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2024 : la France va-t-elle craquer ? (4/4)

Jérôme Fourquet : Le sondage IFOP « Enquête auprès des musulmans sur la laïcité et la place des religions à l’école et dans la société » du 8 décembre dernier a été réalisé dans une période un peu particulière, marquée par une très forte sensibilité à ces sujets-là, avec l’interdiction de l’abaya et le conflit israélo-palestinien. Ce climat particulier a pu jouer sur l’intensité des résultats qui ont été observés. La laïcité demeure un sujet important en France. Une grande majorité de cette population arabo-musulmane n’est pas en phase avec ce cadre laïc de notre pays. Cela se vérifie davantage encore parmi la population jeune issue de l’immigration. D’ailleurs, ce sondage reflète aussi ce qui se passe de manière croissante dans les établissements scolaires avec une hausse des atteintes à la laïcité, chez des élèves de plus en plus jeunes – notamment dans les collèges.

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Paul-Antoine Martin :« Chaque “grand corps” protège les siens jusqu’à étouffer des fautes pénales »

Votre livre est un témoignage à partir de personnages réels. Paul Ursy, issu du Corps des ponts, est nommé à la tête d’un grand port. Son adjoint Vincent Coulanges découvre alors ce que sont les « grands corps » d’État, produisant des individus souvent arrogants sans imagination. Comment expliquez-vous cette prise du pouvoir par la médiocrité ?

Les cinq plus « grands corps » d’État (Inspection des finances, Cour des comptes, Conseil d’État, Corps des mines et Corps des ponts) ont abusé de leur position de pouvoir pour se partager tous les postes importants de la République. Ces personnes au profil identique vivent dans un entre-soi étanche à toute nouveauté, selon eux justifié par leur supériorité. Toute leur vie, ils profitent du prestige irrationnel de certains diplômes. Depuis leur position toute-puissante, ils s’accordent tout, dont l’impunité et l’auto-amnistie. Or, l’impunité tue l’intelligence, le courage, et toute grandeur d’âme. Au final, elle produit des médiocres.…

2024 : la France va-t-elle craquer ? (3/4)

Jérôme Fourquet : Le pouvoir d’achat aujourd’hui reste la priorité numéro un des Français – notamment depuis la diminution du chômage. Nous sommes dans une société où la consommation est très valorisée et où la centralité du travail a beaucoup reculé. En 1990, 60 % de Français disaient que le travail était très important dans leur vie. Ce chiffre n’est plus que de 21 % aujourd’hui. Dans le même temps, les loisirs sont passés de 30 à 42 %. Paradoxalement, il n’y a jamais eu autant de Français au travail, mais ce dernier n’est plus aussi central dans la vie des Français. Cette perte de centralité du travail, combiné à notre modèle de protection sociale assez généreux, fait que toute une série de métiers ne parviennent plus à recruter aujourd’hui – un processus qui a été considérablement accéléré par la crise sanitaire. Je pense aux métiers peu rémunérateurs les plus pénibles et les moins considérés.…

Terminus pour…Pablo Pillaud-Vivien

Pablo Pillaud-Vivien ne vous aime pas. C’est écrit dans son nom, c’est marqué sur sa gueule. Cette espèce rare de légumineuse à ambition journalistique a pris vraisemblablement son essor dans les beaux quartiers parisiens – il serait même issu d’une vieille famille noble, murmure-t-on.

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On peut l’attester à sa belle gueule, dont il est très fer puisqu’il l’expose sous toutes les coutures sur sa page Instagram. Cette petite passionaria à mâchoire de parpaing a probablement la certitude de ressembler à Antonin Artaud, las : il est plus proche du mannequin Celio. Pablo Belle-Gueule, donc, ne se contente pas de poser en nuisette sur ses réseaux sociaux, histoire d’affirmer ses inclinaisons avec subtilité. Il se veut journaliste. Il est même rédacteur en chef d’une revue, le bougre. Même que ça s’appelle Regards. Il s’agit d’une antique publication du PCF qui, de dépôt de bilan en dépôt de bilan, a eu la gloire de passer, entre autres, entre les mains de Clémentine Autain… Voilà pour la street cred : un magazine ressuscité clé en main, une double carrière de danseur et de politologue en herbe: PPV est un parfait petit consommé de son époque, prêt à rentrer dans le grand bain… Voire dans cette marmite de médiocrité que sont devenues les chaînes d’information en continu et qui n’a de cesse de produire, dans un bouillonnement fétide de pantins encravatés et de consultants en goguenots, quelques nouveaux spécimens d’épuceurs particulièrement hargneux… mais qui ont le mérite, lorsqu’ils émergent en babillant leurs sornettes le temps d’un talk-show, de nous maintenir en éveil par leur sottise qui tutoie le vide quantique.…

Conférence de presse d’Emmanuel Macron : élucubrations au théâtre élyséen

La salle des fêtes de l’Élysée grouille de journalistes en ce soir d’hiver, pressés de connaître enfin le cap qu’Emmanuel Macron veut imposer à son nouveau gouvernement, nommé pour insuffler un second souffle à ce quinquennat. Et pour cela, la présidence de la République a fixé son rendez-vous dans un théâtre élyséen monté pour l’occasion. Tout y est. D’abord, le décor : un grand fond bleu blanc rouge a été installé, sur lequel est inscrit la devise républicaine. Le public ensuite : un parterre de journalistes venu de toutes les rédactions de Paris. Le chœur, composé des ministres du gouvernement, y est aussi, placé à droite de la scène. Il ne manque plus que le comédien.

Acte premier : à la droite du président

Et quand ce dernier monte sur les planches pour prononcer sa tirade d’une vingtaine de minutes, on a du mal à le suivre. Le festival d’annonces n’aidera pas.…

2024 : la France va-t-elle craquer ? (2/4)

Henri Guaino : C’est le propre des sociétés en crise. Dans une société en crise, la politique, subit fatalement le « tous pourris » et chacun considère que c’est la faute de l’autre s’il est malheureux. Mais quand on détruit la politique, la sortie de la crise de la société autrement que par la violence devient très improbable. Dans les périodes de malaise de la civilisation, tous les pouvoirs sont contestés. Et à chaque fois, c’est la violence qui l’emporte. Et à chaque fois, la société finit par faire la tragique expérience de la violence collective – la violence mimétique de René Girard. Mais, j’y reviens, dans les sociétés en crise, on cherche les responsables du malheur, et en premier lieu on accuse le politique, mais aussi tous les autres pouvoirs. Voyez le développement du complotisme, ce n’est pas simplement une réaction contre la politique mais aussi contre les scientifiques et contre tous les pouvoirs : médicaux, économiques…

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Pierre Vermeren : Si vous prenez le cas des sciences, à l’école et au lycée, nous apprenions comment sont composés certains animaux, les fleurs, le pistil, les arbres, une usine, un puits de mine, une centrale électrique, des centrales nucléaires, etc.…

Gabriel Attal : un baby Macron à Matignon

À l’inverse d’un héros balzacien, Gabriel Attal n’a pas eu besoin d’aller à l’assaut de la capitale. Il y est né. Ses parents – Yvan Attal, producteur de cinéma juif tunisien et Marie de Couriss, salariée de production issue d’une famille d’orthodoxe – élèvent leur enfant dans les quartiers huppés de Paris. Il étudie dans les meilleures écoles : École alsacienne, Sciences Po ou encore Assas.

C’est à l’École alsacienne qu’il développe son aisance orale en se passionnant pour le théâtre. Il y côtoie le futur et tonitruant avocat Juan Branco ainsi que la chanteuse Joyce Jonathan – ce qui lui a valu des querelles médiatiques de bas étage. Socialiste convaincu, il s’engage à 17 ans au Parti socialiste pour soutenir la candidature malheureuse de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007.

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Réseau à gogo

Une fois son baccalauréat en poche, il intègre Sciences Po Paris et son réseau.…

Gabriel Attal à Matignon : le triomphe du vide

Et voilà que le destin de la France est dénoué : Gabriel Attal vient d’être nommé Premier ministre par Emmanuel Macron, le quatrième depuis sa prise de pouvoir en 2017. À bon droit, la presse titrera sur l’exceptionnelle ascension politique du tout jeune homme qui, en trois années seulement, sera passé de la tête du Service national universel à la codirection du pays. C’est cela, la société liquide à son paroxysme : les carrières publiques de ceux qui se félicitent d’être des amateurs se font et se défont en trois jours, d’où l’armée d’anonymes qui nous gouverne. On n’ose imaginer ce qu’en penserait Alexis de Tocqueville, lui qui en son temps déjà s’inquiétait du tourbillon des individus provoqué par la société démocratique, tourbillon qui petit à petit à gagner jusqu’au plus haut niveau de l’État. Les hommes en charge de notre destin sont des météores qui surgissent du néant, font trois petits tours puis s’en vont, comme les marionnettes de la comptine.…

L’Incorrect

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