local des médias, Jaume Roures, d’investir entre 100 et 300 millions de dollars dans les chaînes de télévision qu’il possède. Son projet aurait été de faire de la communauté autonome une sorte de « nouvelle Suisse » – mais l'affaire va désormais plus loin. Le juge d'instruction en charge de ce dossier relie en effet la tentative de sécession catalane de 2017 à l’État russe lui-même. Il aurait contacté Carles Puigdemont à cette époque pour lui offrir un superbe cadeau : 10 000 soldats mandatés par le Kremlin pour protéger l'indépendance et l’intégrité de cette république nouvellement créée.

L’emballement est réel chez certains journalistes, lesquels soutiennent – sans que l’instruction n’ait été menée jusqu’à son terme – qu’une Catalogne indépendante serait devenue un « satellite de Poutine ». Une réaction qui a de quoi surprendre

Il n’en fallait pas plus à tout un pan de la presse espagnole pour remettre une pièce dans la machine de la « menace russe » contre les démocraties occidentales en général et l’Union européenne en particulier. Certains journaux pointent ainsi une collusion supposée entre les instruments médiatiques indépendantistes catalans et Sputnik ou Russia Today. Ils vont jusqu’à affirmer que la stratégie de propagande aurait été élaborée et coordonnée par le chef d’État-Major des forces armées de la Fédération de Russie, Valeri Guerassimov, en poste depuis 2012.

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Édito monde #36 : Il faut sauver les chrétiens d’Arménie

Si beaucoup de nos compatriotes sont d’origine arménienne, ce n’est pas tout à fait par hasard. Ces chrétiens d’Orient ont fui le génocide perpétré par les Turcs pendant la première guerre mondiale. D’autres ont pu se réfugier dans la montagne arménienne, réduite à peau de chagrin, et ont survécu jusqu’à nos jours aux confins du Caucase.

Hélas, la haine du pouvoir turc contre les Arméniens n’est pas éteinte. Elle redouble. Bien que les Arméniens du Haut-Karabagh aient obtenu par les armes leur autonomie de fait en 1994, la Turquie et son allié azéri ne cessent de vouloir réduire cette république d’Artsakh à néant, région historiquement arménienne et arbitrairement livrée par Staline pour récompenser Bakou en 1923. La France s’honorerait à quitter sa position confortable de neutralité diplomatique en reconnaissant l’indépendance de l’Artsakh. La Russie a semblé elle aussi se retrancher derrière sa position d’arbitre, voulant faire sentir au jeune président Pachinian sa puissance, tout en assurant Bakou de sa compréhension. Certes le président arménien a été téméraire mais l’Arménie a-t-elle intérêt au statu quo ? Ne faut-il pas régler la question de l’Artsakh une bonne fois pour toutes ? [...]

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Et s’il gagnait encore ?

Biden, le candidat démocrate, fait de la politique depuis un demi-siècle. Cet homme bien considéré, élégant et correctement coiffé, n’a pas marqué la scène politique d’une contribution mémorable. Auréolé de son rôle de favori de la présidentielle, il vit cependant un drame. Il lui faut proposer à la fois aux Américains un avenir fait de tranquillité, de compréhension réciproque et de bonnes paroles et d’autre part tendre la main aux militants antifas et à ceux de Black Lives Matter (BLM), qui mettent le feu à Chicago, Minneapolis, Portland, New York et autres villes.

Sans antifas et BLM, Biden, les caciques du parti démocrate et les milliardaires de Silicon Valley ne peuvent pas gagner l’élection présidentielle, car ils perdraient les votes de la gauche radicale. Mais avec eux, ils ne peuvent que la perdre. Il leur reste une seule solution : refuser le résultat de l’élection si celui-devait être négatif pour le candidat démocrate. C’est le conseil d’Hillary Clinton qui n’a toujours pas digéré sa défaite lors de la dernière élection, en 2016. N’a-t-elle pas reçu bien plus de votes que Trump : 66 millions de voix pour elle contre 63 pour lui ? Tout le monde, et Clinton elle-même, sait que l’élection présidentielle américaine n’est pas directe mais indirecte. Un Américain ne vote pas pour un candidat. Il vote pour un « grand électeur » de son État qui votera pour ce candidat. Pourquoi les fondateurs de la nation américaine se sont-ils défiés, en 1789, lors de l’écriture de la constitution, d’un vote direct du président ? C’est que les États-Unis étaient, dès le début, non un État unique mais une fédération d’États. Il importait que l’élection présidentielle tienne compte de ce fait. [...]

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Europe-Russie : pacifier les frontières et bâtir un arc civilisationnel

La chute de l’URSS, le 25 décembre 1991, promit à l’Europe de récolter les « dividendes de la paix ». Pourtant, même si la menace d’un Armageddon nucléaire survenant sur le sol européen s’est éloignée, la conflictualité reste présente au quotidien. Il s’agit donc de démêler les nœuds qui empêchent cette nouvelle relation euro-russe de naître.

Du fait de la relation spéciale entretenue par la Russie et la Finlande durant la Guerre froide, les frontières nordiques semblent aujourd’hui sûres, stables et peu susceptibles de devenir le lieu d’un conflit. Les trois pays baltes se sentent quant à eux sous la menace d’une intervention russe sous un prétexte futile mais leur statut de membre de l’Union européenne et de l’Otan les met en théorie à l’abri d’une telle éventualité. De même pour la Pologne, qui ne cesse d’acheter du matériel de guerre américain et d’héberger des bases américaines, y compris le bouclier antimissile, pour se prémunir de toutes velléités territoriales russes.…

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