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La morale du cathare
La culpabilisation des catholiques concernant l’accueil des migrants participe d’une mauvaise compréhension des commandements de Dieu, affirme Thibaud Collin. Drôle d’époque que celle dans laquelle les « autorités morales » inversent le sens normatif des préceptes. Alors que les interdits portant sur des actes intrinsèquement mauvais sont de plus en plus relativisés (il y aurait ainsi une manière vertueuse d’être adultère), les préceptes positifs sont présentés comme des absolus niant toute mise en œuvre prudentielle (au nom de l’amour, il faut accueillir le migrant). Ce chassé-croisé révèle un obscurcissement du raisonnement pratique et de la manière de réaliser le bien (qu’il soit personnel ou commun). Dans la morale classique, les préceptes négatifs sont la limite en deçà de laquelle l’acte humain nie la dignité de celui qui le pose. Il n’y a donc aucune exception possible. La vertu de prudence ne s’applique donc pas à l’observance des commandements négatifs, si ce n’est pour éviter de se placer dans une situation où le sujet serait tenté de les enfreindre. En revanche, les préceptes positifs indiquent le bien à réaliser ici et maintenant en prenant en compte les circonstances. Ainsi « tu honoreras ton père et ta mère » est un commandement dont on ne peut pas déduire universellement la manière de le mettre en pratique ; par exemple, comme impliquant nécessairement d’accueillir chez moi mon vieux père alors que celui-ci est un pervers narcissique qui risque de détruire ma vie conjugale. Recevoir les préceptes positifs comme des absolus niant toute circonstance tend à créer une culpabilité illégitime. Les présenter de cette manière est donc une entreprise de culpabilisation d’autrui qu’il faut savoir dénoncer comme telle. Aujourd’hui, nous voyons à l’œuvre cette culpabilisation quant à l’accueil du migrant, présenté comme le contenu d’un (…) A découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Le retour de la nation et du politique
Les résultats de ces élections de mi-mandat, traditionnellement périlleuses pour les présidents en exercice, tournent plutôt à l’avantage de Donald Trump – contrairement à ce que l’on peut lire dans une presse française qui le voue aux gémonies depuis son élection. On ne constate pas en effet l’effondrement annoncé des républicains à la Chambre des représentants, même si les démocrates y sont maintenant majoritaires, et il y a même en sens contraire un renforcement des républicains au Sénat.
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Les États désunis
Donald Trump cherche à enrayer le déclassement d’une Amérique profondément fracturée entre deux blocs irréconciliables. L’élection de Trump s’est faite sur un slogan, Make America Great Again. Ce n’est pas la première fois que la peur du déclin taraude les Américains avant que revienne la confiance, ainsi pendant les années 1990. Depuis, il y a eu le 11 septembre, le retour de la Russie, la calamiteuse guerre d’Irak et peut-être surtout l’entrée de la Chine dans l’OMC que Clinton accepta sans en voir les dangers. Alors, le déficit commercial bondit – il atteint 807 milliards de dollars en 2017, dont 347 avec la Chine – alors la désindustrialisation s’accéléra – les États-Unis qui représentaient 28 % de la production manufacturière mondiale en 2002 n’en assurent plus que 18,6 % en 2016 – alors l’endettement extérieur explosa : il franchit la barre des 6 000 milliards de dollars au début de 2018 selon Moody’s. Et sur le plan géopolitique la montée de rivaux signifierait le début de la fin de la domination américaine. Les États-Unis donnent l’impression de céder à la facilité : ils utilisent le dollar pour régler leurs achats, ils soutiennent leur croissance en augmentant les dépenses publiques et en baissant les impôts au risque de voir le déficit fédéral exploser: ce dernier devrait atteindre 1 000 milliards de dollars en 2019, soit 4,2 % du PIB. Sur le plan international, Obama a mené une politique que l’on qualifiera au choix de raisonnable (l’Iran, Cuba) ou d’indolente (la Corée, le Moyen-Orient). Il a évité d’engager un bras de fer géopolitique et économique avec Pékin, du coup il lui a laissé les coudées franches en mer de Chine, en Asie centrale et orientale, en Afrique où la Chine vient d’ouvrir une base à Djibouti. Obama a soigné son image et renforcé le sof power américain, il a laissé à son successeur les décisions (...) A lire dans le nouveau numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Nouvelle-Calédonie : nous vous avons compris !
Le 4 novembre prochain, les habitants de la Nouvelle-Calédonie seront appelés à se prononcer en faveur ou non du maintien du « Caillou » au sein de la république française. Sur les 175000 électeurs an âge de voter, plus d’un tiers d’entre eux appartiennent à des générations de métropolitains installés sur l’archipel, français depuis un décret impérial de 1853. L’indépendance ? Une perspective que les caldoches sont résolus à empêcher.
Victoire de Bolsonaro : les premières réactions par notre correspondant au Brésil
Les élections se suivent et se ressemblent. Certes il est toujours difficile de discerner le corps intellectuel des candidats "populistes" de Trump à Bolsonaro en passant par Salvini. Mais ils ont tout de même des point communs : ils s'attaquent aux médias traditionnels, n'ont aucun tabou, et veulent exercer le pouvoir. Notre correspondant au Brésil analyse la victoire magistrale de Jair Bolsonaro. Jair Bolsonaro était entre la vie et la mort début septembre après son agression au couteau, il est aujourd’hui le prochain président de la république du Brésil. Par un score de 55 % au deuxième tour qui avait lieu ce 28 octobre, le candidat antisystème de droite a remporté sans équivoque un scrutin qui était quasiment joué d’avance après un premier tour où il était resté à 4 points d’une victoire. Le vote (électronique) en lui même a été une grande réussite et une démonstration que le Brésil est capable d’organiser des élections dans de bonnes conditions dans un territoire grand comme l’Europe.
Le démon dans la démocratie
Député européen et philosophe, le polonais Ryszard Legutko fait partie d’une génération qui a subi les méfaits du communisme puis le mépris de l’Union européenne. Son livre Demon in Democracy, publié en 2016 aux États-Unis, fait un parallèle audacieux entre les deux systèmes. Communisme et démocratie ont une même appétence pour la modernité. Au nom du progrès, ils veulent changer la société et la nature humaine. Tout doit être transformé grâce à la technologie, les cours des fleuves comme les relations sexuelles, la famille comme l’école. Il n’y a plus de domaine privé, tout devient politique. En ce sens, leurs projets sont totalitaires. Totalitaires et nécessaires, car le marxisme et la démocratie libérale ont une même conception de (...) A découvrir dans le dernier numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Illang et la brigade des loups : dystopie coréenne
Le cinéma sud-coréen produit des chefs d’œuvre en série depuis plus d’une vingtaine d’années, dans des genres très divers. Songeons au film de vengeance Old Boy de Park Chan-Wook, au drame romantique d’une poésie bouleversante qu’est Locataires de Kim Ki-duk, à la fresque historique Ivres de femmes et de peinture de Im Kwon-taek, ou bien encore à Mother et Memories of Murder de Bong Joon-ho, deux thrillers de haut vol. La production cinématographique du pays du matin calme n’est pas surestimée, mais bien estimée à sa juste valeur. Moins époustouflant que les films cités ci-avant, la dystopie Illang et les brigades des loups de Kim Jee-won vaut néanmoins le coup d’œil. Adapté de l’anime japonais Jin-Roh, la brigade des loups de Hiroyuki Okiura, et non d’un manwa, Illang est un film de science-fiction esthétiquement jouissif. Connu pour sa virtuosité caméra en main depuis Le Bon, la Brute et le Cinglé, Kim Jee-won fait de nouveau parler sa maestria dans les scènes d’action comme dans ses plans sur une Séoul post-apocalyptique, ou les fugaces passages animés (voir par exemple l’adaptation réussie du Petit Chaperon Rouge au goût extrême-oriental). Les couleurs sont somptueuses, de même que les décors.
L’empire du mal, version Ryad
Le royaume d’Arabie saoudite est à nouveau sur la sellette. Ou plutôt devrait l’être. Il faut dire qu’entre le meurtre de Jamal Khashoggi, les bombardements de civils au Yémen et l’effarant statut des femmes, il met les bouchées double dans le genre bizarrerie révoltante, sans pour autant susciter plus qu’une réprobation limitée. Comme si dans son cas le réflexe naturel de condamnation indignée si cultivé par nos médias se trouvait étrangement étouffé par un tabou. Pourtant la bizarrerie de sa position a pour stupéfier. Il conjugue en effetdeux caractéristiques exceptionnelles : le siège symbolique de la deuxième religion de la planète, la seule de l’histoire a avoir fait l’essentiel de son développement par la conquête militaire ; et des ressources financières immenses, en rien dues au génie de ses habitants ou à leur travail, mais qui sont purement le produit d’une rente, du hasard géologique qui fait qu’on y trouve des gisements gigantesques d’une matière première, le pétrole, vitale pour l’économie moderne et qui leur rapporte des ressources démentielles en regard d’une population limitée.

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