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Kastellorizo : paradis grec à portée de Turc
Si la Méditerranée était un lac, Kastellorizo serait un grain de sable, flottant près de la rive sans jamais vouloir la rejoindre. Une poussière d’Europe aux pieds de l’Asie mineure. Une miette de Grèce devant la gueule grande ouverte de la Turquie. Mais ce grain de sable est, pour ainsi dire, « devenu la pierre d’angle », au propre comme au figuré. [...]
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Bruno Gollnisch : « Le bilan de Shinzo Abe est un bilan plutôt positif »

Shinzo Abe vient de démissionner de son poste de Premier Ministre du Japon en invoquant des raisons de santé. Dans quel climat politique cette décision intervient-elle ?

Ce n’est pas un mauvais climat politique pour Monsieur Abe. Je crois que les raisons de santé qu’il invoque ne sont pas du tout un prétexte. Je crois que c’est une maladie récurrente et très grave de l’intestin qui l’avait déjà conduit à interrompre un premier mandat (en 2007, NDLR). Il y avait eu un mieux et il était revenu au pouvoir avec une longévité assez exceptionnelle.

Il n’était pas dans une mauvaise situation politique, et il n’y avait aucune échéance immédiate. Sur le plan national l’opposition est minoritaire. Au sein de son parti il y a quelques critiques, mais son autorité n’était pas substantiellement remise en cause. Rien sur le plan politique donc ne l’obligeait à démissionner

Le mandat de Shinzo Abe a été fragilisé par sa gestion controversée de la pandémie du Covid-19. Cela a-t-il joué un rôle dans sa décision ?

Non, absolument pas. Comme beaucoup d’autres dirigeants internationaux, la crise du coronavirus n’a certes pas facilité son mandat et il a été critiqué à cet égard. Cependant, si vous comparez la situation du Japon dont la population est doublement supérieure à celle de la France, quand le Japon a eu 1200 morts, la France en a eu plus de 30000. Le Japon s’en est donc plutôt pas mal sorti avec des exigences de confinement et de port du masque très inférieures à celles de la France. [...]

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Frédéric Pichon : « Le Liban n’en est pas à sa première disparition-résurrection »

Au micro de RTL ce jeudi 27 juillet, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a déclaré qu’il y avait un risque de « disparition » du Liban au regard de la crise politique traversée par le pays. Très concrètement, ce matin, qui dirige le Liban ?

L’échec du modèle libanais c’est avant tout celui d’un État fragile constitué sur un compromis bancal. Le grand journaliste libanais Georges Naccache écrivait dès 1949 : « Ce qu’on appelle l’État n’est plus que cette immonde foire ouverte aux plus insolentes entreprises des aventuriers qui ont mis au pillage les biens de la nation. » Plus loin il ajoutait, de façon prémonitoire : « le régime actuel de l’Indépendance est condamné, pour se maintenir, à une perpétuelle violence. » En effet, la double négation évoquée par Naccache renvoyait au refus contenu dans le fameux Pacte National de 1943 de choisir entre l’Orient et l’Occident, entre arabité et modernité. Dans l’impossibilité de se déterminer, le Liban est ainsi devenu le ventre mou de l’Orient en ébullition et s'est condamné à devenir une sorte de paradigme de la mondialisation financière avant l'heure, l’activité bancaire étant la seule ressource du pays.

Dans l’impossibilité de se déterminer, le Liban est ainsi devenu le ventre mou de l’Orient en ébullition et s'est condamné à devenir une sorte de paradigme de la mondialisation financière avant l'heure

Mais au prix d’acrobaties financières qui l’ont mené à sa perte : au Liban, ce sont les banques privées qui fournissent à la Banque centrale de quoi émettre la monnaie ! Aggravé par le communautarisme qui ronge la société libanaise, le démembrement potentiel de l’État au profit des communautés et des grandes familles qui les composent (Gemayel, Joumblatt) est devenu la norme très tôt. Dès lors que l'élite qui gérait le système était dénuée d'esprit civique, elle pratiquait un opportunisme sauvage dans la conquête du pouvoir. En 1975, la crise se mue en affrontement sanglant dont la première victime fut l’État et l’armée libanaise. Ce que je veux dire c’est que le Liban n’en est pas à sa première disparition-résurrection et qu’en terme de souveraineté, le Liban s’accommode (de moins en moins certes) d’une forme d’anarchie politique, qui est en quelque sorte le secret de son existence même. 

Différents bateaux français ont déjà été affrétés pour livrer du matériel et de la nourriture au Liban. Parallèlement, le gouvernement appelle les autorités libanaises à former un nouveau gouvernement et à engager de profondes réformes structurelles. Certains dénoncent une tentative d’ingérence, alors qu’au même moment des libanais ont demandé un mandat français temporaire sur le pays. Quelle analyse faites-vous de la position française suite à l’explosion ? La France vous semble-t-elle à la hauteur de son rôle ?

Je ne sais pas ce qu’est le « rôle » de la France au Liban. Je suis toujours étonné de voir invoqués les liens particuliers qui uniraient la France et le Liban, de Saint Louis au mandat français. Le problème est que l’on raisonne de façon romantique et surtout hors du cadre géographique et historique. En 2020, le Liban n’est pas celui des Croisades naturellement mais n’a rien à voir non plus avec celui du mandat français : la population chrétienne maronite sur laquelle s’appuyait la France sous la IIIe République représentait 33% de la population et les chrétiens 50%. Leur fécondité était encore élevée et leur francophonie en expansion. Aujourd’hui le Liban, malgré l’absence de recensement depuis 1932, c’est une majorité relative de chiites (40%), une majorité absolue de musulmans et des chrétiens en perte de vitesse démographique du fait de l’émigration et d’un certain malthusianisme.

Quant à la francophonie, elle est en déclin profond chez les « clients » habituels de la France : les élites libanaises, sunnites comme chrétiennes, ont opté depuis plus de vingt ans pour le système anglo-saxon qui [...]

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La Côte d’Ivoire entre en crise pré-électorale

Il y a neuf ans, la République de Côte d’Ivoire sortait d’une crise post-électorale qui avait duré cinq mois et causé des milliers de morts dans tous les camps politiques et parmi la population. Ce scrutin meurtrier correspondait à la première élection présidentielle organisée depuis octobre 2000. C’était l’aboutissement d’une décennie d’instabilité, de guerre civile et de partition du pays. Alassane Ouattara était alors apparu comme un partisan de l’État de droit et du rétablissement de l’ordre républicain face à un président, Laurent Gbagbo, qui contestait le résultat des premières élections de son mandat dans une posture jusqu’au boutiste et autoritaire.

Réélu en octobre 2015 sur sa réputation de rassembleur et de démocrate, le président Ouattara avait annoncé en mars dernier ne pas se représenter pour un troisième mandat afin de transférer le pouvoir à une nouvelle génération et de respecter la limite fixée par la Constitution. Mais le 6 août, Alassane Ouattara a brisé son engagement et s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre. Depuis, les tensions politiques et sociales ne cessent de croître en Côte d’Ivoire… [...]

Le slalom latino de Pedro Sánchez
Novembre 2019, à l'aéroport José Marti de La Havane : Philippe VI et la reine Letizia débutent une visite d'Etat de trois jours à Cuba – une première dans l'histoire des relations hispano-cubaines depuis l'indépendance du pays, en 1898 ! Ce rapprochement illustre la volonté du socialiste espagnol Pedro Sánchez d'ouvrir un nouveau chapitre dans les rapports transatlantiques après son arrivée au pouvoir, en juin 2018. Ce choix cubain s'est accentué avec la présence de Podemos dans la coalition gouvernementale en janvier 2020. Pablo Iglesias et la gauche radicale sont en effet traditionnellement proches de la révolution castriste.
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Gaz dans l’eau méditerranéenne : la France face à la Turquie

Ces tensions ont pour origine la découverte il y a dix ans d’importants gisements gaziers dans le sous-sol méditerranéen, présents en partie dans les eaux grecques et chypriotes que la Turquie revendique. Selon le cabinet WoodMackenzie cité par Le Figaro, ces gisements renfermeraient près de 1900 milliards de mètres cubes de gaz, soit l’équivalent de 45 ans de consommation de la France. Du fait de cette manne, la Turquie a conclu en novembre dernier un accord avec le gouvernement libyen pour créer unilatéralement un corridor maritime entre les deux pays traversant les gisements au sud de la Crète. En outre, ce corridor coupe le tracé établi pour le projet de gazoduc sous-marin EastMed. Ce projet, dont le coût s’élève à six milliards d’euros, réunit Israël, Chypre et la Grèce, et a pour objectif de fournir l’Europe en gaz en partant de Méditerranée orientale pour atteindre l’Italie. Or, par son accord avec Tripoli, la Turquie bloque le projet pour lequel elle entend avoir son mot à dire.

Par ailleurs, la mainmise sur les gisements de gaz donne à Ankara le moyen de diminuer sa dépendance énergétique à l’égard de la Russie, qui lui fournit 90% du gaz. Aussi pour appuyer ses revendications, la Turquie mène des opérations de prospection sous escorte militaire dans les eaux grecques. Ainsi, la semaine du 10 au 17 août a vu le navire de recherche sismique Oruç Reis (du nom turc du corsaire ottoman Arudj Barberousse) prospecter dans les eaux grecques du sud-est de la mer Égée, accompagné de navires de guerre. D’autres actions de ce type s’étaient déjà produites fin juillet, provoquant de fortes tensions entre Ankara et Athènes au point que la France a envoyé le 13 août deux Rafale en Crète et a aussi effectué un exercice militaire naval avec la marine grecque. [...]

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Tensions en Biélorussie, la guerre froide se réchauffe

Loukachenko décrit sans ambages ses méthodes comme « autoritaires ». Des milliers de manifestants ont été en cons séquence été arrêtés récemment et des opposants comme Viktar Babaryka et Syarhey Tsikhanouski qui voulaient se présenter aux élections ont tout simplement été incarcérés. La femme de Tsikhanouski l’a remplacé dans la campagne mais la veille de l’élection son chef de campagne et neuf de ses collaborateurs ont été arrêtés. Avec Milo Djukanovi? au Monténégro, Loukachenko est clairement l’un des derniers dictateurs d’Europe. Depuis l’annonce des résultats, manifestations et grèves contre le Président se multiplient. Même si ça n’est pas la première fois, on voit s'étoffer les rangs des opposants. Le maître de Minsk, malgré sa longue expérience, paye aujourd’hui deux erreurs qui peuvent lui coûter sa présidence.

Loukachenko a tenté de poignarder la Russie dans le dos

La Biélorussie, et ses 9,5 millions habitants, est historiquement liée au monde russe. Elle partage l’héritage commun de la Rus’ de Kiev et a fait partie de la Russie impériale de la fin du XVIIIè siècle jusqu’à l’avènement de l’URSS. Bien qu’il existe une langue biélorusse, la langue la plus parlée demeure le russe. L’économie est dépendante de la Russie qui propose, entre autres, son pétrole à des prix très compétitifs que les Biélorusses vont ensuite raffiner. Cette dernière décennie, 70% des crédits et investissements directs étrangers proviennent de Moscou ou de la Communauté économique eurasiatique. Sans l’aide russe, l’économie s’écroule. La Biélorussie et la Russie sont tellement proches qu’elles ont signé deux traités qui doivent progressivement les faire fusionner en une confédération unique. Loukachenko tarde dans la mise en place du projet et Moscou s’impatiente. Pour montrer qu’il ne compte pas subventionner Minsk ad vitam aeternam, Moscou a augmenté le prix de son pétrole en 2019. Au lieu de montrer qu’il avait reçu le message, Loukachenko a commis sa première erreur et s’est tourné vers les atlantistes. Il a ainsi exploré plusieurs partenariats avec des puissances étrangères et a reçu en grande pompe le secrétaire d’État américain Mike Pompeo en février dernier qui a assuré que Washington pouvait fournir à la Biélorussie 100% du pétrole dont elle a besoin. [...]

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Un soldat grec : « Il y a eu, de mon point de vue, une tentative d’invasion »

Vous avez défendu la frontière grecque à Alexandroupoli contre l’invasion migratoire en début d’année, partant la frontière commune européenne. Comment un jeune français peut-il se trouver dans une telle situation ?

Je suis né en France, mais ma mère est grecque. J’ai partagé ma jeunesse entre la Grèce et la France, me considérant Grec de sang et Français de culture. J’ai donc dû effectuer mon service militaire, à l’image de tous les autres Grecs. Lors des événements de mars dernier à la frontière, soucieux de protéger au mieux ma patrie, je me suis porté volontaire pour aller dans la région d’Evros.

La Turquie d’Erdogan a-t-elle ouvertement manœuvré contre la Grèce durant cette période trouble ? Avez-vous constaté des actes manifestes avec vos camarades chargé de la protection de cette frontière stratégique ?

La Turquie a toujours ouvertement manœuvré contre la Grèce, violant notre espace aérien quasiment quotidiennement. Aujourd’hui elle s’en prend encore à nous, en envoyant sa marine, sans autorisation, dans nos eaux territoriales pour faire des recherches en vue de l’exploitation de de pétrole et de gaz.…

L’Incorrect

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