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Où va la francophonie ?
Le XVIIe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la francophonie s’est tenu à l’automne dernier en Arménie, sous le signe paradoxal du renoncement de la France à une certaine idée de son rayonnement culturel. Jean-Jacques Granianski nous raconte les coulisses d’une défaite qui a vu la québecoise Michaelle Jean évincée par la rwandaise Louise Mishikiwabo le 1er janvier 2019. À peine sorti de l’avion, le voyageur est transporté par la voix de Charles Aznavour. Omniprésente, lancinante, elle résonne dans l’enceinte de l’aérogare, des hôtels et jusque dans les rues et les villes de province. Le thème du sommet, « le vivre ensemble », est plus banal mais se justifie au vu des vicissitudes du pays hôte. De fait, le sommet d’Erevan est intervenu en plein processus de transition politique en Arménie. Pour le nouveau Premier ministre, Nikol Pachinian, c’est l’occasion d’asseoir une fragile légitimité face à un parlement hostile. Surtout Erevan voit dans la francophonie un moyen de desserrer l’étau d’une relation déséquilibrée vis-à-vis du grand frère russe. Une organisation moribonde Née de la vision politique de l’égyptien Boutros Boutros-Ghali et de François Mitterrand, la francophonie institutionnelle est malheureusement plongée depuis quelques années dans une profonde léthargie. Siégeant à Paris, l’OIF regroupe sur le papier 88 pays (54 membres de plein droit, 7 membres associés et 27 observateurs). Un espace qui compte 900 millions d’habitants, soit 14 % de la population mondiale et 20 % des échanges mondiaux de marchandises mais les chiffres sont inversement proportionnels au poids réel de l’organisation dans le monde. L’Arménie revendique pour sa part 200 000 francophones : chiffre qui ne prend pas en compte l’importante diaspora qui a essaimé du Liban au Canada en passant par la France, première communauté d’Europe. De manière générale, l’inflation des adhésions à l’OIF accroît la visibilité de la francophonie mais entraîne un réel danger de dispersion. Parmi les nouveaux entrants, rares sont ceux qui encouragent la promotion de la langue française. Nombreux sont ceux qui profitent de ce forum pour se placer. Le budget ne dépasserait guère celui de la chaîne TV5 Monde : le site de l’OIF n’a d’ailleurs pas mis à jour son chapitre budget, lequel était fixé à 85 millions d’euros entre 2010 et 2013. Et quand on interroge des diplomates français et canadiens sur ce point, c’est le même sourire crispé qui se lit sur les visages. La franglophonie À l’OIF la règle est le consensus. Le duel entre la Canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean – candidate désignée par défaut en 2014 faute de consensus africain – et le chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mishikiwabo, n’a pas eu lieu. La Canadienne présentait le modèle d’une immigrée parfaitement intégrée au Canada, au point d’en devenir Gouverneur Général en 2005, quand la seconde est une vieille habituée de la scène internationale, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères du Rwanda depuis 2009. Critiquée par l’Élysée (la France est le premier contributeur net de l’OIF) pour son train de vie, Michaëlle Jean a dû se retirer. À Montréal, les rumeurs de « coûts d’aménagement d’un demi-million de dollars dans son appartement de fonction à Paris » ont eu raison de sa candidature, quoique Madame Jean ait aussitôt dénoncé une campagne de « salissage ». En vain. La première femme africaine à diriger l’organisation a profité du scandale pour couronner une carrière brillante. En 1986, Louise Mushikiwabo décroche une bourse et quitte le Rwanda pour des études d’interprète aux États-Unis, ce qui la sauve du génocide qui élimine sa famille huit ans plus tard. Elle y vit pendant plus de 20 ans et se marie à un Américain. Son soutien à l’anglais n’est pas un tabou. Elle fait remarquer au Monde pendant sa campagne qu’« il est normal et pragmatique, pour un pays enclavé, de donner une prépondérance à la langue anglaise. Il n’y a pas de contradiction à donner plus de place à l’anglais tout en restant un pays francophone ». Une vision commerciale que partage le président français, qui s’exprime si souvent dans la langue de Shakespeare. Si Kigali n’a jamais quitté l’OIF, le Rwanda a remplacé le français par l’anglais en tant que langue obligatoire à l’école en 2010, rejoignant le Commonwealth. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Game of thrones avec des smartphones : Le grand virage à droite de la Silicon Valley
Si vous imaginez que la Silicon Valley a prêté allégeance au parti démocrate et qu’elle n’est peuplée que de néo-hippies, détrompez-vous! En effet, le mouvement néo-réactionnaire (ou NRx) est la preuve flagrante du contraire. Si ce courant demeure pour le moment confidentiel, rien ne garantit qu’il le reste. Portrait d’un courant de pensée entre ultra-libéralisme, alt-right et monarchisme 2.0. Tout commence en 2007 par un blog des plus confidentiels, Unqualified Reservations, derrière lequel se cache un personnage énigmatique : Mencius Molbug (Curtis Yarvin de son vrai nom). Ingénieur informaticien passé par Berkeley et nourri à la science-fiction depuis l’enfance, il se présente comme un libertarien qui a perdu la foi et fait la promotion d’un nouveau modèle politique : le « néo-caméralisme ».
Vive le français libre !
Bien avant l’Afrique, l’Amérique a été la principale ambition mondiale française. Malheureusement, Paris a renoncé à ses conquêtes canadiennes après la perte de Québec en 1759. Dès 1830, la France reporte ses aspirations coloniales vers la rive sud de la Méditerranée où la compétition avec l’Angleterre semble plus équilibrée. « Laissons au coq gaulois ces sables à gratter », riait perfide Lord Salisbury. Et de fait, Londres accapare les terres les plus riches du continent noir, les plateaux d’Afrique australe et de l’Est qui descendent jusqu’au Nil. Il ne reste à la France que le Sahara, le Sahel, un morceau du golfe de Guinée et surtout un énorme complexe d’infériorité face au monde anglo-saxon.
Non, le franc CFA n’est pas un outil colonial : le M5S s’est fait enfumer par Kémi Séba

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Le vice-président du Conseil italien s’est récemment illustré en attaquant le franc CFA, monnaie de 14 pays africains, qu’il a qualifiée de « néocoloniale », l’assimilant à un outil d’appauvrissement de ses pays-membres et un facteur d’émigration de leurs populations.

 

Ce faisant, le chef du mouvement Cinq Etoiles reprenait l’argumentaire du militant anti-FCFA Kémi Séba et de son ONG « panafricaniste » Urgences africaines, qui ont participé, à coup de manifestations et de coups d’éclats1 à faire de cette monnaie africaine le bouc-émissaire de toutes les misères du continent dans les débats publics.

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Nos mirages

 

Cette correspondance entre les deux discours n’est pas surprenante, puisque les deux mouvements altermondialistes ont noué une « alliance stratégique » en septembre 2018 dans les locaux du parlement italien à Rome, selon les déclarations récentes de Kémi Séba sur ses réseaux sociaux2.…

[RECENSION] Les collabos américains de Vichy
Charles Zorgbibe revient avec son talent habituel sur une période douloureuse de notre histoire. Mais il le fait sous un angle original : la collaboration américaine à Vichy. Ce récit, parsemé de dialogues authentiques, est indispensable pour saisir le mépris de Roosevelt pour la France. Tandis que les Anglais prennent le parti du général de Gaulle, Washington fait le pari de la diplomatie humanitaire avec Pétain et Weygand. L’amiral Leahy, ambassadeur à Vichy et ami proche de Roosevelt, ainsi que son complice Robert Murphy, délégué du président en Afrique du Nord, échangent un soutien logistique avec le régime et la promesse que la France n’entre pas davantage dans la collaboration avec le Reich hitlérien.
Les libéraux européens ligués contre Varsovie
Après trois ans de conflits judiciaires et politiques, la guerre n’est toujours pas éteinte entre progressistes bruxellois et conservateurs polonais. État des forces en présence. Ce 8 décembre, au congrès des socialistes européen à Lisbonne, le travailliste néerlandais Frans Timmermans est choisi par acclamation comme candidat à la présidence de la Commission de Bruxelles. Seul en lice après le retrait du candidat slovaque, il promet à sa famille politique de ne jamais lâcher le peuple polonais « dans sa lutte pour la démocratie, la liberté et le respect de l’État de droit » ce qui suscite les applaudissements nourris de la salle. Voilà une promesse dont bien des Polonais se seraient passé. Premier vice-président de la Commission européenne chargé « de l’amélioration de la législation, des relations interinstitutionnelles, de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux », Timmermans est depuis la victoire du parti polonais Droit et Justice (PiS, conservateurs) aux élections de 2015 le fer de lance des attaques de Bruxelles contre Varsovie. Il a d’ailleurs remporté une victoire à l’automne avec le recul de la Pologne sur la question de l’âge de la retraite des juges de la Cour suprême, qui est l’équivalent de notre Cour de cassation française. La réforme adoptée en décembre 2017 avait ramené l’âge de la retraite des juges de 70 à 65 ans. Le but affiché était d’accélérer la sortie des magistrats ayant servi sous le communisme, mais pour Bruxelles, c’est une atteinte au principe d’inamovibilité des juges et donc à l’indépendance de la justice. Ne pouvant pas réunir une majorité qualifiée de 22 pays sur 27 au Conseil afin de poursuivre la procédure de sanctions engagée en décembre 2017, la Commission a porté l’affaire en septembre devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE).
Dom Duarte de Bragance : « La République est très démocratique, mais a déjà mis le pays en banqueroute par deux fois ! »
Dom Duarte de Bragance est le prétendant légitime au trône du Portugal. Il confie à L'Incorrect sa vision de la monarchie, de la géopolitique et de la Chrétienté. Monseigneur, vous êtes depuis 1976 le chef de la maison royale de Bragance, de facto prétendant à la couronne du Portugal. Qu’est-ce que ce rôle signifie et implique-t-il ? C’est une responsabilité historique héritée de nos ancêtres et que nous devrons transmettre à nos descendants. Nos enfants  ont compris que durant leur vie, ils devront toujours se souvenir de cette responsabilité. Nous avons l´obligation de donner le bon exemple et d´être au service du peuple portugais, tout en menant une vie professionnelle normale.
Marek Jurek : « La Convention d’Istanbul dénature la famille »
Observateur sagace de la vie politique européenne, Marek Jurek livre son regard sur l’Europe d’aujourd’hui, confrontée à la déconstruction de la société chrétienne. Il promeut une Convention Internationale sur les droits de la famille pour contrer la Convention d’Istanbul initiée en 2011 au Conseil de l’Europe. Le premier traité international à défendre la théorie du genre. Vous avez été très proche du président Jaroslaw Kaczy?ski, qu’en est-il aujourd’hui ? En effet, de 2002 à 2007, j’étais vice-président du parti Droit et justice (PiS). Lorsque mes collègues de la direction du parti, associés au président Kaczy?ski, ont réagi de manière ambiguë au moment de confirmer dans la Constitution la dignité de l’enfant humain dès sa conception, j’ai quitté le parti. Ce projet constitutionnel était une initiative multipartite, soutenue initialement par 72 % des députés. J’ai alors fondé La Droite de la République, un parti catholique que je dirige depuis onze ans. Jaros?aw Kaczy?ski est un homme politique hors pair, qui a su construire un grand mouvement patriotique populaire, montrant de nombreuses similitudes avec le gaullisme français, avec ses forces et ses faiblesses. Officiellement, il n’est que le président de son parti, mais dans les faits, il est à la tête du pays. Cela nous rappelle le rôle d’avant-guerre du maréchal Pi?sudski, qui n’était officiellement (à part un court mandat de Premier ministre) que le ministre de la Défense dans les années 1926-1935, mais qui de facto dirigeait l’État. Comment jugez-vous l’exercice du pouvoir par le PiS et le chef du gouvernement Mateusz Morawiecki ? Les aspects les plus positifs de son gouvernement sont les décisions en matière de politique familiale (120 euros par mois pour chaque enfant, dès le deuxième au sein d’une famille), la résistance aux pressions des autorités de l’Union européenne en matière d’immigration, puis l’extension de la coopération en Europe centrale. Toutefois, nous reprochons au gouvernement son soutien aux projets extrêmes de Bruxelles, tel le fait que l’Union européenne perçoive directement des impôts ou encore la construction d’une armée européenne [le parti Droit et justice a soutenu le traité de Lisbonne, tout comme le gouvernement Tusk, N.D.L.R.]. Nous croyons que le gouvernement devrait également soutenir les activités sociales en faveur du droit à la vie et qu’il devrait s’engager à construire une opinion chrétienne forte en Europe. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.

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