Skip to content
Grozny-Sous-Bois
Le sport à la télé nous manque. Satané coronavirus qui nous aura privés de la
L’économie après le Covid

La crise sanitaire est-elle l’occasion de faire le procès du libéralisme ou de l’étatisme ?

Mathieu Detchessahar : Si nous n’avons pu affronter la crise sanitaire en « plein air », c’est que nous manquions de moyens industriels et hospitaliers. Sur ces deux dossiers, il est légitime d’interroger nos grandes orientations économiques. Celles-ci ont été largement guidées par une nouvelle idéologie, « l’idéologie de marché » qui s’est généralisée parmi nos élites à partir des années 80.

Cette idéologie consiste en une foi quasi religieuse dans les bienfaits du libre marché comme seule et meilleure instance de coordination de nos activités économiques. Elle nous a conduits à renoncer à tous les outils de pilotage politique de l’économie au profit du seul « ordre spontané du marché » – plus de frontières commerciales, plus de souveraineté monétaire, plus d’entreprises nationales stratégiques, plus de politique industrielle pas plus française qu’européenne – et à faire entrer « l’aiguillon du marché » à l’hôpital à travers l’instauration d’un système de prix et de concurrence, la tarification à l’activité (T2A) censée y promouvoir une meilleure organisation…

Une telle transformation a livré notre industrie à la merci d’entreprises produisant dans des conditions sociales, fiscales et environnementales très éloignées des nôtres en même temps qu’elle l’a rendue très dépendante aux approvisionnements en provenance des pays à bas coûts, notamment asiatiques.

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest