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Donald Trump à la reconquête de la ménagère américaine

De loin, ça pourrait ressembler à une réunion Tupperware. Même atmosphère cosy, et presque le même public. La maîtresse des lieux, Stephanie Perdue a préparé des cookies et du thé glacé, ce thé ultra-sucré et presque sirupeux dont raffolent les Texans qui le versent au moyen de grandes cruches à toute heure de la journée. Une de ses amies débarque en retard avec des bannières et des fanions aux couleurs de son champion. Mais c’est le mannequin en carton en taille réelle de Donald Trump qui amuse le plus cette bande de copines. Le plan de bataille est dressé sur la table de la cuisine : telle maison est à visiter en priorité, tel secteur compte tant d’indépendants, tel voisin est enregistré chez les Démocrates.

Bienvenue au « Victory Block Walk », une sorte de porte-à-porte organisé dans le voisinage d’une militante, généralement une mère de famille, dévouée à la cause républicaine et en particulier à celle de son président, en mauvaise posture dans les sondages et notamment chez les suburban women, ces femmes de banlieue qui font ou défont une élection depuis les années 1980. Ces épouses, mères, ou femmes célibataires, dont tous les spécialistes disent qu’elles sont modérément conservatrices, moins à droite que les hommes : bref, qui veulent bien l’ordre, soutiennent l’Église, mais sans les dérapages verbaux de l’ex-présentateur de « The Apprentice », devenu chef d’État. Law and order, loin de la chienlit des grandes villes dirigées par les démocrates, tel est leur mot d’ordre.

Dehors, et malgré deux orages tropicaux par jour arrosant le nord-est du Texas, il fait une chaleur de plomb. Même les cactus semblent souffrir. L’ombre est rare à Crowley, une petite ville coquette de 13 000 habitants, en banlieue sud de Fort-Worth, perdue dans la gigantesque « Metroplex » qui comprend Dallas et qui en fait la quatrième agglomération du pays. Ici, on vit en terrain climatisé huit mois par an. Dans ce méandre urbain, quand on doit se rendre à l’extérieur, même pour 300 mètres, on le fait en voiture, l’air conditionné poussé au maximum de ses possibilités. [...]

Jean-Éric Branaa : « Trump aurait pu entrer dans l’histoire »

Vous aviez publié un livre audacieux en 2019 à propos de Donald Trump : Et s’il gagnait encore ? Diriez-vous la même chose aujourd’hui ?

Les choses ont un peu évolué depuis. J’expliquais dans les trois quarts du livre que Donald Trump avait énormément d’atouts dans son jeu. Depuis le début de son mandat, j’estime qu’il n’est pas là par hasard et qu’il a été élu avec des idées qui correspondent à celles du parti républicain. Bush et Romney avaient fait les mêmes propositions avant lui : il n’y avait donc pas énormément de surprises dans le programme de Trump.

Le parti républicain a d’ailleurs fini par se ranger derrière le Président.

En effet, sa personnalité a d’abord rebuté : mais dans le fond du programme, il n’y avait rien de choquant. D’abord, d’un point de vue économique, un libéralisme qui permet à la machine, grâce à la dérégulation, de tourner toute seule. Sur le plan sociétal, il y avait deux marqueurs : l’opposition à l’avortement, ce qui lui a apporté le soutien des évangélistes et du vice-président Mike Pence ; et l’attachement aux armes parce que l’électorat républicain est rural, chasseur en grande partie. C’est une Amérique qui a peur, c’est le parti de l’ordre. [...]

Charles de Meyer : « l’Arménie n’est pas riche, et l’urgence humanitaire est bien présente pour ces déplacés »

Où en est le conflit militaire opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabagh ?

Le conflit militaire est particulièrement sanglant. On parle de plusieurs milliers de morts actuellement dans les deux camps, avec des trêves négociées par l’international qui n’arrivent pas être réellement mises en place, et avec des orages de feu déployés par l’Azerbaïdjan qui bénéficie du soutien des forces armées et du gouvernement turcs, et d’une manne financière extrêmement importante qui vient du pétrole de Bakou. On voit vraiment une opposition de style avec la mobilisation très populaire dans le Haut-Karabagh pour essayer de faire face à l’agression de l’Azerbaïdjan. Régulièrement, les cessez-le-feu ne sont pas respectés. On l’a vu sur les réseaux sociaux hier : le cessez-le-feu a été annoncé dimanche soir et le ministère des Affaires Étrangères de l’Azerbaïdjan annonçait qu’il ne serait pas respecté dès le lendemain à 8h.

Un véritable État-profond en place au Quai d’Orsay ralentit depuis très longtemps les initiatives de Macron

Aujourd’hui, la conciliation internationale est bloquée à cause du paysage international, notamment parce que l’Azerbaïdjan a choisi d’intervenir au moment où la communauté internationale était très divisée sur la question des nombreuses agressions turques et de la situation en Biélorussie. Les partenaires internationaux qui devraient être aujourd’hui autour de la table pour réussir à apaiser la situation, c’est à dire le groupe de Minsk - France, États-Unis et la Russie –, ont des difficultés pour se parler et ont donc une action faible pour réconcilier Bakou et Erevan.

Quelles sont les conséquences humanitaires du conflit dans cette région majoritairement chrétienne ?

Les conséquences sont très immédiates, à savoir la présence de nombreux déplacés internes : des gens du Haut-Karabagh sont chassés de chez eux par la guerre avec les souffrances économiques et personnelles habituelles dans ce genre de cas. Avec la promiscuité qui s’en suit, l’expansion du coronavirus est un danger important. J’imagine qu’il y a aussi des déplacés en Azerbaïdjan mais malheureusement je n’ai pas d’informations à ce sujet.

Lire aussi : Syrie, Libye, Haut-Karabagh : la Turquie d’Erdogan met de l’huile sur le feu

Pour la situation du Caucase, à cause de l’alliance de l’Azerbaïdjan avec la Turquie, l’expansionnisme turc montre qu’il est aujourd’hui le facteur déstabilisateur de la communauté internationale. Cet expansionnisme pourrait avoir des conséquences graves dans l’ensemble du Caucase et même autour de la mer noire : on voit que l’Iran est mobilisé dans le conflit, et on sait également qu’en Bulgarie et que dans le sud de la Géorgie, des zones sont peuplées par des populations qui sont liées ou qu’Ankara tentent d’instrumentaliser. Voilà un nouveau facteur de désordre, d’autant plus qu’on sait que la Caucase a connu beaucoup de départs pour la rébellion syrienne, que beaucoup de gens sont perméables aux idées islamistes. Ça n’augure donc rien de bon pour la région.

Une mission de SOS Chrétiens d’Orient a été déployée sur place depuis le 1er octobre. Concrètement, quelles aides apportez-vous à la population locale ?

D’abord, François-Xavier Gicquel, directeur des opérations, et François-Marie Boudet, chargé de communication, se sont rendus à Stepanakert, capitale du Haut-Karabagh, afin de montrer notre soutien et notre solidarité pour des habitants qui font prévaloir leurs droits historiques. Nous reconnaissions largement la légitimité de leur combat.

Nous participons de plus en plus activement à aider les déplacés arméniens d’un point de vue médical avec des aides de première nécessité, donc un travail assez classique pour nous de recension de besoins, de connaissance des personnes et de réponses à leurs nécessités socio-économiques

Ensuite, nous participons de plus en plus activement à aider les déplacés arméniens d’un point de vue médical avec des aides de première nécessité, donc un travail assez classique pour nous de recension de besoins, de connaissance des personnes et de réponses à leurs nécessités socio-économiques. Il faut savoir que l’Arménie n’est pas riche, et que l’urgence humanitaire est bien présente pour ces déplacés. [...]

Essais monde : notre critique

Blue Lives Matter

Chez Trump d’Alexandre Mendel, L’Artilleur, 336 p., 20€

Arrivé aux États-Unis avant le travel ban décrété par Donald Trump, Alexandre Mendel signe un long et caustique livre-reportage dans l’Amérique profonde frappée par la crise. S’il ne cache pas son affection pour le président, il reste toujours lucide sur les failles énormes de sa personnalité. Sur la route au volant d’une vieille Cadillac, passant par Main street et dormant dans les Motels, il conduit le lecteur auprès de ce peuple qui voudrait instinctivement que la vieille Amérique résiste et continue comme avant. Sans surprise, observe Mendel, l’Amérique des cols bleus, qui travaille et qui souffre, revotera Trump parce qu’elle raffole de ses outrances et qu’elle lui ressemble. Tout avait bien commencé : avec une série de lois commerciales aussi protectionnistes que possible, l’économie et l’emploi repartaient jusqu’à ce que la peur du covid arrête tout. Et puis ce fut le chaos consécutif à la mort de George Floyd et le climat de terreur qui a frappé les symboles de l’identité américaine. Regardant les images de Portland et Seattle en flamme, les supporteurs de Trump ne lâchent pas leur président : plus il est attaqué et plus ils le défendent. Au fond, ils savent que l’histoire américaine est violente. [...]

Edito : Le cadeau de départ de Netanyahou
Il n’y aura aucune paix, sécurité ou stabilité pour quiconque dans la région sans la fin de l’occupation et le respect des pleins droits du peuple palestinien », a assuré le Président palestinien dans un communiqué publié en réaction à la signature des accords de normalisation à Washington entre Israël, Bahreïn et les Émirats arabes unis, le 15 septembre. L’événement est passé quasiment inaperçu tant la presse française est méfiante devant les annonces de Donald Trump. Mais au grand dam du très vieillissant président de l’Autorité palestinienne, il s’agit bien d’un succès évident de la diplomatie américaine, même s’il est très inférieur au grand plan de paix présenté par Jared Kushner, le gendre du président, en début de mandat. [...]
Syrie, Libye, Haut-Karabagh : la Turquie d’Erdogan met de l’huile sur le feu

Rappelons que le Nagorny-Karabakh, arménien depuis deux millénaires, et qui avait été donné par Staline en 1921 à l'Azerbaïdjan voisin (ennemi séculaire) dans le cadre de la politique soviétique de divide et impera, s'était détaché de Bakou durant les années 1990 à la suite de la chute de l'ex-URSS, comme tant d'autres ex-républiques ex-soviétiques, au nom du droit (légitime) des peuples à disposer d'eux-mêmes. L'Arménie, liée étroitement à cette république d'Artsakh (nom arménien du Haut-Karabakh), garda toutefois d'excellents rapports avec la Russie, qui y maintient la seule base militaire russe dans le Caucase (à Gyoumri). Toutefois, l'Azerbaïdjan, peuple turco-tatare musulman, très proche linguistiquement et politiquement de la Turquie, bien que chiite, et également lié aussi à Moscou, n'a jamais accepté qu'un pays ennemi héréditaire chrétien et non-turc se maintienne comme un obstacle naturel entre son peuple et la Turquie sœur. Certains adeptes du "panturquisme" auraient même voulu voir fusionner après avoir rayé de la carte ce verrou arménien.

Dans les médias turcs officiels, le régime "national-islamiste" d'Ankara martèle ainsi que la Turquie doit "aider la nation-soeur Azerbaïdjan à recouvrer ses terres occupées".

Alexandre del Valle

Allié indéfectible de Bakou, Ankara n'a jamais cessé de mettre de l'huile sur le feu du conflit du Karabakh, mais il est clair que depuis son alliance avec les ultra-nationalistes turcs du MHP (extrême-droite panturquiste violemment arménophobe), le président-sultan Erdogan est allé plus lain que ses prédécesseurs, encourageant ouvertement les Azéris à relancer une guerre contre les Arméniens du Karabakh qu'il veut "définitive". Dans les médias turcs officiels, le régime "national-islamiste" d'Ankara martèle ainsi que la Turquie doit "aider la nation-soeur Azerbaïdjan à recouvrer ses terres occupées". La Turquie d'Erdogan n'a cessé d'enchaîner ces derniers mois les marques d’hostilité à l’égard de l’Arménie, que le président-sultan lui-même présente dans ses discours comme "la plus grave menace régionale pour les Turcs". Rappelons qu'un mois avant le déclenchement des hostilités, en août dernier, l'armée turque a pris part à d’imposantes manœuvres militaires en Azerbaïdjan, et les F-16 qu’elles ont envoyés à l’occasion y sont restés, ce qui a permis d'abattre un avion d’attaque au sol Su-25 « Frogfoot » des forces aériennes arméniennes.

Yunus Kilic, un député? du Parti de la justice et du de?veloppement (AKP) d'Erdogan, a par exemple déclaré ces derniers jours que "les récentes attaques de l’Arménie ne visent pas seulement l’Azerbaïdjan mais le monde turc dans son ensemble »... Le ministre turc des Affaires étrangères a ainsi déclaré qu’Ankara se tenait aux côtés de l’Azerbaïdjan et «souhaitait la miséricorde d’Allah» aux soldats récemment tombés au combat. Ce langage théocratique d’Ankara sert à faire le lien entre l'islamisme néo-califal propre à Erdogan et aux Frères musulmans et l'ultra-nationalisme et donc de faire d'un conflit ethno-territorial un combat religieux existentiel. Ce narratif "national-islamiste" a déjà fait ses "preuves" en Syrie lorsque le "Rezi" Erdogan ("conquérant") a voulu convaincre les miliciens sunnites anti-Assad de rejoindre les milices turkmènes pour combattre sous "la bannière de l’islam» les «athées» Kurdes "terroristes" après avoir échoué à renverser le régime "kouffar" honni de Bachar. Idem pour la Libye où les mercenaires islamistes pro-turcs venus de Syrie ont défendu les "descendants de Turcs" du gouvernement de Tripoli et des milices islamistes Misrata, liés aux Frères musulmans, face aux "ennemis des Turcs et de l'islam" que serait le camp Haftar, quant à lui lié au Parlement de Tobrouk.

Une haine turco-azérie ancestrale envers les peuples arménien et kurdes à éliminer

Le néo-impérialisme belliciste turc se tourne maintenant contre les "envahisseurs arméniens liés aux 'terroristes' kurdes", une terminologie qui consiste à renverser les rôles et qui relève, comme on le verra de "l'accusation-miroir". C'est ainsi que le 25 septembre, le quotidien turc Daily Sabah écrivait que «l'Arménie transfère les terroristes des YPG/PKK dans la zone occupée pour former des milices contre l'Azerbaïdjan». Cette fake-news notoire a été démentie par Erevan et l'ensemble des services de renseignements occidentaux, mais bien que grossière, elle est bien reçue par les électeurs du AKP et du MHP pour qui les "terroristes" du «PKK» et les Arméniens sont toujours nécessairement liés entre eux comme tous les "ennemis du peuple turc", dont également les Grecs. Précisons que dans les médias turcs et les discours officiels d'Erdogan, les "terroristes" ne sont ni les Frères musulmans du Hamas ni les légions de jihadistes ex-membres de Daesh et Al-Qaïda recrutés comme "proxys" par Ankara mais essentiellement les Kurdes du PKK.[...]

Jérôme Rivière : « Erdogan ranime aux portes de l’Europe des conflits en tous genres »

L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent actuellement dans le Haut-Karabakh. Quels risques stratégiques ce conflit pose-t-il pour l’Union européenne ?

Tout d’abord, c’est un conflit toujours chaud, qui s’est récemment embrasé. La ligne de front entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan est une zone où il y a régulièrement des morts. En ce moment en effet, il y a une offensive particulièrement violente, mais c’est une zone conflictuelle, un peu à l’image de ce qu’il se passe dans le Cachemire entre le Pakistan et l’Inde. C’est donc un sujet bien connu. Le groupe de Minsk, qui regroupe la Russie, les États-Unis et la France est censé proposer des solutions. Ce que je trouve extrêmement pénible, c’est que la France, qui est le seul pays de l’Union européenne dans ce groupe, ne fasse absolument aucune proposition, et en soit totalement absente. C’est la Russie qui a pris les commandes et c’est véritablement dommage.

Il n’existe pas d’intérêt de l’UE en dehors de l’intérêt de marché et de l’intérêt d’une finance de connivence

L’enjeu essentiel, c’est l’offensive tous azimuts que mène la Turquie de Erdogan, qui ranime aux portes de l’Europe des conflits en tous genres. Il est dans une stratégie de provocation permanente pour reformer un zone d’influence très forte pour la Turquie en vue de rétablir une forme d’empire ottoman. On connaît les relations entre la Turquie et l’Azerbaïdjan, et la haine féroce que la Turquie voue pour l’Arménie. C’est aussi un conflit de civilisation assez classique entre la civilisation chrétienne et la civilisation musulmane.

La Turquie a apporté son soutien à l'Azerbaïdjan en présentant l'Arménie comme l'agresseur. Plusieurs pays de l’UE faisant partie de l’OTAN, une interprétation au premier degré de nos alliances militaires pourrait nous conduire à devoir se battre aux côtés de la Turquie, peut-être même contre la Russie. Est-ce que cet engrenage vous paraît crédible ?

Non, je ne pense pas. Mais c’est la même logique que ce qui s’est passé en Méditerranée, où la Turquie manoeuvrée par Erdogan essaye de mettre aux pieds du mur les pays de l’UE qui sont dans l’OTAN pour les mettre dans une contradiction manifeste entre leurs traités et leurs intérêts. Il y a quelques semaines, il a été extrêmement choquant d’assister à des manœuvres en Méditerranée orientale de la France et de la Grèce – membres de l’OTAN – avec en face des manœuvres de la Turquie et des Américains. Celui qui a parlé avec les mots les plus justes de l’OTAN c’est Emmanuel Macron, lorsqu’il a dit que « L’OTAN est dans un état de mort cérébrale ». Ce qui est dramatique, c’est qu’il n’en a pas tiré les conséquences. Il est urgent que nous quittions le commandement militaire intégré de l’OTAN, justement pour qu’en aucune façon nous nous retrouvions dans une situation où il faudrait choisir entre être entraîné dans un conflit qui nous est étranger, ou s’il ne nous est pas étranger nous emmènerait du mauvais côté du conflit

Très concrètement, quelles sont les relations entretenues entre l’UE et l’OTAN ? [...]

Libye : les transformations historiques

Accord clé

La reprise de la production pétrolière est le résultat direct de l'accord annoncé le 18 septembre par le vice-président du Conseil présidentiel libyen, Ahmed Miitig, et Commandant général de l'Armée nationale libyenne Khalifa Haftar. Au début de cette année, les tribus libyennes de l'Est et du Sud ont bloqué la production et l'exportation de presque tout le pétrole. La politique de la Compagnie nationale pétrolière libyenne (NOC) et de la Banque centrale de Libye a obligé les Libyens à prendre des mesures aussi extrêmes. Les fonds provenant de la production de pétrole devaient être répartis entre toutes les régions du pays, mais les principaux fonds s'étaient installés dans la capitale, Tripoli.  Étant donné que la capitale est contrôlée par des groupes islamistes armés, l'argent du peuple libyen est allé aux islamistes. Dans le même temps, les représentants des tribus, sur les terres desquelles le pétrole était extrait, se sont battus contre ces mêmes islamistes.

Le blocus a été soutenu par Haftar, dont les troupes attaquaient Tripoli. Le gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli, considéré comme reconnu par l'ONU mais non élu par quiconque, s'y est opposé. Le GNA a été établi en tant que gouvernement intérimaire de la Libye dans le cadre de l'Accord politique libyen de Skhirat de 2015 (Maroc). Cependant, sans ses propres structures de sécurité, le GNA est rapidement tombée sous le contrôle des islamistes et des militants, dont beaucoup, comme l'odieux ministre des affaires étrangères Fathi Bashagha, ont ensuite rejoint directement le "gouvernement". [...]

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