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Libye : les transformations historiques

Accord clé

La reprise de la production pétrolière est le résultat direct de l'accord annoncé le 18 septembre par le vice-président du Conseil présidentiel libyen, Ahmed Miitig, et Commandant général de l'Armée nationale libyenne Khalifa Haftar. Au début de cette année, les tribus libyennes de l'Est et du Sud ont bloqué la production et l'exportation de presque tout le pétrole. La politique de la Compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) et de la Banque centrale de Libye a obligé les Libyens à prendre des mesures aussi extrêmes. Les fonds provenant de la production de pétrole devaient être répartis entre toutes les régions du pays, mais les principaux fonds s'étaient installés dans la capitale, Tripoli.  Étant donné que la capitale est contrôlée par des groupes islamistes armés, l'argent du peuple libyen est allé aux islamistes. Dans le même temps, les représentants des tribus, sur les terres desquelles le pétrole était extrait, se sont battus contre ces mêmes islamistes.

Le blocus a été soutenu par Haftar, dont les troupes attaquaient Tripoli. Le gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli, considéré comme reconnu par l'ONU mais non élu par quiconque, s'y est opposé. Le GNA a été établi en tant que gouvernement intérimaire de la Libye dans le cadre de l'Accord politique libyen de Skhirat de 2015 (Maroc). Cependant, sans ses propres structures de sécurité, le GNA est rapidement tombée sous le contrôle des islamistes et des militants, dont beaucoup, comme l'odieux ministre des affaires étrangères Fathi Bashagha, ont ensuite rejoint directement le "gouvernement". [...]

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Une milice noire, cauchemar des blancs américains

Le « Mont Rushmore » de la Confédération est un lieu hautement symbolique pour le Ku Klux Klan, organisation suprématiste blanche qui a infuencé la politique américaine au cours du XXe siècle. Sur le flanc nord de cet immense bas-relief rocheux situé en Géorgie, les figures des généraux Tomas « Stonewall » Jackson et Robert Lee, du président sudiste Tomas Jefferson. C’est ici que la milice noire, « Not Fucking Around Coalition » (NFAC), a décidé de parader le 5 juillet, attirant l’œil des médias et des touristes de passage qui ont filmé cette scène incroyable et inédite. 

Armé de fusils d’assauts, vêtus tout de noirs leur porte-parole, « Grand master Jay » a invectivé dans le vide différents groupes suprématistes blancs depuis son haut-parleur. « Je ne vois pas de milices blanches. Où sont donc les “Boogie Boys”, les “Tree Percenters” et tous vos semblables. Vous n’êtes que des “rednecks effrayés” », a aboyé l’homme dont le visage était recouvert d’une cagoule. « Nous sommes ici chez nous, nous sommes chez vous, dans vos maisons », a-t-il continué de crier tandis que ses hommes marchaient au pas, dans un style qui se voulait militaire. [..]

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Louis de Bourbon, prince déchu des Franco

C’est une guérilla sans relâche que livre le gouvernement du Premier ministre Pedro Sanchez contre le descendant du général Francisco Franco, dictateur espagnol décédé en 1975. Après avoir obtenu en octobre 2019, au prix d’un long combat judiciaire, l’exhumation des restes du caudillo hors de son imposant mausolée, le gouvernement Sanchez-Iglesias entend désormais s’attaquer au reste de la famille.

Questionné dans Paris Match en 2019, le descendant d'Alphonse XIII et de Francisco Franco déplorait le harcèlement mémoriel dont sa famille faisait l'objet par le gouvernement socialiste. « Le gouvernement espagnol actuel fait tout pour effacer son héritage. On abat des statues, on rebaptise des rues, et c’est regrettable. Franco a créé la classe moyenne en Espagne, il a créé des forêts, des lacs et des routes, il a empêché que le pays n’entre dans la guerre et que le communisme s’installe. Évidemment, il y a eu la guerre civile, mais il ne l’a pas voulue. Il ne faut pas gommer l’Histoire », affirmait déjà, il y a dix ans, Louis-Alphonse de Bourbon. En faisant voter un projet de loi de mémoire démocratique, le 15 septembre, le gouvernement a décidé une nouvelle étape : la dissolution de la fondation (qui menace de délocaliser aux Etats-Unis toutes ses archives) et du duché de Franco.

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11 septembre : du World Trade Center à l’Etat islamique

Mais surtout, ces deux avions incarnaient le tragique qui faisait son retour, après une décennie où le triomphe de la mondialisation libérale débarrassée du communisme avait voulu croire à une « fin de l’Histoire ».

Auréolés de leur « victoire » par KO contre l’URSS qui s’était effondrée dix ans plus tôt, et sans puissance rivale importante, les Etats-Unis étaient alors considérés comme l’hyperpuissance : celle qui exporte son modèle de société et joue le rôle de « gendarme du monde », comme lors de la guerre du Golfe en 1991, ou celles contre la Yougoslavie dans les années 90. Comme en 1941, les Etats-Unis allaient violemment perdre leur illusion, par cette attaque faisant penser à un nouveau « Pearl Harbor ». Les différentes cibles étaient des symboles de la puissance américaine comme le WTC pour l’économie, le Pentagone pour le domaine militaire et enfin le Capitole pour le politique, épargné in extremis grâce au courage des passagers du vol 993 qui se sont sacrifiés.

De plus, cette action devait crédibiliser Ben Laden comme le grand défenseur de l’islam et amener les Etats-Unis à se replier sur eux-mêmes

Derrière ces actes terroristes c’est Al-Qaïda (« la base » en arabe) qui était à l’œuvre avec à sa tête Oussama Ben Laden, dont l’objectif était de porter un coup symbolique à la grande puissance occidentale, identifiée comme la représentation du Mal, en raison de son mode de vie et de son soutien à Israël. De plus, cette action devait crédibiliser Ben Laden comme le grand défenseur de l’islam et amener les Etats-Unis à se replier sur eux-mêmes. Ce repli aurait alors pu conduire à abandonner la monarchie saoudienne, alliée de Washington et abritant les lieux saints de l'islam avec la Mecque et Médine. Il s’en serait alors suivi une lutte pour renverser la dynastie Saoud, présentée comme corrompue de par ses liens avec l’Occident et la présence militaire américaine sur son territoire. De fait, il s’agissait pour Ben Laden de s’inscrire dans le sillage de la prise d’otage de la Grande Mosquée de la Mecque du 20 novembre 1979 par des fondamentalistes islamistes, qui réclamaient la destitution des Saoud, évènement dont il fut témoin. [...]

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Du néo-impérialisme turco-ottoman au chaos libyen

Bien que redevenue elle-même néo-impériale et donc colonisatrice, la Turquie post-kémaliste qu''Erdogan a réussi à mettre sur pied depuis son accession au pouvoir en 2002 se présente dans le tweet de la vidéo, comme le protecteur des “peuples opprimés, de Gibraltar au Hedjaz [en Arabie Saoudite], des Balkans à l’Asie”. Hommage au "national-islamisme" et au militarisme turco-ottoman du néo-sultan, le clip décrit assez fidèlement la “nouvelle Turquie” dont la "profondeur stratégique", les "droits historiques" et les "besoins d'espace vital" commanderaient de se redéployer de la Syrie à la Libye, de l'Asie centrale turcophone à l'Afrique du nord ex-ottomane et à l'Afrique noire musulmane, et même des Balkans aux communautés musulmanes d'Europe.

https://www.youtube.com/watch?v=XsTrwU4IqXc

C'est dans ce contexte qu'il convient de resituer l'activisme militaire, économique, culturel, politique, religieux (islamiste) et gazo-pétrolier d'Ankara en Méditerranée, notamment en Libye et autour des îles grecques et du gaz offshore que la Turquie dispute à la République de Chypre, à la Grèce, à l'Egypte et même au Liban, à Israël, à la Syrie et aux compagnies pétrolières occidentales. Tous ces dossiers sont en réalité liés, y compris la lutte acharnée contre les "terroristes kurdes" et la "défense des minorités turkmènes" en Syrie ou en Irak, qui permettent à Ankara de justifier l'édification de comptoirs, de bases militaires turques et même de "protectorats". [...]

Pizzagate, le complot était presque pas frais

Pedowood », « pizzagate » ou « pleasure island » sont autant de noms qui reviennent dans les conversations entre conspirationnistes. Y a-t-il du vrai dans cette pyramide d’histoires qui paraissent toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres ? Oui. Hollywood est, par exemple, le théâtre d’abus d’enfants stars depuis plusieurs décennies. Les anecdotes sordides sont d’ailleurs trop nombreuses pour être toutes rapportées. On se souvient des propos d’Elijah Wood en 2016 sur les abus psychologiques ou sexuels : « Il y a quelque chose de vraiment mauvais qui réside dans les tréfonds d’Hollywood […] Je ne suis jamais allé aux soirées qui favorisaient ce genre de choses. […] Si vous n’avez pas de base solide à laquelle vous accrocher, par exemple la famille, alors ce sera très compliqué d’affronter le milieu ».

Des parcours cabossés de jeunes gens torturés, détruits par la drogue et les excès, Hollywood en connaît autant que le temple de la promotion de catch qu’est la WWE, avec ses tueries sous stéroïdes, ses suicides et ses viols

Vedette des productions pour adolescents des années 1980, Corey Feldman a lui aussi dénoncé les agissements de certains adultes lorsqu’il était au faîte de sa gloire. Des parcours cabossés de jeunes gens torturés, détruits par la drogue et les excès, Hollywood en connaît autant que le temple de la promotion de catch qu’est la WWE, avec ses tueries sous stéroïdes, ses suicides et ses viols. Pendant trente ans, l’ancien marine Scotty Bowers fut ainsi le pourvoyeur en jeunes hommes et en jeunes femmes des acteurs de la A-List hollywodienne, depuis sa station-service d’Hollywood Boulevard. Il est malheureusement difficile de distinguer ce qui tient lieu de fantasme de ce qui est avéré. Les arrestations d’Harvey Weinstein et de Jeffrey Epstein ou encore les révélations sur le comportement privé du réalisateur Bryan Synger, auront toutefois libéré la parole. [...]

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La diplomatie chrétienne de Viktor Orbán

Enfant terrible de l’UE qui s’oppose frontalement à l’immigration massive, à George Soros, à Bruxelles, Orbán est souvent accusé d’attenter à l’État de droit et de construire un pouvoir fort. Ses relations avec Trump, Poutine, Erdogan et Xi Jinping sont également rappelées souvent, censément pour le couvrir d’opprobre. Cette approche superficielle n’est pas que partiale, elle est également terriblement partielle : Viktor Orbán redéfinit actuellement la diplomatie hongroise, de concert avec la construction de son « régime illibéral ».

« Ce nouvel État que nous bâtissons en Hongrie est un État illibéral, c’est à- dire qu’il n’est pas libéral [libéral au sens moral, comme l’anglais liberal, pour signifier progressiste, libertaire, ndt] ». C’est en ces termes que le Premier ministre hongrois introduit en 2014, à l’université d’été de Tusványos, le concept d’illibéralisme dans le paysage européen. Coup de tonnerre. Mais rapidement, le concept montre ses limites : là où les libéraux s’appuient sur un système de croyances structuré – le progrès, le matérialisme et l’individualisme – l’illibéral Orbán ne peut réussir sa « contre-révolution culturelle » sans rétablir les valeurs chrétiennes à leur juste place. Revenant en 2019 sur l’expression, accusant les libéraux d’avoir sciemment détourné le sens d'« illibéral », l’interprétant comme un mot simplement privatif, il renchérit : ce qu’il s’efforce de bâtir est une démocratie chrétienne. [...]

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Georges Károlyi : « les Hongrois, qui sont des gens fiers, n’admettent pas que certains prétendent leur apprendre aujourd’hui ce que sont les « valeurs européennes » »
Monsieur l'Ambassadeur, vous appartenez à l’illustre famille Károlyi qui a donné de nombreux grands serviteurs de l’État à la Hongrie. Malheureusement, l’histoire officielle a surtout retenu votre grand-oncle Mihály Károlyi, le « comte rouge » qui fut l’éphémère président de la République Hongroise en 1919 après avoir détrôné les Habsbourg en 1918 et avant d’être lui-même balayé par la révolution bolchevique de Béla Kun. Alors que son demi-frère, le comte József Károlyi (1884-1934), votre grand-père, est une figure bien plus attachante, par sa fidélité dynastique aux Habsbourg et son conservatisme politique qui le place dans la lignée des grands catholiques sociaux. Pouvez-vous nous brosser son portrait et nous expliquer pourquoi vous avez voulu ainsi le mettre en avant ? À l’étranger, le nom de mon grand-oncle Mihály était connu parce qu’il a été, même si c’est pour peu de temps, Premier ministre et président de la République. Mais même à une époque où « tout changeait », le label de « comte rouge » était loin de rendre justice à l’image de ma famille. C’est pour cette raison que j’ai souhaité rétablir l’équilibre en faisant sortir de l’oubli la personnalité de mon grand-père, dont les qualités humaines – dont je n’ai pu qu’entendre parler, ne l’ayant pas connu – m’avaient fortement impressionné. [...]
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