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Le Monténégro, l’autre pays des serbes

Le Monténégro offre un condensé de l’histoire tumultueuse des Balkans. Plongée dans une terre méconnue et préservée du tourisme.

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© Louis Jamin

Il faut moins d’une heure à l’Airbus A 319 d’Air Serbia pour relier Belgrade à Tivat, l’un des deux aéroports du Monténégro avec celui de la capitale de ce petit État balkanique, Podgorica. Mais pendant ce cours temps de vol au-dessus des Alpes dinariques, mon voisin, un Serbe quinquagénaire me disant travailler dans le cinéma, trouve le temps d’ingurgiter deux verres de vodka et un thé glacé. Je suis rassuré, la région n’est toujours pas en voie de normalisation. 

Ancien arsenal de la marine austro-hongroise puis yougoslave, la ville de Tivat, située dans les bouches de Kotor, golfes de l’Adriatique enchâssés dans les terres, a vu ses installations portuaires transformées par un milliardaire canadien en une marina sans âme, nommée Porto Monténégro. L’endroit, écrasé de soleil en été, est devenu une destination essentiellement prisée par les Russes et les Serbes, même si les yachts qui y sont amarrés battent souvent pavillon jersiais. La vraie beauté de la côte monténégrine est ailleurs, dans le magnifique panorama que domine – perché à 1 657 mètres d’altitude sur l’une des deux pointes du mont Lovcen – le mausolée de Petar II Petrovitch-Njegos, prince- évêque du Monténégro de 1830 à 1851 et l’un des pères de la littérature serbe contemporaine.

Lire aussi : Monténégro, le tournant conservateur ?

Car, si le Monténégro a recouvré en 2006 après référendum sa pleine souveraineté perdue en 1918 au profit de la Yougoslavie, la population parle majoritairement la langue serbo-croate (dans sa variante locale) et demeure très attachée à l’Église orthodoxe serbe comme l’ont montré les manifestations de l’an dernier, fortes de plusieurs dizaines de milliers de participants pour un pays qui ne compte que 600 000 habitants. Ces défilés répondaient à la tentation du pouvoir en place de favoriser une Église nationale qui n’est pourtant pas en communion avec les autres Églises orthodoxes. Une stratégie de la tension qui s’est soldée par une alternance politique à l’occasion des élections législatives de 2020. Depuis, c’est le statu quo. Les nombreuses bannières de l’Église serbe ornant les façades de lieux de culte orthodoxe témoignent encore de la persistance du débat. [...]

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