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11 septembre : du World Trade Center à l’Etat islamique

Mais surtout, ces deux avions incarnaient le tragique qui faisait son retour, après une décennie où le triomphe de la mondialisation libérale débarrassée du communisme avait voulu croire à une « fin de l’Histoire ».

Auréolés de leur « victoire » par KO contre l’URSS qui s’était effondrée dix ans plus tôt, et sans puissance rivale importante, les Etats-Unis étaient alors considérés comme l’hyperpuissance : celle qui exporte son modèle de société et joue le rôle de « gendarme du monde », comme lors de la guerre du Golfe en 1991, ou celles contre la Yougoslavie dans les années 90. Comme en 1941, les Etats-Unis allaient violemment perdre leur illusion, par cette attaque faisant penser à un nouveau « Pearl Harbor ». Les différentes cibles étaient des symboles de la puissance américaine comme le WTC pour l’économie, le Pentagone pour le domaine militaire et enfin le Capitole pour le politique, épargné in extremis grâce au courage des passagers du vol 993 qui se sont sacrifiés.

De plus, cette action devait crédibiliser Ben Laden comme le grand défenseur de l’islam et amener les Etats-Unis à se replier sur eux-mêmes

Derrière ces actes terroristes c’est Al-Qaïda (« la base » en arabe) qui était à l’œuvre avec à sa tête Oussama Ben Laden, dont l’objectif était de porter un coup symbolique à la grande puissance occidentale, identifiée comme la représentation du Mal, en raison de son mode de vie et de son soutien à Israël. De plus, cette action devait crédibiliser Ben Laden comme le grand défenseur de l’islam et amener les Etats-Unis à se replier sur eux-mêmes. Ce repli aurait alors pu conduire à abandonner la monarchie saoudienne, alliée de Washington et abritant les lieux saints de l'islam avec la Mecque et Médine. Il s’en serait alors suivi une lutte pour renverser la dynastie Saoud, présentée comme corrompue de par ses liens avec l’Occident et la présence militaire américaine sur son territoire. De fait, il s’agissait pour Ben Laden de s’inscrire dans le sillage de la prise d’otage de la Grande Mosquée de la Mecque du 20 novembre 1979 par des fondamentalistes islamistes, qui réclamaient la destitution des Saoud, évènement dont il fut témoin. [...]

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Du néo-impérialisme turco-ottoman au chaos libyen

Bien que redevenue elle-même néo-impériale et donc colonisatrice, la Turquie post-kémaliste qu''Erdogan a réussi à mettre sur pied depuis son accession au pouvoir en 2002 se présente dans le tweet de la vidéo, comme le protecteur des “peuples opprimés, de Gibraltar au Hedjaz [en Arabie Saoudite], des Balkans à l’Asie”. Hommage au "national-islamisme" et au militarisme turco-ottoman du néo-sultan, le clip décrit assez fidèlement la “nouvelle Turquie” dont la "profondeur stratégique", les "droits historiques" et les "besoins d'espace vital" commanderaient de se redéployer de la Syrie à la Libye, de l'Asie centrale turcophone à l'Afrique du nord ex-ottomane et à l'Afrique noire musulmane, et même des Balkans aux communautés musulmanes d'Europe.

https://www.youtube.com/watch?v=XsTrwU4IqXc

C'est dans ce contexte qu'il convient de resituer l'activisme militaire, économique, culturel, politique, religieux (islamiste) et gazo-pétrolier d'Ankara en Méditerranée, notamment en Libye et autour des îles grecques et du gaz offshore que la Turquie dispute à la République de Chypre, à la Grèce, à l'Egypte et même au Liban, à Israël, à la Syrie et aux compagnies pétrolières occidentales. Tous ces dossiers sont en réalité liés, y compris la lutte acharnée contre les "terroristes kurdes" et la "défense des minorités turkmènes" en Syrie ou en Irak, qui permettent à Ankara de justifier l'édification de comptoirs, de bases militaires turques et même de "protectorats". [...]

Pizzagate, le complot était presque pas frais

Pedowood », « pizzagate » ou « pleasure island » sont autant de noms qui reviennent dans les conversations entre conspirationnistes. Y a-t-il du vrai dans cette pyramide d’histoires qui paraissent toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres ? Oui. Hollywood est, par exemple, le théâtre d’abus d’enfants stars depuis plusieurs décennies. Les anecdotes sordides sont d’ailleurs trop nombreuses pour être toutes rapportées. On se souvient des propos d’Elijah Wood en 2016 sur les abus psychologiques ou sexuels : « Il y a quelque chose de vraiment mauvais qui réside dans les tréfonds d’Hollywood […] Je ne suis jamais allé aux soirées qui favorisaient ce genre de choses. […] Si vous n’avez pas de base solide à laquelle vous accrocher, par exemple la famille, alors ce sera très compliqué d’affronter le milieu ».

Des parcours cabossés de jeunes gens torturés, détruits par la drogue et les excès, Hollywood en connaît autant que le temple de la promotion de catch qu’est la WWE, avec ses tueries sous stéroïdes, ses suicides et ses viols

Vedette des productions pour adolescents des années 1980, Corey Feldman a lui aussi dénoncé les agissements de certains adultes lorsqu’il était au faîte de sa gloire. Des parcours cabossés de jeunes gens torturés, détruits par la drogue et les excès, Hollywood en connaît autant que le temple de la promotion de catch qu’est la WWE, avec ses tueries sous stéroïdes, ses suicides et ses viols. Pendant trente ans, l’ancien marine Scotty Bowers fut ainsi le pourvoyeur en jeunes hommes et en jeunes femmes des acteurs de la A-List hollywodienne, depuis sa station-service d’Hollywood Boulevard. Il est malheureusement difficile de distinguer ce qui tient lieu de fantasme de ce qui est avéré. Les arrestations d’Harvey Weinstein et de Jeffrey Epstein ou encore les révélations sur le comportement privé du réalisateur Bryan Synger, auront toutefois libéré la parole. [...]

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La diplomatie chrétienne de Viktor Orbán

Enfant terrible de l’UE qui s’oppose frontalement à l’immigration massive, à George Soros, à Bruxelles, Orbán est souvent accusé d’attenter à l’État de droit et de construire un pouvoir fort. Ses relations avec Trump, Poutine, Erdogan et Xi Jinping sont également rappelées souvent, censément pour le couvrir d’opprobre. Cette approche superficielle n’est pas que partiale, elle est également terriblement partielle : Viktor Orbán redéfinit actuellement la diplomatie hongroise, de concert avec la construction de son « régime illibéral ».

« Ce nouvel État que nous bâtissons en Hongrie est un État illibéral, c’est à- dire qu’il n’est pas libéral [libéral au sens moral, comme l’anglais liberal, pour signifier progressiste, libertaire, ndt] ». C’est en ces termes que le Premier ministre hongrois introduit en 2014, à l’université d’été de Tusványos, le concept d’illibéralisme dans le paysage européen. Coup de tonnerre. Mais rapidement, le concept montre ses limites : là où les libéraux s’appuient sur un système de croyances structuré – le progrès, le matérialisme et l’individualisme – l’illibéral Orbán ne peut réussir sa « contre-révolution culturelle » sans rétablir les valeurs chrétiennes à leur juste place. Revenant en 2019 sur l’expression, accusant les libéraux d’avoir sciemment détourné le sens d'« illibéral », l’interprétant comme un mot simplement privatif, il renchérit : ce qu’il s’efforce de bâtir est une démocratie chrétienne. [...]

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Georges Károlyi : « les Hongrois, qui sont des gens fiers, n’admettent pas que certains prétendent leur apprendre aujourd’hui ce que sont les « valeurs européennes » »
Monsieur l'Ambassadeur, vous appartenez à l’illustre famille Károlyi qui a donné de nombreux grands serviteurs de l’État à la Hongrie. Malheureusement, l’histoire officielle a surtout retenu votre grand-oncle Mihály Károlyi, le « comte rouge » qui fut l’éphémère président de la République Hongroise en 1919 après avoir détrôné les Habsbourg en 1918 et avant d’être lui-même balayé par la révolution bolchevique de Béla Kun. Alors que son demi-frère, le comte József Károlyi (1884-1934), votre grand-père, est une figure bien plus attachante, par sa fidélité dynastique aux Habsbourg et son conservatisme politique qui le place dans la lignée des grands catholiques sociaux. Pouvez-vous nous brosser son portrait et nous expliquer pourquoi vous avez voulu ainsi le mettre en avant ? À l’étranger, le nom de mon grand-oncle Mihály était connu parce qu’il a été, même si c’est pour peu de temps, Premier ministre et président de la République. Mais même à une époque où « tout changeait », le label de « comte rouge » était loin de rendre justice à l’image de ma famille. C’est pour cette raison que j’ai souhaité rétablir l’équilibre en faisant sortir de l’oubli la personnalité de mon grand-père, dont les qualités humaines – dont je n’ai pu qu’entendre parler, ne l’ayant pas connu – m’avaient fortement impressionné. [...]
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Après Sainte-Sophie, Saint-Pierre de Rome ?
Nous considérons qu’il s’agit d’une affaire intérieure de la Turquie et ni nous, ni d’autres ne doivent s’ingérer », déclarait le 13 juillet le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Verchinine à propos de l’ouverture au culte musulman de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople trois jours plus tôt. « Toutefois, nous ne pouvons pas ne pas attirer l’attention sur l’importance de ce site du point de vue de la culture et de la civilisation mondiales ». La réaction tout en douceur de la diplomatie russe a contrasté avec l’émoi du patriarche de Moscou, Kirill. Elle a également contrasté avec l’inauguration de la grande mosquée de Moscou en présence de Recep Tayyip Erdogan le 23 septembre 2015. [...]
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Nikola Mirkovic : « Même si Djukanovic réussit à s’en sortir, ce ne sera pas pour longtemps »
Quelle était l’atmosphère lors des dernières semaines de la campagne électorale, et quel a été le résultat des urnes ? L’ambiance était assez électrique. À la fin du mois de décembre dernier une loi qui a été votée par le Parlement, qui a conduit la totalité des orthodoxes fidèles à l’Église orthodoxe serbe à manifester dans les rues. Les semaines précédant les élections ont vu le gouvernement actuel tenter d’interdire les processions sous prétexte du Covid-19. Pour contourner l’interdiction, les orthodoxes ont été très actifs et organisé des processions en voiture, en bateau, etc. Il n’y a pas eu de dérapage mais on sentait une tension palpable sur le terrain à la veille du scrutin. Le résultat des élections n’a été une surprise que pour ceux qui ne connaissent pas le pays. C’est une défaite pour le pouvoir en place, avec une diminution du nombre de voix pour le parti présidentiel qui est au pouvoir depuis trente ans et un très beau succès des partis d’opposition. Le parti présidentiel, chute beaucoup et n’aura que la majorité relative dans le Parlement. [...]
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Mort de Aaron Danielson, dernier acte de la violence antifa aux États-Unis
Depuis la mort de l’Afro-américain George Floyd, Portland, plus grande ville de l’Oregon (ouest des États-Unis), est devenu l’épicentre des manifestations « contre les discriminations raciales et les violences policières ». La ville connaît ainsi chaque soir des scènes de violences et de pillages : ainsi, le 16 août un homme blanc est passé à tabac par les militants du mouvement Black Lives Matter (BLM) et des antifas. L’affaire de Jacob Blake, autre Afro-américain grièvement blessé lors de son interpellation par la police le 23 août à Kenosha, dans le Wisconsin, a ravivé les tensions, et les manifestations BLM ont été suivies de scènes de vandalisme la nuit. Ces dégradations ont conduit à la formation de groupes d’autodéfenses : dans la nuit du 26 août un adolescent de 17 ans, armé d’un fusil, a tiré sur deux « antifas ». Lundi dernier, le président Trump a apporté son soutien à cet adolescent, estimant qu’il avait agi en légitime défense. [...]
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